LVSH 008 – Nomade digital : voyager en travaillant, 365 jours par an – avec Patrice Khal – Partie 2

Nomade digital avec Patrice Khal

La voix du Side Hustle épisode 8

Dans ce nouvel épisode de la Voix du Side Hustle, on continue de découvrir le quotidien de La Famille Nomade digitale avec la deuxième partie de l’interview de Patrice Khal. 

Nomade digital avec Patrice Khal

Patrice Khal est rédacteur, copywriter, formateur et auteur et il nous explique comment il continue de développer son business et ses projets en famille avec sa femme Christine et son fils Logan, tout en voyageant 365 jours par an. 

Dans la première partie de l’interview, il nous donne un maximum d’astuces et de conseils pour démarrer très rapidement une nouvelle activité de rédacteur ou plus généralement grâce aux micro-services sur des plateformes comme 5euros.

Cliquez ici : pour écouter la 1ère Partie de l’interview de Patrice Khal

Dans cette deuxième partie, on en apprend un peu plus sur son quotidien, ses projets et la philosophie d’une famille d’entrepreneurs passionnés et libres. 

Un parcours et un partage inspirant pour tous ceux qui veulent réfléchir autrement et choisir de prendre le contrôle total de leur vie. 

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Le livre de Patrice : 21 lois de l’esprit libre

Les épisodes du podcast avec Jeanviet :

Épisode 1 : https://sidehustlefrance.com/auteur-blogueur-youtubeur-salarie-temps-plein-jeanviet/

Épisode 2 : https://sidehustlefrance.com/auteur-blogueur-youtubeur-salarie-temps-plein-jeanviet-2/

Venez nous dire ce que vous avez pensé de cet interview dans les commentaires, et n’oubliez pas de vous abonner au podcast pour être averti de la sortie des nouveaux épisodes.

Retranscription complète :

Read Full Transcript

Patrice : Je trouve que c’est toujours bien qu’on puisse gagner de l’argent grâce à nos compétences. Au niveau de notre organisation familiale de travail, on s’entraide de plus en plus. Christine se lance de plus en plus dans tout ce qui touche à la rédaction web. Elle va, au fur et à mesure, prendre certaines commandes, auxquelles je vais ensuite ajouter le petit truc personnel que le client attend de moi. C’est toujours bien d’avoir plusieurs cordes à son arc, d’avoir plusieurs possibilités de revenus. C’est toujours bien d’être titillé par la réalité, d’avoir des idées parce qu’on a rédigé sur tel sujet. Si je restais dans mon microcosme, si, comme tu dis, je ne faisais que surveiller le compte PayPal ou Stripe qui monte automatiquement (j’aimerais bien, mais malheureusement, ce n’est pas tout à fait le cas), si je me limitais à ça, j’aurais peut-être moins d’idées. Moins de rapport avec le concret, avec tous les membres de la formation, qui me font confiance, et qui ont envie que je leur apporte toujours de la valeur, de l’aide, etc. Je n’ai pas envie de leur dire n’importe quoi. Chaque point est important, et se cumule pour former un tout.

Dimitri : Quand tu proposes des services et que tu as des commandes, en particulier sur la rédaction web (même si j’imagine que c’est pareil sur d’autres types d’activités), tu peux parfois avoir des idées. Des demandes de clients te créent des idées de produits, de bouquins. C’est ce qu’il m’était arrivé. Beaucoup de choses peuvent arriver à partir d’une commande client, quand tu restes dans l’activité.

Patrice : Ce qui est déjà bien, c’est que tu es payé pour apprendre. Dans le boulot de rédacteur web, ce qui est top, c’est que je fais par exemple beaucoup d’articles sur le webmarketing. De moi-même, je ne vais pas forcément aller chercher ce type d’information. Mais comme le client me le demande, je dois aller chercher une information, et je suis payé par le client pour le faire. C’est pour ça que je reste tout le temps « dans le groove » on va dire, dans l’actualité. Au lieu que ce soit moi qui paye pour le faire, je suis payé par le client pour apprendre.

Dimitri : Cela te fait donc une veille rémunérée.

Patrice : Voilà, c’est exactement ça. Ça me permet aussi d’aller chercher les nouvelles idées. J’ai fait pas mal de sujet, sur des trucs parfois très techniques. Ça me permet d’évoluer, de toujours apprendre. Quand tu gardes toujours ton cerveau en éveil, tu as plus de facilités à apprendre, et comme tu dis, tu as plus d’idées qui se développent. Ça me permet de continuer à avoir des idées.

Dimitri : C’est aussi ce qu’avait dit Sév. On a un peu rigolé, car c’est vrai que parfois, dans le métier de rédacteur web, tu écris des textes sur beaucoup de sujets différents. Il parlait par exemple des litières automatiques pour chats : c’est aussi la réalité de la rédaction web. Tu ne choisis pas toujours tes sujets.

Patrice : Je crois que la litière automatique, c’était un client que je lui avais envoyé. [rires]

Dimitri : On parlait de veille : s’il y a des clients qui te demandent ce genre de textes, c’est peut-être qu’il y a quelque chose derrière. En parlant de webmarketing, il expliquait aussi que ça lui donnait des idées pour différents types de side hustle, qu’il serait prêt à démarrer. Tu parlais de l’e-mailing ou du webmarketing : je suppose que ça t’inspire, et te donne par exemple des idées sur comment tu peux bâtir ton process, faire des tunnels de vente pour tes formations, etc.

Patrice : Tout à fait. Le propre de l’entrepreneur moderne, sa plus grande valeur, à mon sens, c’est d’apprendre. Ça ne vaut pas que pour l’entrepreneur d’ailleurs, mais pour n’importe qui. Aujourd’hui, la plus grande chance, c’est que sur internet, tu peux tout apprendre. Ici, la double chance qu’on a, c’est qu’on est payé pour apprendre, pour continuer à évoluer. Je vais par exemple apprendre de nouvelles techniques, de nouvelles choses, de nouvelles mises à jour sur les réseaux sociaux, par rapport à ce que je vais écrire sur le sujet. Quand je fais une page de vente par exemple, c’est tout aussi puissant. J’écris sur un sujet que je ne connaissais pas, je vais devoir le connaître à fond, m’imprégner à fond de la formation (si c’est une formation qui est vendue). Je vais devoir l’apprendre, même si c’est un sujet qui ne me passionnait pas vraiment. Du coup, je vais le connaître, et je vais devoir en sortir une page de vente super efficace. Tout ça me permet d’être meilleur pour demain dans le copywriting, mais aussi parce que j’ai accumulé de nouvelles compétences grâce à ces formations, qui vont m’enrichir.

