LVSH 006 – Auteur, Blogueur, Youtubeur et salarié à temps plein - avec Jeanviet – Partie 2

La voix du Side Hustle épisode 6

Dans ce nouvel épisode de la voix du side Hustle, nous retrouvons à nouveau Jeanviet, pour la deuxième partie de son interview. Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à écouter la premiere partie ici :

Partie 1 de l’interview : https://sidehustlefrance.com/jeanviet/

Jeanviet YouTubeur Auteur et Blogueur

Dans cette deuxième partie, Jeanviet nous parle de son organisation et nous explique comment il fait pour développer ses business à peu de frais, par des partenariat et des échanges de services entre entrepreneurs. Et on rentre plus en détails sur le sujet de l’édition de livre, de l’auto-édition et de son passage à l’édition traditionnelle, sur les tendances du marché et les différents formats de livre : ebook , livre papier et livre audio.

Et Jeanviet partage avec nous les recettes qui lui permettent d’avoir des succès d’audience à chacun de ses nouveaux projets.

Venez nous dire ce que vous avez pensé de cet interview dans les commentaires, et n’oubliez pas de vous abonner au podcast pour être averti de la sortie des nouveaux épisodes.

Les liens importants de cet épisode :

Partie 1 de l’interview : https://sidehustlefrance.com/jeanviet/

Retranscription complète :

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Intervieweur : Là, ce sont les conseils d’un expert de l’analytics. C’est là que c’est intéressant de connaître ton parcours, ton le job, et les compétences que tu y développes. Si tu passes sur YouTube, ce n’est pas par hasard, c’est que tu as analysé en termes de chiffre que ça valait le coup.

Interviewé : Oui, c’est monstrueux. Je n’arrive pas encore à voir le plein potentiel. Certes, ma thématique, la vulgarisation informatique, ne peut pas exploiter le plein potentiel de YouTube, mais c’est quand même mieux que ce que je fais sur mon blog, nettement mieux en termes d’audience, d’interactions. Surtout si tu arrives en plus à professionnaliser ton image. Ce que je fais reste relativement amateur, même si c’est travaillé. Si tu as des compétences en audiovisuel sur YouTube, si tu mets un peu d’humour, de divertissement… Si tu crées des petits mécanismes d’addiction auprès de ta communauté, qui vont « viraliser » ta vidéo parce qu’elle a un petit côté fun, tu peux exploser. Je pense à quelqu’un qui a pris un sujet un peu dur, qui est le marketing : Stan Leloup, de Marketing Mania. Tu le connais, je pense. Il a lui aussi un podcast, il a plus de 200 000 abonnés YouTube, sur un sujet hyper niché sur le marketing. Sa communauté est très engagée, c’est-à-dire que quand il publie une vidéo, elle fait au moins 100 000 vues. C’est vachement bien ce qu’il fait. D’ailleurs, on l’a interviewé pour mon nouveau livre Marketing Vidéo. Il a pigé qu’il fallait mettre des ingrédients dans ses vidéos qui ne soient pas chiants. Il a pigé que comme il était dans l’écosystème YouTube, il fallait parler aussi des You Tubeurs : il a fait une vidéo sur Tibo InShape et Squeezie, qu’il a rapprochée de ses analyses. Il fait des analyses psychologiques sur les ressorts du marketing. Il a complètement compris le truc quoi. Moi, j’ai encore des marges de progression sur ce media.  Ce n’est déjà pas mal ce que je fais, mais je sais que je n’ai pas atteint le plein potentiel.

Intervieweur : Quels sont tes chiffres clés sur YouTube ? Peut-on avoir quelques données, pour nous rendre compte ?

Interviewé : J’ai 25 000 abonnés, je crois que je fais plus de cinq millions de vues au total, sur deux ou trois ans. Ma chaîne YouTube existe depuis 10 ans, mais je n’en faisais rien : je publiais juste des screencasts, que j’intégrais dans mon blog quand je faisais un tuto écrit. À l’époque, quand j’ai repris le truc en main, j’avais dans les 500 abonnés. Je devais avoir 500 000 vues au total sur ma chaîne. Sur deux ans, ça a progressé d’à peu près deux millions de vues ; chaque année, je gagne à peu près 10 ou 12 000 abonnés, parce que j’ai compris que je devais développer YouTube, et qu’il fallait s’adresser à sa communauté. Je n’ai pas encore un bon engagement : quand je publie une vidéo, elle va faire 500 vues, malgré mes 25 000 abonnés. Ça signifie que les gens n’attendent pas forcément mon programme. J’ai une petite communauté d’aficionados qui sont là, qui attendent les vidéos. Mais comme je n’ai pas encore ce truc un peu divertissant, un programme encore un peu plus travaillé, je n’atteins pas encore mon plein potentiel. En revanche, comme je fais des contenus tutoriels qui sont, comme on dit, « evergreen », l’avantage, c’est qu’ils se référencent bien sur la plateforme. J’ai des vidéos, qui ont été publiées il y a six mois ou un an, qui vont dépasser les 200 000 vues. J’en ai deux en tête. J’ai recyclé les trucs qui ont bien marché sur mon blog par le passé. Les gens, finalement, ne changent pas les recherches : ce sont les mêmes, que ce soit pour les blogs ou sur YouTube. Sur YouTube, ils veulent voir les choses animées, en action. J’ai fait un tutoriel sur « Comment regarder des films gratuits sur internet ? » (avec des techniques légales) qui marche bien : il a plus de 300 000 vues. Parfois, je me fais basher, parce qu’on me dit : « C’est évident ce que tu dis ! ». Ce n’est pas grave. Je me fais un peu basher parce que je ne donne pas les techniques illégales. Il y a autre chose qui marche bien, qui était ma grande surprise, et qui va t’intéresser : la transcription de texte. J’ai fait un tuto là-dessus, il a deux ans, qui a fait plus de 100 000 vues. Je suis assez étonné du score, il plaît beaucoup. Ça aussi, c’est un des secrets de la plateforme YouTube : si tu fais des vidéos qualitatives, qui plaisent, si les gens restent longtemps sur ta vidéo, s’il y a un bon taux de rétention (c’est-à-dire que la vidéo est regardée plus de 50 % de sa durée totale), s’il y a des commentaires, des likes, des partages, tout ça est pris en compte par l’algorithme de YouTube. Comme YouTube veut que tu restes longtemps sur la plateforme, ils vont faire en sorte que cette vidéo-là apparaisse en tête de la recherche, mais également dans les vidéos suggérées. Plus de 70 % des vidéos vues sur YouTube viennent des suggestions de vidéos, la colonne sur la droite, qui se jouent automatiquement à la fin de la vidéo. Quand tu as un truc qui marche bien, YouTube a tendance à bien le promouvoir. Une telle vidéo marche super bien. J’ai même plein de prises de contact, sur mon mail, sur mon Facebook, par rapport à ça : « C’est super ! Grâce à ton truc, j’ai réussi à transcrire mes interviews de façon plus rapide ». C’est juste un petit hack de YouTube, qui fait des sous-titres automatiques : je montre comment les exporter, et comment les réécrire derrière, en enlevant les timecodes. C’est juste de l’optimisation, et c’est encore parti d’un besoin que j’avais. Quand je faisais mes interviews pour mon livre YouTubeur, comme toi en ce moment en mode podcast, j’avais le son ; j’ai rajouté une image, pour que ça ne soit pas rejeté par la plateforme (parce que tu n’as pas le droit d’uploader seulement des audios), et j’ai profité du fait que YouTube investisse beaucoup sur les sous-titres et la transcription automatique. Ce n’est pas parfait, parfois il y a pas mal d’erreurs. Mais ça te soulage un peu de temps parce que justement, quand j’ai des temps morts et que je veux corriger du texte, j’ai déjà peut-être 80 % des mots qui sont bien écrits. Donc, c’est vraiment pas mal.