Dimitri : Je pense que ça envoie bien le message : la rédaction web, même sur 5euros, peut être une formation rémunérée, une veille rémunérée. Ça peut amener à plein de choses.

Patrice : Tout à fait.

Dimitri : On a parlé de pas mal de choses, je pense que tu as déjà répondu à des questions que je voulais te poser. On a parlé de ton organisation et de ta journée type avec Famille Nomade Digitale. Tu m’as dit que tu faisais plutôt les tâches de production le matin. Tu fais quand même beaucoup de contenu, de livres. Qu’est-ce qui fait, selon toi, que tu as réussi à produire autant de contenu ? Quels sont tes secrets de productivité et d’organisation pour réussir à faire tout ça ?

Patrice : L’organisation, déjà. Le focus. Quand tu bosses, tu bosses. Il faut être vraiment focus sur ça. Évidemment, un truc qui aide, c’est d’aimer ce qu’on fait. C’est largement plus facile, tu n’as pas envie de t’arrêter. Quand il commence à se faire tard le soir, et que tu as trop envie de continuer, c’est bien plus facile que quand il commence à se faire tard, et que tu te dis : « J’en ai marre, j’ai envie d’arrêter ». La passion aide forcément à être productif et à créer. La chance, c’est d’aimer ce qu’on fait. Concernant la production, il faut vraiment être focus et travailler par rush, sans se laisser déconcentrer par les réseaux sociaux, etc. Il faut tout simplement bosser sérieusement sur ce que tu as à faire, au moment où tu as à le faire, et ne pas procrastiner. Si on a tendance à le faire, il faut trouver des solutions pour arrêter de procrastiner. C’est aussi ça qui est bien quand tu dois livrer : comme tu disais, tu n’as pas le choix. Si tu procrastines, tu vas avoir un problème avec ton client. Il n’y a pas vraiment de secret. Déjà, on s’entraide. On est trois à avoir des envies, et à s’entraider. Quand il y en a un qui a besoin d’aide sur un truc, il y a les autres qui sont là pour la lui apporter. C’est une chance, on est comme une équipe dans l’entreprise. Travailler seul, c’est peut-être un peu plus difficile. Quand tu es seul, il faut encore plus de volonté pour faire les choses. Sauf bien sûr, encore une fois, quand il te faut de la volonté pour arrêter de bosser. C’est alors bien plus facile que quand il faut que tu te forces à travailler.

Dimitri : Organisation, concentration, passion, et travail d’équipe. Ici, tu parles bien de Famille Nomade Digitale, donc du travail en famille.

Patrice : Voilà. Évidemment, si tu es seul, c’est un peu plus difficile de travailler en équipe [rires]. De toute façon, il faut toujours essayer d’avoir des gens, que ce soit sur Internet ou dans le cercle proche, à qui tu rends des comptes. Avec qui tu t’entraides, dont tu suis l’évolution, qui sont un peu comme des partenaires de travail ou des mentors. C’est un peu ce que j’ai essayé de faire par rapport à Sév. C’est pour cela que j’insiste sur la force du groupe, car au lieu d’être seul, tu vas voir des gens qui vont te pousser. Par exemple, je vais leur demander de partager. Il faut essayer de ne pas rester complètement isolé, parce que seul, c’est un peu plus difficile. Nous, on a la chance d’être la Famille Nomade Digitale. Beaucoup pensent que l’idée de famille est un frein, mais en fait, c’est une force de travailler en famille, car chacun apporte ce qu’il a à apporter. Au lieu de ne pas se supporter parce qu’on bosse ensemble, on est bien content de le faire.

Dimitri : Vous avez donc réussi à en faire une force et un travail d’équipe. On a parlé de tes activités, tu as un peu parlé de celles de ta femme Christine. J’ai l’impression que le virus de la créativité et de l’entrepreneuriat touche aussi ton fils Logan. Est-ce qu’il participe à tout ça ?

Patrice : Mon fils travaille de plus en plus sur l’univers Famille Nomade Digitale. Actuellement, il se forme un peu plus en marketing. En ce moment, il nous aide en s’occupant du montage des vidéos pour les formations, pour que je puisse travailler sur autre chose. Il a envie de s’impliquer un peu plus là-dedans. Sinon, mon fils était surtout concentré, et il a d’ailleurs pas mal de projets là-dessus, sur la création d’applications pour mobile. Comme je le disais tout à l’heure, il faisait un microservice où il crée des jeux personnalisés pour les gens. Il a même fait un service où il vend des bases de données d’emails professionnels. Il teste et apprend pas mal de trucs. Son objectif primordial, aujourd’hui, est de trouver un moyen d’avoir un revenu passif, qui lui permette de se concentrer sur sa vraie passion : créer des jeux vidéo. Il travaille sur de gros projets de jeux vidéo, mais il veut d’abord avoir la certitude de se créer un revenu, pour pouvoir investir une partie de son revenu et de son temps dans ses projets de jeux vidéo.

Dimitri : Beaucoup de projets personnels et familiaux donc. Tu dis que pour lui, c’est primordial, donc si je comprends bien, il choisit sa voie. Vous lui laissez faire ses choix et ses tests.

Patrice : Comme tous les parents, on était un petit peu façonné par notre façon de penser dans la société. On était dans l’idée de dire : « Tu verras après le bac » par exemple. C’était un peu notre idée, comme tout parent, d’être dans un schéma assez fermé. Alors qu’on prône l’idée de liberté, lui en était bêtement privé, au départ. Il avait de très bons résultats à l’école, au lycée, etc. Il faisait des cours par correspondance, et il était bon. Un jour, c’était en première je crois, il nous a demandé une réunion familiale. Il nous a présenté son plan en disant : « Aujourd’hui, ça fait maintenant quelque temps que je divise mon temps en deux parties : le matin, je travaille pour l’école, pour mes leçons, devoirs, etc., et l’après-midi, je travaille sur mes projets. Le problème, c’est que ce que j’apprends à l’école ne me sert strictement à rien, ça ne sert pas mes projets. J’ai envie de m’investir à fond pour savoir programmer dans différents langages ». Il parlait très bien anglais, mais il y avait plein de choses qu’il voulait apprendre. Il ne pensait pas que le bac allait changer quoi que ce soit dans sa vie. J’étais bien obligé de reconnaître que j’étais un peu d’accord avec lui. Il nous a dit : « Ce que je vous propose, c’est de me lancer dans mes projets, et si un jour il y a vraiment besoin de passer le bac, je le passerai en candidat libre. En attendant, pour vivre comme on doit vivre, je ne pense pas que ça me soit utile ». Ce jour-là, on a accepté de changer, d’être moins coincé pour lui aussi. Je ne regrette pas. Depuis, il a créé une application pour aider les malvoyants, il a été invité à rencontrer Tim Cook à Paris, pour lui présenter cette application. Il a beaucoup de projets en tête, il est très organisé. Pour lui, c’est pareil. Je pense que cette vie-là l’a aidé à voir les choses différemment, et à ne pas rester coincé dans un seul modèle. Voilà la situation de Logan, et je suis content de ce qu’il construit. Ce qui lui importe, c’est vraiment de faire quelque chose qui lui plaît dans l’avenir, mais tout en étant conscient que pour faire ce qui lui plaît, il faut qu’il ait des revenus réguliers. Il fait donc les deux en parallèle.

Dimitri : Toujours un pied dans la réalité donc, un peu comme toi.

Patrice : Exactement. Il faut avoir un pied dans la réalité pour gagner des revenus réguliers, car créer un jeu vidéo, le promouvoir, ce n’est pas si simple. Surtout qu’il veut faire quelque chose d’assez complexe. Il a conscience de ça, et donc il partage son travail entre les deux. Il le fait sans se prendre trop la tête, mais toujours en étant très sérieux et régulier dans son boulot. Pour moi, ça va. Tu me parlais de Christine : le principal pour elle est le blog, et les réseaux sociaux Famille Nomade Digitale. Elle s’occupe de tout ce qui est communication, partenariat, réseaux sociaux et blog, qu’elle tient à bras-le-corps. C’est notre principal moyen de communication, car les réseaux sociaux, c’est bien beau, mais ce n’est pas complètement chez toi.

Dimitri : En effet, c’est important d’avoir un blog. Tout le monde le dit, mais tout le monde ne le fait pas. C’est important d’avoir une présence sur ta propre plateforme.

Patrice : Tout à fait.

Dimitri : On parlait de chiffres au début de l’entrevue. Tu me disais qu’il y avait pas mal d’aspirants entrepreneurs qui étaient passés par tes formations. Quels sont les principaux freins que tu détecte chez eux au départ ? Comment tu arrives à leur faire surmonter ces freins-là ?

Patrice : Souvent, quand on ne connaît pas encore la personne, le tout premier frein est de ne pas y croire. Il faut sortir de ses croyances limitantes, et se dire « Oui c’est possible, oui tu es capable, tu peux gagner de l’argent, oui, on va te payer pour ça ». C’est le premier frein. Là, on est un peu obligé d’utiliser des leviers émotionnels pour faire bouger les gens. On passe par le marketing, par la page de vente, tout ce que tu connais certainement un peu comme argument pour faire bouger les choses. Ce n’est pas toujours facile. Après, quand on connaît les gens et qu’ils deviennent des clients, c’est différent. Ça devient plus personnel, et c’est important pour nous que les personnes réussissent. Je te parlais un peu du principe des formations que j’ai mises en place : je crois que beaucoup vont prendre des formations sans les mener au bout, et ne pas passer ces freins, qui consistent à dire « Ça ne marche pas, c’est trop long », etc. Quand tu prends une formation, tu es enthousiaste, et puis après, il suffit que tu passes une semaine difficile pour oublier ta formation, et ne plus y croire. Ce que j’essaie donc de faire, c’est de mettre très rapidement l’élève dans le bain. Qu’il n’y ait pas des semaines et des semaines de théorie et d’exercices, qui risquent de lasser la personne, et l’empêcher de passer à la vraie action, celle où il va vraiment bosser et avoir de l’argent. C’est ce que j’essaye de faire pour passer ce frein de la procrastination, où on a juste une impulsion au départ, avant de retomber dans le quotidien. Passer le plus rapidement la partie théorique, en apprenant ce qui est réellement nécessaire, pour ensuite continuer et évoluer tout du long, au lieu de bosser pour rien. On commence petit, on commence à avoir les premiers revenus, et on ne peut pas reporter la réalisation de ses exercices, parce qu’on s’est lancé et qu’on est déjà face au client.

Dimitri : J’aime bien quand tu parles de l’image de l’apprenti. Finalement, c’est un peu ça, on n’a rien inventé. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de formations qui mettent autant l’accent sur le fait d’avoir ton premier client, d’être tout de suite en interaction avec lui, et la notion d’offre, de prix et rémunération.

Patrice : Le problème avec une formation normale de rédaction web, c’est qu’elle va t’apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur toutes les règles de français, avec des exercices à rendre pour passer à la leçon suivante, et plein de choses à faire. C’est laborieux, parce que tu te crois à l’école. À l’école, tu vas suivre des leçons sur des trucs qui sont théoriques. Mon idée est d’abord d’essayer de soigner ton français, avec une méthode pour pallier les principales fautes, ainsi qu’un correcteur orthographique. Bien sûr, il ne remplace pas tes connaissances en français, mais il va déjà t’aider à passer une partie des fautes communes. J’ai mis en place un système pour toutes les autres fautes qui sont généralement faites. Bref, on va passer toutes les étapes qui sont nécessaires pour savoir écrire, mais je ne vais pas leur demander de tout savoir sur la rédaction web avant de se lancer. Je ne vais pas leur imposer de maîtriser le SEO dès leur première commande. Au départ, pour une commande à 5 €, ça ne sera pas obligatoire. Je ne veux pas leur demander de connaître dès le début tout ce qui touche à l’analyse sémantique. Avoir le meilleur titre pour pouvoir se vendre plus cher, je vais aussi le leur apprendre après qu’ils se soient lancés. Je vais procéder dans l’ordre, je vais dire que le premier exercice est d’abord de se lancer. « Tu as appris à bien écrire, à éviter les fautes ; maintenant, tu vas commencer à te lancer, et après, je vais t’apprendre à augmenter et à devenir un meilleur rédacteur chaque semaine ». Le principe est là.

Dimitri : Justement, dans tes formations, au bout de combien de temps tu passes à l’action et tu fais tes premières commandes ?

Patrice : Celui qui s’y met peut se lancer au bout d’un mois.

Dimitri : Ça fait donc partie de la formation, et après, ça évolue au fur et à mesure ?

Patrice : C’est ça. Je dis à mes élèves : « Tu es obligé de faire ces deux premiers modules avant de te lancer, parce que tu ne peux pas travailler sans ces conditions, mais après, tu te lances ». Tout simplement. Il n’y a pas d’excuses. Tu vas te lancer : voilà comment tu vas faire, comment tu vas te lancer sur 5euros, présenter ton service, comment tu vas pouvoir te vendre, répondre à tes clients. En gros, l’exercice suivant sera de faire ses premières commandes, et pendant que tu les fais, tu vas évoluer.