Intervieweur : J’avais cherché et je suis tombé sur la vidéo : « Comment incruster des sous-titres dans une vidéo ? ». Ce n’est pas tout à fait la même chose, mais ça va me servir. C’est une des premières que j’ai vue quand j’ai cherché ton nom sur Google. Celle-là, je ne la connaissais pas, mais je vais aller creuser, si je peux améliorer mon process pour la retranscription… D’ailleurs, toi, tu as quelqu’un d’autre qui gère ta retranscription ?

Interviewé : Non, je fais tout tout seul. Enfin, c’est relatif, c’est-à-dire que je m’appuie, comme toi, sur les autres. Quand je ne connais pas un truc, mieux vaut faire confiance à un expert, à qui je pose des questions. Pour moi, ça peut être des You Tubeurs professionnels ou des marques. Pour Marketing Vidéo, j’ai sollicité des entreprises qui avaient une stratégie de visibilité sur Instagram, sur Facebook, etc. Je leur pose des questions, comme toi, je retranscris, et je vais plutôt m’inspirer de ce qu’ils me disent. Je ne les fais pas bosser directement, donc je n’ai pas à les rémunérer. Et le deal, c’est de mettre leur nom dans un ouvrage, de les mettre en avant. Les gens acceptent de donner du temps gratuitement quand c’est comme ça, c’est un échange de bons procédés. Sinon, je me fais quand même aider quand je fais mes livres, car désormais, j’ai une maison d’édition, donc pas mal de boulot de maquettage, d’editing. Je peux m’en rendre compte, car je suis passé par l’autoédition : quand on est en autoédition, il faut tout faire soi-même, la couverture, l’editing de l’E-pub, le format numérique, l’editing du livre papier, tu dois publier ça sur les plateformes, donc tu te concentres les plateformes qui marchent… Eyrolles fait tout le job, et met quelqu’un à disposition. J’ai même une relectrice professionnelle. On fait le projet à plusieurs, et ils sont intéressés plus que moi sur le pourcentage, donc c’est un peu normal. Pour revenir à la production de livres, que je le fasse en édition traditionnelle ou en autoédition, je fais appel à des relecteurs, parce que c’est super important pour moi d’avoir un feedback. De la même façon, je ne les rémunère pas, mais je vais leur offrir un bouquin, je vais essayer de les mettre en avant dans le livre, mettre en avant ce qu’ils font, si je le peux. Je fais une sélection des personnes que je trouve pertinentes par rapport à l’objet de mon livre.

Intervieweur : D’accord. Plus partenariat que de la sous-traitance pure donc.

Interviewé : Oui. Je préfère maîtriser, garder un grand contrôle de ce que je fais. J’ai lu juste une partie de La semaine de 4 heures. C’est bien Tim Ferriss qui dit qu’il faut déléguer à mort ?

Intervieweur : Oui, tout à fait.

Interviewé : Je ne suis pas dans cette optique-là, en tous cas dans mes projets personnels. Bien sûr, dans mon boulot, il faut déléguer. J’étais encore manager il y a deux ou trois mois. J’avais une équipe, et c’est donc plus efficace si tu mets les personnes efficientes. Mais sur ces trucs à côté (c’est mon avis personnel), je pense qu’il ne faut pas déléguer. Aujourd’hui, je me fais à peu près un SMIC de revenu. Je fais deux fois 400 € de revenu AdSense sur les blogs et YouTube, et 400 € avec mes revenus en autoédition ou vente de livres. Si demain, je dois rémunérer quelqu’un, je perds la moitié. Même quand je gagnais bien ma vie juste avec le blog, avec 4 000 € par mois, je préfère garder l’argent. Je n’ai pas trouvé, mais peut-être que je me trompe, que ça valait le coup de faire 1 200, au lieu de 3 000. Je n’en sais rien, je ne suis pas encore convaincu par ça. Je n’ai pas trouvé la bonne formule, mais je ne demande qu’à apprendre là-dessus.