Dimitri : Ça a l’air vraiment intéressant, ça me donne envie. Peut-être que je serais un de tes prochains cobayes, à l’occasion. Il me faudrait juste un peu plus de temps, donc si tu peux faire des miracles ou une formation sur la gestion du temps, je serais également intéressé.

Patrice : Le problème n’est plus la gestion du temps. Si tu es comme moi, il faudrait qu’il y ait 36 heures par jour. Ce n’est pas qu’on n’est pas efficace, c’est qu’on voudrait trop en faire.

Dimitri : Ça, c’est plutôt positif. Quand tu es comme ça, tu es rarement à court d’idées.

Patrice : C’est ça. Après, la gestion du temps, c’est surtout savoir quelles sont tes priorités dans la vie. Pour toi comme pour moi, qui sommes dans ce mouvement-là, le problème de la gestion du temps n’est pas le même que pour beaucoup, qui croient qu’ils n’ont pas le temps parce qu’ils n’ont pas géré leurs priorités. Je parlais dans une vidéo (une leçon de développement personnel) du problème des gens qui veulent se détendre devant les réseaux sociaux ou la télé, après une dure journée de travail. En réalité, ils s’emprisonnent de plus en plus chaque jour, en se disant : « Encore heureux que je peux faire ça, car les journées sont bien difficiles », mais ils rendent leurs futures journées de plus en plus difficiles. C’est un autre problème de gestion du temps, que rencontrent plus généralement les gens.

Dimitri : Ça va dans le sens de ce qu’on essaie d’expliquer avec le side hustle. Tu peux entreprendre, vivre des passions à côté de ton job, tu n’es pas obligé de tout plaquer pour lancer autre chose. Après, il n’y a pas de miracle. Pour lancer quelque chose, il va quand même falloir que tu prennes du temps qui est en dehors de ton temps de travail. Donc forcément, comme tu l’as dit tout à l’heure, on va aller puiser dans le temps un peu plus « inutile ». Pour autant, chacun a le droit de vivre et de se divertir. En 1 ou 2 heures par jour, il faut faire un choix et des concessions, mais tu peux lancer et tester une idée, sur 5euros ou ailleurs, et peut-être que ça pourra t’amener à de prochaines étapes.

Patrice : Je suis tout à fait d’accord avec cette approche et la manière dont tu la présentes. Je ne suis pas dans l’optique « tu laisses tout tomber, tu es libre, tu fais ce que tu veux de ta vie, vole petit oiseau, tu seras un aigle » … et tu t’écrases 2 semaines après, parce que tu as cru le gourou qui t’a annoncé ça, et que tu ne t’es pas préparé. Je suis vraiment dans l’idée que ton boulot est ta barrière de sécurité. Si tu n’as pas de boulot, tu n’as rien à perdre, tu peux foncer. Si tu as ton boulot, ta barrière de sécurité, tu la gardes. Tu as aussi autre chose : ton courage et ton envie de changer. Si tu n’as pas envie de changer, alors reste comme tu es, et fais ton boulot. Si tu as envie de changer, tu prends ton courage à deux mains, et tu fais en sorte de faire quelque chose qui va te plaire, te motiver. Il y a plein de choses pour trouver ce qui va te motiver, et t’attirer vers cette envie-là. Bref, l’idée est bien que tu conserves ton boulot, mais qu’à côté, tu consacres au moins une heure ou deux par jour à construire et préparer ton avenir, au lieu de regarder des choses qui vont te déprimer, comme le journal télévisé, ou bien regarder des vidéos de chats. C’est autre chose, ça a autrement plus de valeur, c’est autrement plus motivant de se dire qu’aujourd’hui, je sais faire ça, et que demain, je serai libre. Dans tant de mois, si je veux envoyer bouler mon patron, je peux. S’il ne reconnaît pas mon travail, je pourrais lui dire que je m’en vais. Je suis meilleur, je suis libre, je me construis. C’est quand même autre chose comme valeur, il faut le reconnaître. Même si on a le droit, comme tu dis, de se détendre. Mais en réalité, rien que le terme « se détendre » veut bien dire qu’on veut fuir quelque chose qu’on a vécu toute la journée. Fais donc plutôt en sorte d’arrêter ce quelque chose que tu as voulu fuir toute la journée, plutôt que d’avoir un calmant, un médicament à la fin de la journée, qui te permet d’oublier qu’elle a été impossible, et que celle de demain sera encore plus horrible.

Dimitri : J’ai parlé à beaucoup de gens, et ça me fait penser à une autre voie que j’ai découverte, qui est plutôt celle que je choisis aussi. Je discutais avec Jeanviet, qui a une chaîne YouTube, qui avait un blog avant, qui écrit des livres. Il n’a aucune envie de quitter son job, mais il développe beaucoup de choses à côté. Il a trouvé son équilibre comme ça, il adore son job, il ne le quitterait pour rien au monde. Et à côté, il développe des choses qui fonctionnent très bien aussi. On peut aussi trouver un équilibre comme ça. Il y a des personnes qui vont vouloir des divertissements, se détendre, etc. Certains ont leur passion : ça ne veut pas forcément dire que ça va tuer leur job, car certains ont aussi la chance d’avoir un métier qui leur plaît. Il y a donc vraiment plein de possibilités.

Patrice : Oui. C’est comme quand tu travailles dans une bonne équipe. Il y a des boulots créatifs qui sont géniaux. Je ne critique pas le salarié, car c’est bien aussi de ne pas avoir la pression de l’entrepreneur. On a peut-être envie de créer, de faire telle activité, d’aider les gens, on peut aimer son job, et ne pas avoir envie d’assumer tout ce qu’il y a derrière. Ce n’est pas fait pour tout le monde, et heureusement, d’être entrepreneur. Mais ce que j’estime devoir être une force primaire, primordiale pour tout le monde, c’est d’avoir le choix. C’est de pouvoir continuer de développer à côté quelque chose, pour que si demain ton job s’écroule, même si tu l’aimes, tu ne te retrouves pas en n’ayant compté que sur ça. Si demain, tu te découvres une nouvelle passion, tu ne vas pas te mettre à l’abri d’un avenir qui peut être brillant pour toi. Il faut pouvoir tout le temps évoluer et apprendre. Ça te rendra même meilleur dans ton job, plutôt que de rester dans ton quotidien, où tu fais toujours les choses de la même manière. Comme les profs dans les universités, qui apprennent toujours à développer dans un langage presque plus du tout utilisé de nos jours. Il faut toujours évoluer, s’enrichir. C’est comme faire du sport. Travailler son cerveau tout le temps, faire quelque chose qui nous gratifie, qui nous permet d’évoluer, pour moi ça devrait être comme manger et boire : obligatoire.

Dimitri : C’est clair, je suis tout à fait d’accord avec ça. Justement, un side hustle permet ça aussi. Que ce soit de la rédaction ou quoi que ce soit, ça te permet d’évoluer et de te former beaucoup plus vite que ce que tu pourrais avoir comme formation avec ton job. Cela étant, il n’y a pas qu’un unique son de cloche. Aujourd’hui, tu as un niveau de réalisation de plein de projets qui, je pense, ferait rêver beaucoup de gens. Quels sont tes prochains challenges, sur quel projet vous travaillez en ce moment ?

Patrice : Il y a pas mal de trucs sur le feu. Je travaille en ce moment sur une formation sur le copywriting. En même temps, je termine la formation officielle 5euros. Je travaille aussi sur un gros projet qui me tient à cœur. C’est un autre penchant, une autre manière de faire. Jusqu’à présent, j’étais surtout dans tout ce qui est formation professionnelle pour gagner de l’argent. J’ai quelque chose qui me tient vraiment à cœur : le développement personnel. J’ai sorti un livre là-dessus, qui s’appelle « 21 lois de l’esprit libre ». Tu disais à l’instant que tout le monde est différent, mais pour moi, ce qui est important, ce n’est pas de suivre le modèle, que ce soit le mien ou celui de n’importe qui. C’est de pouvoir être libre de tous tes choix. C’est qu’à aucun moment, tu ne sois prisonnier de la décision d’un autre, d’un événement, et que tu puisses avoir toutes les libertés possibles. On parle de liberté financière, géographique, etc. Beaucoup de gens y voient beaucoup d’argent, pensent que c’est limité à certains, ou à d’autres qui font semblant. Moi, j’estime que c’est possible pour tout le monde. Tu peux très bien être sédentaire, mais je vois une différence primordiale entre être sédentaire par choix, et par obligation. Si tu as envie d’être sédentaire, mais que demain il n’y a plus de boulot dans ta zone… Tu as beaucoup de gens qui n’ont pas de boulot dans la zone ou la ville où ils sont, mais qui, malgré tout, appartiennent à ce lieu. Ils ne sont plus sédentaires par choix, mais quelque part, parce qu’il est interdit, dans leur façon de penser, de sortir de ce lieu. Ce n’est qu’un exemple parmi les nombreuses libertés.

J’ai envie d’aider les gens, les débloquer, en leur disant : « Tu fais ce que tu veux ». Ce n’est pas une légende, un truc de gourou, de marketeux ou quoi que ce soit. Dès le moment où tu arrives à débloquer pas mal de verrous que tu t’imposes… Je suis trop vieux pour dire aux gens : « Tu fais ce que tu veux du jour au lendemain, et tu attends de t’écraser, moi je m’en fous, c’est pas mon problème ce qu’il t’arrive ». Ce que j’ai envie de dire aux gens, c’est que tu peux très bien être sage et fou à la fois. Tu peux tout à fait construire un projet de vie qui te semble énorme, et le construire de façon concrète, par étape, en créant une marche qui mène à chaque étape. Et avoir vraiment, de manière concrète, des moyens de repérer comment tu peux évoluer vers ce que tu veux faire. Chaque étape, chaque marche que tu vas franchir sera déjà un petit bonheur. Bien sûr, il y en a qui disent que si tu as décidé de gagner un million d’euros, tu gagneras un million. Oui, mais ce n’est pas forcément facile du jour au lendemain. Mais c’est vrai que si tu vises un million, tu peux être assez fin pour te dire que ce n’est pas ta seule raison de vivre. Non pas ce million, mais tout ce qui va t’y mener. Si, du moins, on parle d’argent, car ça peut être plein d’autres choses.

Tout ce qui va t’y mener, ça va être du bonheur que tu divises en étape. Et chaque étape, tu la divises encore, afin que ce soit accessible, que ce soit maintenant. Maintenant, la prochaine action que je vais réaliser va me mener vers cette première étape, vers ce que je veux devenir. Mon but est vraiment de travailler sur des méthodes de développement personnel qui soient concrètes. C’est bien d’être boosté, c’est bien d’avoir le mindset. Quand tu vois Tony Robbins qui te dit tu en es capable, c’est génial, mais il y a une part de réaliste en moi, qui me souffle : c’est bien qu’on te dise que tu en es capable, mais c’est bien aussi d’expliquer comment tu en es capable. Que tu puisses construire avec quelque chose de concret. Ce n’est pas évident pour tout le monde de pouvoir visualiser que tu as le choix. Pour moi, le gros projet, c’est ça : le développement personnel. J’aimerais plus développer ces idées-là de l’esprit libre, développer des solutions pour casser chaque frein. Et là aussi, c’est pareil : je veux le faire de façon évolutive, et mener l’air de rien les personnes vers leur projet de vie. C’est un peu plus long et plus complexe, c’est ce que je suis en train de développer actuellement.

Dimitri : Super intéressant. Ce projet de développement personnel porte sur le livre, actuellement disponible sur Amazon je crois, « 21 lois de l’esprit libre », c’est ça ?

Patrice : C’est ça. « 21 lois de l’esprit libre », c’est le concept. Ce sont pour moi les 21 lois de tout véritable esprit libre. Mais tout le monde n’a pas être un esprit libre : la liberté, c’est aussi de choisir de ne pas les suivre. Pour moi, un esprit libre, c’est quelqu’un qui a le choix de rester prisonnier s’il en a envie. Rien ne peut lui être imposé, car il va, au fur et à mesure, construire toutes ces libertés. Le livre, c’est le concept, et autour de ce concept, j’ai développé un challenge. On a commencé à faire quelques tests, auprès de quelques dizaines de personnes. Ça les a beaucoup aidé pour construire quelque chose qu’elles pensaient qu’il n’était pas possible de faire, qu’elles croyaient hors de portée. Ces gens étaient dans le flou, ça les a aidé à avoir une ligne qui les mène. C’est là-dessus que je suis en train de travailler, en plus de tout le reste.

Dimitri : En plus de tout ce que tu as sur le feu, et tes activités de rédacteur au quotidien, sélectionnées par tes soins. Toujours dans l’action donc.

Patrice : C’est ça, toujours dans l’action.

Dimitri : Patrice, quels seraient les trois conseils que tu donnerais à ceux qui nous écoutent pour devenir des esprits libres ?