Intervieweur : Je pense que c’est vraiment à chacun de trouver la formule. Si tu ne le sens pas… Il y a peut-être aussi un côté, tu l’as dit, de maîtriser…

Interviewé : C’est plus un truc par rapport à ma structure de coût. Comme je suis en micro entreprise, je n’ai pas envie d’avoir plus de lourdeurs, parce que ça prendrait du temps si j’avais une société et dépassais les seuils. Je suis dans une logique où il faut que j’optimise mes coûts, parce que dans le statut micro entreprise, tu ne peux pas déduire tes coûts, tes frais professionnels. Donc, tout ce que tu arrives à ne pas avoir comme coût, c’est vachement intéressant pour toi. C’est peut-être cette déformation-là qui fait que je n’ai pas pris la logique de dire : « Je vais payer les gens ». Ça vaudrait le coût si j’avais une structure de société, où je peux déduire des frais, mais ce n’est pas le cas.

Intervieweur : Tu ne peux pas déduire, non. Je fais pas mal appel à la sous-traitance. C’est souvent ce que je conseille, mais ça dépend vraiment des profils. Moi par exemple, je ne crée pas mon propre site. J’ai déjà du mal : je voudrais que les articles soient bien rédigés, optimisés au niveau du référencement, et finalement, je n’ai pas le temps de tout faire. Il faut vraiment trouver le bon modèle pour chacun. Pour toi, je réfléchis à la retranscription. J’ai fait un peu comme toi, je suis passé par un truc qui s’appelle dictation.io. J’ai dicté tout un épisode, ça me l’a transformé en texte brut, et je l’ai repris à la main, mais moi ça me prend encore trop de temps. J’ai tendance à essayer d’amener la petite communauté (qui est en train de grandir), avec qui j’interagis, à aller vers de la sous-traitance, par exemple via les microservices. Je parle beaucoup du site 5euros, parce que c’est comme ça que j’ai démarré. On en entend souvent du mal, j’essaie donc de montrer qu’il n’y a pas que le cliché des sous-traitants qui se bradent, etc. Il y a vraiment des gens bien qui démarrent, qui s’en servent comme plateforme de démarrage rapide.

Interviewé : Quand je carburais avec mon blog, et que je gagnais plus de 4 000 € par mois, je n’avais pas de mal à lâcher un peu d’argent. J’avais dû refaire le design de mon site, j’ai lâché, je crois, 900 € à une designeuse. Je n’avais pas de douleur à le faire, parce que j’avais de l’argent. Et aujourd’hui…

Intervieweur : Et puis, c’était un retour sur investissement.

Interviewé : Oui, c’est un retour sur investissement. Je me disais que mon blog était vraiment cheap. Clairement, comme toi, je me dis que ce n’est pas mon talent, je ne sais pas designer. Pour les couvertures de mes livres, c’est pareil, j’ai fait appel à un collègue chez Orange, qui est designer.

Intervieweur : C’est Nicolas… comment ?

Interviewé : Nicolas Aubert. Il n’est plus chez Orange maintenant, je crois qu’il est dans une start-up. C’était un mec très bon, qui était bien en vue sur tous les projets. Je bossais avec lui sur mes projets chez Orange, et je lui ai demandé comme ça : « ça te dirait… », et il m’a fait deux couvertures.

Intervieweur : C’est classe oui. J’aime beaucoup.

Interviewé : Il m’a fait des tarifs très attractifs à chaque fois. Je crois même que le premier, c’était un échange de bons procédés. Le troc, ça peut marcher aussi. Si des gens ont des compétences et que tu peux leur apporter une compétence, c’est un échange de temps.

Intervieweur : Oui, tout à fait.

Interviewé : Je l’avais aidé un peu sur du blogging, et en retour, il m’avait fait la couverture. Pour la vidéo de présentation de mon livre YouTubeur, pareil, je l’ai faite avec mon collègue vidéaste Max Maximus, qui m’a accompagné pour l’écriture du deuxième livre Marketing Vidéo. Il est venu chez Eyrolles avec son matériel, une réalisatrice, et il a fait un super truc, gracieusement. J’ai ensuite passé un peu de temps pour l’aider à monter son site internet. On essaie de trouver des choses comme ça. Je suis plutôt dans l’échange, j’essaye de trouver des moyens pour qu’on puisse se compenser.

Intervieweur : C’est un bon conseil pour ceux qui veulent se lancer : même si tu n’as pas d’argent, tu as des talents, tu as forcément du temps que tu peux échanger. Si vraiment tu n’as rien du tout, que tu ne peux pas investir 100 ou 300 € pour te lancer, à ce moment-là, tu trouves toujours un échange, un partenariat avec quelqu’un, qui peut t’aider à faire un site quand ce n’est pas ta compétence. C’est comme ça que j’ai fait. Je connais pas mal de rédacteurs qui rédigent des E-books ou des leads magnets pour des personnes qui savent faire des sites internet, et qui veulent lancer leurs produits. Il y a beaucoup d’échanges qui sont possibles comme ça, entre différentes compétences, et c’est un super moyen pour se lancer. C’est du temps que tu utilises, mais ça ne te coûte rien. C’est clair que je ne peux pas tout faire, donc je délègue beaucoup maintenant, de plus en plus. Pour en revenir à l’interview, ça fait plusieurs fois que tu parles des projets d’écriture et de tes livres. Comment tu fais pour te faire signer par Eyrolles ? Comment ça se passe le passage d’auteur autoédité à un auteur qui a un contrat ? Tu disais que tu as d’autres moyens maintenant pour pouvoir promouvoir ton contenu écrit, ça s’est passé comment pour toi ?