Patrice : Devenir des esprits libres… Le problème, c’est que c’est un concept complet, difficile à expliquer juste comme ça, parce qu’on ne va pas me croire. Si je te dis « tu peux faire ce que tu veux », tu ne me crois pas, parce que ce n’est pas vrai. Il y a ce film avec Dupontel, où la femme lui explique qu’elle a laissé tomber la musique pour travailler dans les assurances. Dupontel lui dit : « Je ne comprends pas, la musique c’est génial, pourquoi vous avez laissé tomber, alors que vous étiez douée, pour travailler dans les assurances ? ». Elle lui répond qu’elle a raté un examen, et que dans la vie, on ne fait pas ce qu’on veut. Il lui répond que si, elle dit non, il répond encore si. Pour moi, ça résume le truc. Dans la vie, on fait ce qu’on veut, même si on ne le fait pas n’importe comment, ni du jour au lendemain. Ceux qui te disent que tu peux tout faire du jour au lendemain sont dangereux, parce que tu tombes de désillusion en désillusion, et tu ne te crois pas capable. Tu te dis : « Au bout du compte, ce n’était pas pour moi, car je me suis raté. Regarde, lui, il fait ce qu’il veut, il peut être nomade digital, voyager, être sous les cocotiers, etc. Moi, j’ai essayé, je me suis raté, ce n’est pas pour moi ». Le danger peut être là.

Du coup, si je te dis que tu peux faire ce que tu veux, soit je suis un escroc parce que tu vas penser que ce n’est pas possible et pas pour toi, soit je suis véritablement un escroc, parce que je vais t’affirmer que tu peux faire ce que tu veux du jour au lendemain. Ça, ce n’est pas vrai, parce que ça passe par pas mal de process pour évoluer, et pour pouvoir se construire. Pour moi, si tu veux être libre, c’est bien déjà de chercher des revenus en ligne. Là aussi, les gens sont pleins d’aprioris sur les revenus en ligne, alors qu’une étude montre que d’ici 2030, 1 milliard de personnes travailleront à distance. Tu sais qu’aujourd’hui par exemple, dans les règles de Facebook, on n’aime pas que tu dises que tu peux travailler depuis chez toi. Si tu vas dans les règles de Facebook, ils n’autorisent pas les publicités pour les produits qui vantent le travail depuis chez soi. Ce qui est fou, puisque c’est le cas d’une grande partie de leurs employés. Pour les gens, ce n’est pas vrai. Tu verras souvent des phrases du genre : « Si c’était possible, ça se saurait ». Alors que ça se sait. C’est fou, mais les gens ne veulent pas le voir, parce que ça ne fait pas partie de leurs croyances. Ce qu’on ne croit pas, on ne le voit pas.

Dimitri : Donc déjà, savoir que les revenus en ligne existent, et qu’ils sont tout à fait possibles.

Patrice : Il ne faut pas être naïf non plus. Tu citais tout à l’heure Olivier Roland, qui a tout à fait raison sur ce point. Ne pas être naïf et ne pas croire n’importe quoi, mais ne pas être non plus naïf en ne croyant pas. C’est une autre forme de naïveté de ne pas croire. Tu te mets en situation de te dire « je vais tout faire pour voir si c’est possible », et après, tu pourras juger, quand tu auras tout testé. Tu ne te mets pas en danger : je ne dis pas que tu vas investir du jour au lendemain des milliers d’euros dans un projet en n’y croyant pas, ou parce qu’on te l’a dit. Vérifie par toi-même, fais ce qu’il faut avec tes moyens, pour avancer chaque jour vers ce que tu veux faire. Je trouve que les revenus en ligne, quels que soient tes espoirs aujourd’hui, quel que soit ce que tu veux faire, c’est une grosse force, car ça te permet pas mal de libertés. Le side hustle, comme tu le dis, permet d’avoir des revenus supplémentaires, d’apprendre, demain de voyager si tu en as envie, de t’installer à la campagne, à la montagne, où tu veux. Tu le pourras, car tu auras développé ton business. Pour moi, c’est une des bases de l’esprit libre, même si elle ne s’aborde pas tout de suite. D’abord, il faut passer par tout ce qui est confiance en soi, croyances limitantes, casser certains repères, ne pas faire confiance à son propre cerveau. Une fois que c’est fait, la base, ensuite, est d’avoir des revenus en ligne.

Dimitri : Ça fait déjà pas mal de conseils : ne pas forcément toujours croire aux gourous, ne pas tout lâcher parce qu’un gourou le dit…

Patrice : Mais par contre, ne pas non plus te fermer à des réalités parce que, toi, tu es persuadé que c’est faux. Si tu es persuadé que c’est faux, tu verras tout ce qui te prouve que c’est faux. Alors que si tu essayes de faire l’avocat du diable et de te prouver le contraire, tu verras qu’il y a peut-être des choses, hors de ton concept actuel, qui vont vraiment pouvoir changer ta vie. Parce que tu vas ouvrir ton esprit, tu vas pouvoir te permettre de vivre ce que tu t’es empêché de vivre pendant tant d’années, parce que tu étais persuadé que c’était comme ça qu’il fallait faire.

Dimitri : Super intéressant Patrice. Je pense qu’on pourrait encore parler pendant des heures, je pourrais encore te poser plein de questions. Peut-être qu’on aura l’occasion de rediscuter ensemble. En tous cas, c’était avec un énorme plaisir que j’ai échangé avec toi sur ces sujets-là. Je te souhaite tout le meilleur pour la suite. On reste en contact, je vais suivre ton actualité avec plaisir.

Patrice : Eh bien, pareil. Je te remercie. Ça m’a fait très plaisir de partager ce moment, et j’espère que ça intéressera ceux qui vont écouter, qu’ils ne vont pas me trouver trop long [rires]. C’est toujours pareil, quand on est passionné, on a envie de partager, de dire des choses, et en même temps… C’est fou, parce que parfois, on veut tellement en dire, tellement partager… Maintenant, j’ai appris à ne pas rendre les choses trop belles, parce qu’après, on n’y croit plus. Ce dont j’ai envie, c’est que les gens commencent à toucher quelque chose. J’espère que ça va les aider à se dire : « Bon, je vais essayer, je vais faire ce que je me suis retenu de faire. Je vais avancer comme ça, même si mes parents m’ont dit que ce n’était pas pour moi, même si mes amis m’ont dit que ce n’était pas pour moi, je vais le faire, je vais avancer et tenter le truc ». Avec, encore une fois, les solutions en ligne, le side hustle, tout ce que nous apporte internet, tout est possible. Si on arrive à déclencher ne serait-ce que quelques-uns aujourd’hui, dans cette petite interview, déclencher quelques ambitions, quelques passions, et bien on aura réussi quelque chose.

LVSH 006 – Auteur, Blogueur, Youtubeur et salarié à temps plein - avec Jeanviet – Partie 2

Jeanviet YouTubeur Auteur et Blogueur

La voix du Side Hustle épisode 6

Dans ce nouvel épisode de la voix du side Hustle, nous retrouvons à nouveau Jeanviet, pour la deuxième partie de son interview. Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à écouter la premiere partie ici :

Partie 1 de l’interview : https://sidehustlefrance.com/jeanviet/

Jeanviet YouTubeur Auteur et Blogueur

Dans cette deuxième partie, Jeanviet nous parle de son organisation et nous explique comment il fait pour développer ses business à peu de frais, par des partenariat et des échanges de services entre entrepreneurs. Et on rentre plus en détails sur le sujet de l’édition de livre, de l’auto-édition et de son passage à l’édition traditionnelle, sur les tendances du marché et les différents formats de livre : ebook , livre papier et livre audio.

Et Jeanviet partage avec nous les recettes qui lui permettent d’avoir des succès d’audience à chacun de ses nouveaux projets.

Venez nous dire ce que vous avez pensé de cet interview dans les commentaires, et n’oubliez pas de vous abonner au podcast pour être averti de la sortie des nouveaux épisodes.

Les liens importants de cet épisode :

Partie 1 de l’interview : https://sidehustlefrance.com/jeanviet/

Retranscription complète :

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Intervieweur : Là, ce sont les conseils d’un expert de l’analytics. C’est là que c’est intéressant de connaître ton parcours, ton le job, et les compétences que tu y développes. Si tu passes sur YouTube, ce n’est pas par hasard, c’est que tu as analysé en termes de chiffre que ça valait le coup.

Interviewé : Oui, c’est monstrueux. Je n’arrive pas encore à voir le plein potentiel. Certes, ma thématique, la vulgarisation informatique, ne peut pas exploiter le plein potentiel de YouTube, mais c’est quand même mieux que ce que je fais sur mon blog, nettement mieux en termes d’audience, d’interactions. Surtout si tu arrives en plus à professionnaliser ton image. Ce que je fais reste relativement amateur, même si c’est travaillé. Si tu as des compétences en audiovisuel sur YouTube, si tu mets un peu d’humour, de divertissement… Si tu crées des petits mécanismes d’addiction auprès de ta communauté, qui vont « viraliser » ta vidéo parce qu’elle a un petit côté fun, tu peux exploser. Je pense à quelqu’un qui a pris un sujet un peu dur, qui est le marketing : Stan Leloup, de Marketing Mania. Tu le connais, je pense. Il a lui aussi un podcast, il a plus de 200 000 abonnés YouTube, sur un sujet hyper niché sur le marketing. Sa communauté est très engagée, c’est-à-dire que quand il publie une vidéo, elle fait au moins 100 000 vues. C’est vachement bien ce qu’il fait. D’ailleurs, on l’a interviewé pour mon nouveau livre Marketing Vidéo. Il a pigé qu’il fallait mettre des ingrédients dans ses vidéos qui ne soient pas chiants. Il a pigé que comme il était dans l’écosystème YouTube, il fallait parler aussi des You Tubeurs : il a fait une vidéo sur Tibo InShape et Squeezie, qu’il a rapprochée de ses analyses. Il fait des analyses psychologiques sur les ressorts du marketing. Il a complètement compris le truc quoi. Moi, j’ai encore des marges de progression sur ce media.  Ce n’est déjà pas mal ce que je fais, mais je sais que je n’ai pas atteint le plein potentiel.

Intervieweur : Quels sont tes chiffres clés sur YouTube ? Peut-on avoir quelques données, pour nous rendre compte ?

Interviewé : J’ai 25 000 abonnés, je crois que je fais plus de cinq millions de vues au total, sur deux ou trois ans. Ma chaîne YouTube existe depuis 10 ans, mais je n’en faisais rien : je publiais juste des screencasts, que j’intégrais dans mon blog quand je faisais un tuto écrit. À l’époque, quand j’ai repris le truc en main, j’avais dans les 500 abonnés. Je devais avoir 500 000 vues au total sur ma chaîne. Sur deux ans, ça a progressé d’à peu près deux millions de vues ; chaque année, je gagne à peu près 10 ou 12 000 abonnés, parce que j’ai compris que je devais développer YouTube, et qu’il fallait s’adresser à sa communauté. Je n’ai pas encore un bon engagement : quand je publie une vidéo, elle va faire 500 vues, malgré mes 25 000 abonnés. Ça signifie que les gens n’attendent pas forcément mon programme. J’ai une petite communauté d’aficionados qui sont là, qui attendent les vidéos. Mais comme je n’ai pas encore ce truc un peu divertissant, un programme encore un peu plus travaillé, je n’atteins pas encore mon plein potentiel. En revanche, comme je fais des contenus tutoriels qui sont, comme on dit, « evergreen », l’avantage, c’est qu’ils se référencent bien sur la plateforme. J’ai des vidéos, qui ont été publiées il y a six mois ou un an, qui vont dépasser les 200 000 vues. J’en ai deux en tête. J’ai recyclé les trucs qui ont bien marché sur mon blog par le passé. Les gens, finalement, ne changent pas les recherches : ce sont les mêmes, que ce soit pour les blogs ou sur YouTube. Sur YouTube, ils veulent voir les choses animées, en action. J’ai fait un tutoriel sur « Comment regarder des films gratuits sur internet ? » (avec des techniques légales) qui marche bien : il a plus de 300 000 vues. Parfois, je me fais basher, parce qu’on me dit : « C’est évident ce que tu dis ! ». Ce n’est pas grave. Je me fais un peu basher parce que je ne donne pas les techniques illégales. Il y a autre chose qui marche bien, qui était ma grande surprise, et qui va t’intéresser : la transcription de texte. J’ai fait un tuto là-dessus, il a deux ans, qui a fait plus de 100 000 vues. Je suis assez étonné du score, il plaît beaucoup. Ça aussi, c’est un des secrets de la plateforme YouTube : si tu fais des vidéos qualitatives, qui plaisent, si les gens restent longtemps sur ta vidéo, s’il y a un bon taux de rétention (c’est-à-dire que la vidéo est regardée plus de 50 % de sa durée totale), s’il y a des commentaires, des likes, des partages, tout ça est pris en compte par l’algorithme de YouTube. Comme YouTube veut que tu restes longtemps sur la plateforme, ils vont faire en sorte que cette vidéo-là apparaisse en tête de la recherche, mais également dans les vidéos suggérées. Plus de 70 % des vidéos vues sur YouTube viennent des suggestions de vidéos, la colonne sur la droite, qui se jouent automatiquement à la fin de la vidéo. Quand tu as un truc qui marche bien, YouTube a tendance à bien le promouvoir. Une telle vidéo marche super bien. J’ai même plein de prises de contact, sur mon mail, sur mon Facebook, par rapport à ça : « C’est super ! Grâce à ton truc, j’ai réussi à transcrire mes interviews de façon plus rapide ». C’est juste un petit hack de YouTube, qui fait des sous-titres automatiques : je montre comment les exporter, et comment les réécrire derrière, en enlevant les timecodes. C’est juste de l’optimisation, et c’est encore parti d’un besoin que j’avais. Quand je faisais mes interviews pour mon livre YouTubeur, comme toi en ce moment en mode podcast, j’avais le son ; j’ai rajouté une image, pour que ça ne soit pas rejeté par la plateforme (parce que tu n’as pas le droit d’uploader seulement des audios), et j’ai profité du fait que YouTube investisse beaucoup sur les sous-titres et la transcription automatique. Ce n’est pas parfait, parfois il y a pas mal d’erreurs. Mais ça te soulage un peu de temps parce que justement, quand j’ai des temps morts et que je veux corriger du texte, j’ai déjà peut-être 80 % des mots qui sont bien écrits. Donc, c’est vraiment pas mal.