Interviewé : C’est pas mal de réseaux, mais ça s’est fait grâce à l’autoédition. Il y a une petite communauté d’auteurs autoédités sur Amazon, surtout des auteurs de romans. J’ai pas mal traîné avec ces gens-là, notamment quelqu’un qui s’appelle Jacques Vendroux, qui publie maintenant des romans édités par Robert Laffont. Ils sont deux en fait, il y a Jacques, et Jacqueline (Jacqueline est un pseudonyme, elle ne veut pas donner son vrai prénom). Je les avais rencontrés sur le salon du livre Amazon, où ils faisaient des séances de présentation sur « Comment fait-on pour s’autoéditer ? ». Jacqueline a écrit un livre sur « Comment grimper vers le top 100 pour être en top des classements sur Amazon ? ». Elle racontait l’expérience de son mari auteur, Jacques. C’est un binôme qui marche bien : elle est plus dans la relecture et la promotion, et lui dans l’écriture pure. C’est comme ça qu’ils arrivent à avoir un truc qui marche bien, ils ont fait plus de 10 000 ventes par an sur leurs livres. Je me suis donc beaucoup intéressé à l’autoédition. J’ai pris ces petits tips, et j’ai publié mon livre BlogBuster, qui s’est bien vendu. Dans cette sphère de l’autoédition, j’étais, à un moment donné, en contact avec la personne qui gère le site IDBOOX, Elizabeth Sutton. C’est un site internet qui permet à la fois de faire la promotion de l’édition de tous les ebooks du secteur, et en même temps, de mettre en avant des auteurs autoédités. Elizabeth écrivait à ce moment-là un livre qui s’appelle Publier un livre à l’ère numérique, édité chez Eyrolles. Elle avait vu que je traînais un peu dans cette sphère de l’autoédition. Elle m’a dit : « Ce serait bien que tu racontes ton expérience sous forme de témoignage dans ce livre, comment tu es passé du blog à l’autoédition ». J’avais fait un petit article invité sur son blog IDBOOX, puis il y a eu la soirée de lancement de son livre, où Eyrolles était présent. J’avais fait juste avant, en mode amateur, ce qu’on appelle un booktube, une chronique de son livre, que j’avais lu. Je l’avais aussi lu parce que j’y avais mon interview : j’étais tout fier d’avoir mon interview dans un livre publié chez Eyrolles.

Intervieweur : Tu m’étonnes !

Interviewé : C’était au labo de l’édition, à Paris. Ils passent donc ce petit booktube juste avant de faire une table ronde. Il y avait une centaine de personnes dans la salle, je vois que tout le monde dit : « C’est super ce format vidéo », etc. J’étais à côté d’un collègue auteur, je le regarde et lui dis : « Mais c’est moi en fait, regarde ! »

Intervieweur : [rires]

Interviewé : « Je n’ai pas la casquette, mais c’est moi ! ». « Ah oui, putain ! »

Intervieweur : [rires]

Interviewé : Il y avait une deuxième coauteure de ce livre-là, qui était également présente, et qui savait que je voulais me faire éditer. En voyant l’attrait de tout ça, elle m’a présenté ce soir-là à Dunod et à Eyrolles. Elle a bossé longtemps chez Hachette, elle connaît bien les sphères de l’édition. Je n’avais pas vraiment d’idée en tête. Je leur dis : « Vous avez vu ma petite vidéo ? ». J’ai essayé de surfer sur le truc : « Je pense que YouTube cartonne, il faut écrire un bouquin là-dessus. J’ai fait un livre sur le blogging, qui s’est bien vendu en autoédition, à 2 000 exemplaires. Est-ce que ça vous dirait qu’on fasse également sur ça YouTube ? ». Ils m’ont filé tous les deux leurs cartes de visite. J’ai rappelé Eyrolles, parce que j’avais plus de sensibilité sur cet éditeur, dont je lisais déjà les livres. J’ai beaucoup échangé avec l’éditeur, qui s’appelle Florian. Le fait que j’avais déjà une puissance, que j’avais réussi en autoédition, l’a convaincu quand on a parlé chiffre, taux de reversement, potentiels de vente, etc. Il s’est dit : « Ce truc-là, sur YouTube, ça peut faire peut-être 1 500 ou 2 000 ventes : faisons-le, tu as de l’expérience. » L’autoédition m’a permis de convaincre. Pour être édité, il faut sortir de ses sentiers battus, il ne faut pas rester chez soi. Il faut aller un peu dans les événements, il faut essayer de tourner autour des auteurs quand ils ont besoin d’interviews. Après, ça se fait naturellement si tu as un talent d’écriture : les maisons d’édition sont toujours à la recherche d’auteurs. Donc, ça s’est fait comme ça, le livre s’est fait et s’est bien vendu, au-delà des espérances : on a vendu 5 000 exemplaires au lieu des 1 000, avec 1 500 prévus au niveau du tirage. Il y a eu quatre retirages, une deuxième édition, donc c’est pas mal. À partir de ce moment où tu sais que ça marche, ils vont te refaire confiance naturellement. Quand tu signes un contrat d’édition, tu as une clause de préférence. Lorsqu’ils investissent dans un auteur, ils attendent qu’il fasse d’autres titres avec eux, sur la thématique principale du livre. On a réécrit ensuite un livre sur le marketing vidéo qui est sorti il n’y a pas longtemps, il y a deux ou trois mois.

Intervieweur : YouTubeur ?

Interviewé : YouTubeur, c’était le premier avec Eyrolles, le deuxième est Marketing Vidéo. YouTubeur t’apprend les clés pour créer un programme qui décolle sur YouTube, et monétiser un peu comme un micro-entrepreneur, comme je l’ai fait. Il y avait pas mal de témoignages de grands You Tubeurs dans le livre, pour donner un peu de concret. Pour Marketing Vidéo, on s’est dit qu’il y a aussi des entrepreneurs, des entreprises qui veulent avoir les codes de ces You Tubeurs, et qui ne vont pas seulement communiquer sur YouTube, mais également sur Facebook ou Instagram, où ils sont bien installés, bien présents. Là, j’ai eu besoin de me faire épauler par mon collègue Max Maximus. Il avait fait une interview sur mon livre, il m’a donné plein de conseils utiles sur le matériel, il a carrément fait la bande-annonce du livre en vidéo. Il était légitime sur le sujet, donc j’ai dit : « Est-ce que ça t’intéresse de t’associer avec moi ? ». On a partagé les royalties, et on a écrit ce livre à deux. Il a pu apporter la caution sur la création de vidéo professionnelle. Bref, pour écrire un livre dans une maison d’édition, c’est bien de d’abord tenter l’expérience de l’autoédition. Ça te permet d’avoir des bases solides de négociation par rapport au contrat, de montrer à l’éditeur que tu as une capacité de vendre. Avoir un blog ou une chaîne YouTube, c’est aussi très important. Souvent, les éditeurs vont aller voir les grosses communautés en ligne : même si tu n’as jamais écrit, ils savent que tu as un potentiel de vente. Les gros You Tubeurs, qui ont des programmes de vulgarisation sur l’histoire, les sciences etc., sont contactés. Il y a quatre ou cinq éditeurs qui viennent les voir en même temps.

Intervieweur : Justement, je m’intéresse beaucoup au monde de l’autoédition, et je vois pas mal de mouvement inverse aux États-Unis : de plus en plus d’auteurs édités de manière traditionnelle passent dans l’autoédition. Toi, tu as fait l’inverse. Pourquoi tu ne t’es pas dit : « Avec la communauté que j’ai, je continue dans l’autoédition » ? Qu’est-ce qui fait que tu as préféré partir dans cette voie - qui est très bien, ce n’est pas du tout une critique ! Et puis, félicitations, puisque ce n’est pas si simple. Tu nous as donné quelques secrets, mais encore faut-il avoir fait tout ce que tu as fait avant. Pourquoi ce choix, finalement, de l’édition traditionnelle, alors qu’on voit de plus en plus l’inverse se produire aux États-Unis ?

Interviewé : Moi, je défendais à mort l’autoédition, j’y croyais à fond. Ce qui se vend bien dans l’autoédition, c’est le livre numérique, et j’ai toujours eu espoir que ça décolle à des chiffres beaucoup plus élevés sur le marché français. Malheureusement, aujourd’hui, on est à peut-être 5 ou 6 % de livres numériques par rapport aux livres papier, le chiffre ne décolle pas. Aux USA, ce n’est pas du tout le cas. Quand je regardais de près les chiffres, on devait être à 25 % de livres numériques. Sur le livre numérique, ce qui marche bien, c’est d’avoir une logique de pricing très bas. Seuls les auteurs autoédités sont en capacité de faire ça, parce qu’ils sont tous seuls. Quand tu es en autoédition, tu as des reversements sur le livre numérique entre 50 et 60 %, alors que quand tu es en édition traditionnelle, sur le livre papier, c’est 10 %. Sur le numérique, je crois que le reversement démarre à 20 %. Tu peux négocier un peu plus, mais tu ne vas pas aller au-delà de 30 %, on va dire. Tu ne peux donc pas forcément faire des prix très accrocheurs, pour faire du volume. Je suis arrivé au constat que le livre papier, malgré tout, se vendait super bien en France. Sur le livre numérique, j’ai tout essayé, j’ai fait pas mal de ventes, mais je suis sur une thématique des livres pratiques, pas auteur de romans. Comme auteur de romans, tu peux t’en sortir en autoédition. Il y a plein d’exemples : je parlais des Vendroux, il y a aussi Aurélie Valognes, qui cartonne maintenant en édition traditionnelle. Elle a vendu plus de 30 000 livres numériques en autoédition. Si son livre était à 3 €, il faut imaginer qu’elle fait 1,5 € de royalties. Ça te fait 45 000 € à l’année, c’est confortable d’y arriver.

Intervieweur : C’est clair.

Interviewé : Je te parle là du top 10. Sur l’autoédition au format livre numérique, c’est surtout les auteurs de romans qui cartonnent. Ils ont raison de continuer dans cette voie. Quand tu fais des livres pratiques, les gens veulent plus l’objet physique. Je vends des livres papier via CreateSpace, une filiale d’Amazon. Ce sont des livres à la demande. Quand j’ai démarré mes ventes de livre BlogBuster, je devais avoir 2/3 de numérique et 1/3 de livre papier, et aujourd’hui, on est passé à 50/50. Via CreateSpace, les gens achètent pour moitié le livre papier, ce qui montre bien la tendance. Le livre papier cartonne en France. Les gens commandent bien sûr massivement sur Amazon, mais achètent également en magasin physique, à la Fnac, etc. Tu ne peux pas arriver à avoir ton livre à la Fnac en autoédition. C’est très compliqué, en tout cas, d’être distribué massivement. La maison d’édition va t’offrir son réseau de distribution auprès des Fnac. Ne serait-ce que psychologiquement, le fait d’être présent quand les gens se baladent à la Fnac ou dans les librairies, et voient ton livre, est énorme : même s’ils n’achètent pas de suite, s’ils achètent plus tard sur Amazon, ça te fait un relais de promotion que tu ne peux pas avoir autrement. Je l’ai bien perçu au niveau des volumes. J’arrive quand même à vendre un peu de livres numériques, mais avec ce livre publié chez Eyrolles, le rapport doit être de 20 % livres numériques pour 80 % de livres papier. J’arrive à vendre beaucoup de livres numériques, parce que j’ai imposé et négocié, dans le contrat, un livre numérique à moins de 5 € (4,99 €). Je voulais une sortie conjointe livre numérique/livre papier. En faisant ça, j’ai garanti un volume intéressant. Si les gens ont des livres numériques supérieurs à 10 €, et qu’en même temps, le livre papier est à 15 ou 20 €, psychologiquement, ils vont se dire  « Autant acheter le livre papier, c’est plus intéressant ». On a des chiffres de ventes de livres numériques qui sont moins intéressants, qui vont être inférieurs à 5 %. Le chiffre, en France, est de 5 ou 6 %. Par contre, j’ai pu explorer le livre audio avec le dernier, Marketing Vidéo. On a négocié de garder les droits audio avec mon collègue co-auteur, et on a fait produire le livre audio pour Audible Studios. Ça ne nous a rien coûté : on est allé dans le studio d’enregistrement, et on a posé notre voix. Ils ont même payé notre collègue, qui est comédienne voix-off, Mélanie, avec un petit cachet. On a même eu une avance plutôt correcte, car ils y croient à fond. Il y a peut-être un truc, sur le numérique : on parle de podcast, qui a le vent en poupe aux US, peut-être ça va être le cas du livre audio, je ne sais pas. Je pense qu’il y a un truc à tester aujourd’hui. Les grandes maisons d’édition traditionnelle n’y croient pas encore : tu n’as aucun problème pour leur dire « je garde les droits audio », ils ne vont pas s’en offusquer.

Intervieweur : D’accord.

Interviewé : En tout cas, Audible y croit à mort, donc il y a des trucs à tenter, en défricheur. J’avais les mêmes espoirs pour le livre numérique il y a quatre ou cinq ans, mais ça n’a pas décollé autant que je l’imaginais. C’est pour ça que l’édition traditionnelle est importante. J’espère qu’avec le livre audio, on va y arriver. En tout cas, je suis un gros lecteur de livre audio, donc j’y crois.

Intervieweur : Moi aussi. Tu parlais d’Audible : aux États-Unis, tu peux faire enregistrer ton livre audio par des professionnels, ça ne te coûte rien. Tu as un programme nommé ACX, qui gère ça pour toi. Aujourd’hui, en France, ce n’est pas encore disponible, malheureusement. Peut-être que ça va le devenir, si, comme tu dis, Audible y croit.

Interviewé : Pour la petite histoire, on avait essayé de le faire en direct. J’avais un contact sur Audible, qui m’a dit : « En fait, il faut avoir au moins deux titres pour pouvoir faire ça ». Tu n’es pas obligé de passer par un professionnel, même si c’est mieux, mais tu peux soumettre tes pistes audio à partir du moment où tu as deux ouvrages. Ils mettent un petit frein à l’entrée, et après (c’est de bonne guerre), ils tentent de récupérer les droits en disant : « Mais par contre, vous pouvez nous faire la cession de droits, et vous pourrez enregistrer dans notre studio ». Je trouve la formule de cession de droits intéressante, parce que tu n’as pas à payer les frais d’enregistrement au studio. On a passé quand même presque trois jours en studio. Si on avait dû payer ça à un studio professionnel, ce n’était pas donné. Vu le format émergent, peut-être qu’on va se planter sur le long terme et qu’eux vont gagner, mais pour l’instant, je pense que c’est la moindre prise de risque de faire la cession de droits audio.

Intervieweur : Tu as organisé ça comment, du coup, les trois jours ? Tu as dû prendre des congés ?

Interviewé : Oui, j’ai posé une RTT le matin, j’ai dû enregistrer quatre ou cinq heures, c’était un mercredi ou jeudi, il me semble. Comme mes collègues sont entrepreneurs, ils ont organisé leur agenda pour être présents pendant deux jours. On n’a pas fait l’enregistrement en même temps, mais je suis revenu pour corriger quelques petits trucs à un moment donné, et ils étaient présents tous les deux en studio. Mes deux collègues, Max et Mélanie. Deux ou trois mois avant, on a fait une session de casting pour être sûr qu’on soit capable de lire de façon fluide le livre audio. Mais sinon, ça va assez vite, c’est remarquable. L’enregistrement a dû être fait, je crois, début février, et le livre audio est sorti le 28 février, c’est un truc de dingue.

Intervieweur : D’accord. C’est donc le livre audio YouTubeur ?

Interviewé : Non, je l’ai fait pour Marketing Vidéo, qui est sorti le 28 février.

Intervieweur : Ok. Marketing Vidéo est ton dernier projet en date ?

Interviewé : Voilà, c’est le dernier livre, que j’ai co-écrit avec Max Maximus.

Intervieweur : D’accord. De toute façon, on mettra tous les liens dans la retranscription. On a parlé de ton blog, de tes livres, de ta chaîne YouTube. À chaque fois, ça a très bien fonctionné, on peut même dire que ça a été des succès. Quelle est ta recette ? Qu’est-ce qui fait qu’à chaque fois que tu t’es lancé dans un de ces projets-là, tu as eu des retombées, des retours, des résultats positifs ?

Interviewé : Mon approche, c’est de faire ça par passion, dans une logique d’apprentissage. C’est ça ma motivation : je ne cherche pas les résultats, ils arrivent par accident. En fait, tu testes des concepts, et à un moment donné, tu vois ce qui va générer de l’audience du revenu, tu vas trouver la bonne équation. Mais au départ, tu ne le fais pas dans cette optique-là. Quand tu trouves l’équation, avec quelques petites tendances qui commencent à émerger, dès que tu arrives à identifier un micro truc qui fonctionne, tu le généralises. En tout cas, dans ma démarche, je n’ai pas essayé de monétiser le truc. C’est arrivé par accident, et après, il faut créer l’entreprise. Maintenant, c’est bon, c’est fait, c’est en place, mais si seulement il y avait un peu moins de paperasse, ça serait plus confortable. Je sais qu’il y en a qui se freinent à cause de ça, qui se disent : « Non, je ne vais pas tenter ça, parce qu’imagine que j’ai un contrôle ». Mais après, ça passe tout seul. Une fois que tu as compris le micro truc, que tu arrives à généraliser, il ne faut pas avoir peur de se lancer, il faut y aller à fond et mettre les moyens.

Intervieweur : Oui. Si on suit ton exemple, tu dis « par accident », mais c’est quand même aussi beaucoup de passion, d’actions, d’analyses. Il faut avoir la capacité de se remettre en question ou de prendre du recul, ça ne relève pas tout à fait de l’accident. Un autre truc important dans ce que tu dis, c’est que tu as d’abord lancé des choses, tu ne t’es pas freiné par les aspects administratifs et toutes les contraintes. Puis, en effet, grâce à l’action et persistance, tu t’es dit : « Ah, il y a deux ou trois trucs qui marchent ». Et forcément, quand ça marche, c’est plus facile de se dire : « Bon allez, il faut bien que je fasse un peu d’administratif quand même ».

Interviewé : C’est un peu d’endurance aussi, oui, parce que je pense que finalement, les gens qui fonctionnent le font sur le long terme. Un projet de site web ou de chaîne YouTube va décoller seulement après six mois, il faut donc de la régularité et de l’endurance. Et à un moment donné, ça marche. Pourquoi les gens n’y arrivent pas ? C’est parce que, bien souvent, ils n’ont pas l’endurance. Moi, j’ai beaucoup d’endurance, c’était mon sport préféré à l’école et au collège, d’ailleurs, je continue à courir. Je pense que c’est un état d’esprit. Finalement, si tu arrives à rester longtemps, après, tu empoches le marché. Il y a beaucoup de gens qui testent, qui essaient et qui n’ont pas de résultat, qui se démotivent et qui arrêtent. Il ne faut jamais arrêter. J’avais discuté avec un collègue, qui avait lancé un blog il y a quelques années, et m’avait dit : « Ça marchait pas mal, et puis un jour, j’en ai eu marre et j’ai laissé tomber ». C’est con, parce qu’il avait l’historique. Je ne sais pas pourquoi certaines personnes ne veulent pas maintenir un truc, maintenir un peu de temps sur quelque chose, prendre le temps. C’est une erreur, parce qu’un jour, ils se sont tous crashés, et disent « j’arrête et tout ». Ils ont des positions assez catégoriques. C’est un travail sur le long terme à chaque fois. Ça ne peut pas marcher tout de suite, il faut être patient.

Intervieweur : Oui. Et puis, comme tu dis, quand tu as cette passion et cette endurance de produire du contenu, même si ça ne cartonne pas, tu as vu des choses apparaître par hasard. Si tu apportes du contenu de qualité, et qu’en plus tu t’éclates, tu auras quand même des résultats, même s’ils sont très faibles. Tu vois un signal, tu vois des choses, tu peux quand même analyser.

Interviewé : Oui. C’est vrai que les micros tendances, c’est vachement intéressant. Ce sont des petits succès, des petits trucs de motivation, qui demandent un peu d’esprit analytique. Si tu ne l’as pas, tu ne vas pas voir ces micros tendances émerger. Il faut ensuite réussir à industrialiser ça, toujours en gardant la passion. Car si tu n’as pas la passion, tu te démotives et tu arrêtes.

Interviewer : Aujourd’hui, quand on regarde tes réussites, tes différents projets, maintenant, quel est le challenge pour toi ? Quels sont les défis que tu te poses, tes objectifs ?

Interviewé : Je vais en mettre un peu plus sur la sphère professionnelle maintenant, parce que j’ai changé de job. J’étais full marketing digital, maintenant, je vais bosser en tant que chef de projet technique, dans le Sud de la France, toujours chez Orange. À Sophia-Antipolis, on construit les sites internet Orange, je vais être du côté technique. Le challenge va être de refaire ma vie là-bas, j’y déménage au premier juillet avec toute ma famille. J’avais mis aussi de côté le permis de conduire. Comme j’étais en région parisienne, je n’ai jamais passé le permis. J’avais fait de la conduite supervisée, mais le challenge, cette fois (des trucs très terre à terre !), c’est d’avoir le permis, parce que je vais en avoir besoin pour aller bosser. Là-bas, comme je suis dans un nouvel environnement technique, je me dis que c’est l’occasion d’un peu progresser sur le développement web, sur l’analyse de données. Je vais être entouré de développeurs. Je serai chef de projet technique sur des sujets en lien avec tout ce qui est analytics, A/B testing, des sujets qui me passionnent. Peut-être qu’à terme, dans trois ou quatre ans, je pourrai évoluer sur des postes plus en lien avec tout ce qui est data scientist, et essayer de monter en compétences là-dessus. Sur mes aventures à côté, je vais toujours continuer ma chaîne YouTube. J’ai dit à mon éditeur que je me mettais un peu en standby avant d’écrire un prochain livre, le temps que je fasse mon installation. Peut-être qu’à partir de septembre ou octobre, on va penser à un nouveau projet de livre. J’ai des idées sur des choses en lien avec le marketing digital, peut-être quelque chose d’un peu plus vulgarisé sur le sujet. Maintenant, j’ai un rôle de directeur d’ouvrage chez Eyrolles. On parlait des gens qui ont témoigné dans mes livres, ou qui m’ont aidé dans la relecture : je suis content, j’ai réussi à embarquer deux de ces personnes pour écrire des projets de livre assez sympas. Ça a été validé en comité éditorial, je vais donc les accompagner en tant que directeur d’ouvrage. Les rémunérations sont plutôt symboliques, elles ne sont pas délirantes, mais ça me fait plaisir d’avoir cette petite transmission, de pouvoir offrir quelque chose à quelqu’un qui m’a aidé. Sur mes aventures perso, je pense que je vais désormais plus offrir aux autres, comme les autres m’ont beaucoup offert, aller dans ce partage, profiter, partager un peu mon réseau à des gens qui en valent le coup.

Intervieweur : Génial ! C’est marrant de voir que finalement, tu as des challenges qui sont plutôt perso, et orientés vers ton job. C’est vraiment quelque chose que je trouve super intéressant, ça change des discours : « Je veux être Nomade digital, je vais tout plaquer grâce à mon blog ». Il y a une autre voie qui existe.

Interviewé : Moi je m’éclate en entreprise, dans les grosses structures comme Orange ! C’est génial tous les talents qu’on a, et cette opportunité de changer. On est dans une boîte où on peut changer tous les trois ou quatre ans de job, faire un truc totalement différent (toujours en lien avec le digital bien sûr), et apprendre, se renouveler. Moi, je trouve ça extraordinaire. Le défi le plus sympa, c’est aussi de passer de Paris au Sud de la France.

Intervieweur : Plein de challenges s’annoncent donc pour toi dans les prochains mois. Et bien, encore une fois, c’était vraiment avec un grand plaisir que je t’ai reçu dans la Voix du Side Hustle. Je suivrai tout ce que tu fais d’un œil attentif et très intéressé.

Interviewé : Moi aussi, merci Dimitri. Je vais suivre le podcast, j’ai hâte que tu crées un rendez-vous autour !

Intervieweur : Voilà, c’est mon prochain challenge : lancer ça et créer cette attente, faire comme toi. Je vais donc essayer de me servir de tes enseignements du jour.

Interviewé : Ça marche ! Merci Dimitri, bonne journée et bon montage alors.

Intervieweur : Merci beaucoup à toi Jean-Viet !

 

Les autres liens importants de cet épisode :

Partie 1 de l'interview : https://sidehustlefrance.com/jeanviet/

 

 

 

7 réflexions au sujet de “LVSH 006 – Auteur, Blogueur, Youtubeur et salarié à temps plein - avec Jeanviet – Partie 2”

  1. Super interview. Très riche ! Merci Dimitri !!

    • Merci Amin. Content que ça te plaise 🙂
      Des projets de side hustle ? Intéressé par un des sh de Jeanviet : auto-edition ? Blog? Chaine youtube ?
      Bons projets à toi !

  2. Très intéressant ce podcast avec Jeanviet !

    Je suis plutôt d’accord avec toi Dimitri pour ce qui est de déléguer. Cependant il est vrai que Jeanviet met le doigt sur un point important : la difficulté de déléguer / sous-traiter, à travers le statut de micro entrepreneur.

    Deuxième point, déléguer, sous-traiter, doit être vu comme un investissement, cette pratique doit être intégrée dans notre mindset, en tant qu’entrepreneurs !

    • C’est vrai qu’on ne peut pas déduire ses frais en tant qu’AE, mais le statut comporte bien des avantages.
      Comme tu dis, sous-traiter n’est pas seulement un coût, mais un investissement qui permet de se concentrer sur ses talents et gagner du temps et de l’argent en mettant à profit le talent des autres
      Ça me paraissait important d’en parler car je vois beaucoup de projets bloqués car on a souvent l’envie de tout faire soi-même pour economiser, et c’est souvent un très mauvais calcul.
      Et si vraiment 300 euros pour un site internet ou autre sont un trop gros investissement, il y a toujours la possibilité de commencer en freelance sur ses competences pour reunir la somme, ou proposer de l’echange de service. On a tous des talents que l’on peut mobiliser et sur lesquels on a intérêt à se concentrer.

  3. Puisqu’on parle de retranscription dans ce podcast, j’en profite pour féliciter Sev qui fait un job de malade à chaque podcast !!! Il faut que j’écoute son podcast, d’ailleurs. Par curiosité, combien de temps te prends une transcription de 40 mn d’audios ? Quels outils utilises-tu ? Et combien tu factures cela à Dimitri 🙂

  4. Hey, salut Jeanviet ! Merci beaucoup pour ton compliment ! On m’a aussi félicité sur le groupe FB Side Hustle France pour mes transcriptions, ça fait très plaisir. Car certes, c’est un sacré boulot. Comme tu en parles toi-même dans le podcast, tu dois très bien en avoir conscience 😉 Ton retour m’en fait d’autant plus chaud au cœur !

    Alors, je suis justement en train de travailler quotidiennement sur la retranscription du prochain épisode. J’ai compté environ 20 minutes de boulot pour la retranscription brute de 8 minutes d’audio, soit 1 h 40 pour 40 minutes d’audio. Mais après, il faut bien compter, je dirais… 1 h 30 pour relire et corriger les fautes, puis passer le texte dans Scribens. Comptons ensuite, quoi… 15 minutes pour réunir les sources, et je pense qu’on termine au total sur 3 h 25. Bien sûr, c’est assez variable, mais ça donne un ordre d’idées.

    J’ai essayé plusieurs « set-up » pour retranscrire de la manière la plus automatisée possible, mais rien ne marche bien à mes yeux. Ma solution actuelle : je fais tourner le podcast sur le pc portable, j’écoute une ou deux phrases, je mets en pause, et je les dicte sur l’appli Word sur le smartphone (avec le dictaphone Android de base). Doigt de la main gauche sur la touche « entrée’ du pc portable, et téléphone dans la main droite : j’écoute, je pause, je dicte, et rebelote.

    Quand le rythme n’est pas trop effréné, je peux essayer de dicter en même temps que j’écoute quelques instants, mais je perds vite le fil, et dois mettre l’audio en pause.

    J’ai très longtemps bossé en dictant mes articles, donc je maîtrise bien la dictée sur le téléphone, qui est vraiment de très très bonne facture quand on a l’habitude de savoir lui parler.

    Pour la facturation, en vrai, c’est un peu au petit bonheur la chance ^^’ Nous n’avons pas réellement de tarif fixe. Et je ne sais pas si Dimitri voudrait trop que j’en parle ici ? Ou alors, c’est moi qui suis pudique haha.
    Je peux te dire que selon mes calculs, sur la transcription en cours, et si j’ai bien estimé le temps de relecture, je suis sur un taux horaire d’environ 22 et des poussières €/h.

    Bon, désolé d’avoir été un peu long, mais j’aime bien parler de mon taf !

    Merci encore pour ton message Jeanviet, et bien sûr, pour ta super interview 👍

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