Intervieweur : J’avais cherché et je suis tombé sur la vidéo : « Comment incruster des sous-titres dans une vidéo ? ». Ce n’est pas tout à fait la même chose, mais ça va me servir. C’est une des premières que j’ai vue quand j’ai cherché ton nom sur Google. Celle-là, je ne la connaissais pas, mais je vais aller creuser, si je peux améliorer mon process pour la retranscription… D’ailleurs, toi, tu as quelqu’un d’autre qui gère ta retranscription ?

Interviewé : Non, je fais tout tout seul. Enfin, c’est relatif, c’est-à-dire que je m’appuie, comme toi, sur les autres. Quand je ne connais pas un truc, mieux vaut faire confiance à un expert, à qui je pose des questions. Pour moi, ça peut être des You Tubeurs professionnels ou des marques. Pour Marketing Vidéo, j’ai sollicité des entreprises qui avaient une stratégie de visibilité sur Instagram, sur Facebook, etc. Je leur pose des questions, comme toi, je retranscris, et je vais plutôt m’inspirer de ce qu’ils me disent. Je ne les fais pas bosser directement, donc je n’ai pas à les rémunérer. Et le deal, c’est de mettre leur nom dans un ouvrage, de les mettre en avant. Les gens acceptent de donner du temps gratuitement quand c’est comme ça, c’est un échange de bons procédés. Sinon, je me fais quand même aider quand je fais mes livres, car désormais, j’ai une maison d’édition, donc pas mal de boulot de maquettage, d’editing. Je peux m’en rendre compte, car je suis passé par l’autoédition : quand on est en autoédition, il faut tout faire soi-même, la couverture, l’editing de l’E-pub, le format numérique, l’editing du livre papier, tu dois publier ça sur les plateformes, donc tu te concentres les plateformes qui marchent… Eyrolles fait tout le job, et met quelqu’un à disposition. J’ai même une relectrice professionnelle. On fait le projet à plusieurs, et ils sont intéressés plus que moi sur le pourcentage, donc c’est un peu normal. Pour revenir à la production de livres, que je le fasse en édition traditionnelle ou en autoédition, je fais appel à des relecteurs, parce que c’est super important pour moi d’avoir un feedback. De la même façon, je ne les rémunère pas, mais je vais leur offrir un bouquin, je vais essayer de les mettre en avant dans le livre, mettre en avant ce qu’ils font, si je le peux. Je fais une sélection des personnes que je trouve pertinentes par rapport à l’objet de mon livre.

Intervieweur : D’accord. Plus partenariat que de la sous-traitance pure donc.

Interviewé : Oui. Je préfère maîtriser, garder un grand contrôle de ce que je fais. J’ai lu juste une partie de La semaine de 4 heures. C’est bien Tim Ferriss qui dit qu’il faut déléguer à mort ?

Intervieweur : Oui, tout à fait.

Interviewé : Je ne suis pas dans cette optique-là, en tous cas dans mes projets personnels. Bien sûr, dans mon boulot, il faut déléguer. J’étais encore manager il y a deux ou trois mois. J’avais une équipe, et c’est donc plus efficace si tu mets les personnes efficientes. Mais sur ces trucs à côté (c’est mon avis personnel), je pense qu’il ne faut pas déléguer. Aujourd’hui, je me fais à peu près un SMIC de revenu. Je fais deux fois 400 € de revenu AdSense sur les blogs et YouTube, et 400 € avec mes revenus en autoédition ou vente de livres. Si demain, je dois rémunérer quelqu’un, je perds la moitié. Même quand je gagnais bien ma vie juste avec le blog, avec 4 000 € par mois, je préfère garder l’argent. Je n’ai pas trouvé, mais peut-être que je me trompe, que ça valait le coup de faire 1 200, au lieu de 3 000. Je n’en sais rien, je ne suis pas encore convaincu par ça. Je n’ai pas trouvé la bonne formule, mais je ne demande qu’à apprendre là-dessus.

Intervieweur : Je pense que c’est vraiment à chacun de trouver la formule. Si tu ne le sens pas… Il y a peut-être aussi un côté, tu l’as dit, de maîtriser…

Interviewé : C’est plus un truc par rapport à ma structure de coût. Comme je suis en micro entreprise, je n’ai pas envie d’avoir plus de lourdeurs, parce que ça prendrait du temps si j’avais une société et dépassais les seuils. Je suis dans une logique où il faut que j’optimise mes coûts, parce que dans le statut micro entreprise, tu ne peux pas déduire tes coûts, tes frais professionnels. Donc, tout ce que tu arrives à ne pas avoir comme coût, c’est vachement intéressant pour toi. C’est peut-être cette déformation-là qui fait que je n’ai pas pris la logique de dire : « Je vais payer les gens ». Ça vaudrait le coût si j’avais une structure de société, où je peux déduire des frais, mais ce n’est pas le cas.

Intervieweur : Tu ne peux pas déduire, non. Je fais pas mal appel à la sous-traitance. C’est souvent ce que je conseille, mais ça dépend vraiment des profils. Moi par exemple, je ne crée pas mon propre site. J’ai déjà du mal : je voudrais que les articles soient bien rédigés, optimisés au niveau du référencement, et finalement, je n’ai pas le temps de tout faire. Il faut vraiment trouver le bon modèle pour chacun. Pour toi, je réfléchis à la retranscription. J’ai fait un peu comme toi, je suis passé par un truc qui s’appelle dictation.io. J’ai dicté tout un épisode, ça me l’a transformé en texte brut, et je l’ai repris à la main, mais moi ça me prend encore trop de temps. J’ai tendance à essayer d’amener la petite communauté (qui est en train de grandir), avec qui j’interagis, à aller vers de la sous-traitance, par exemple via les microservices. Je parle beaucoup du site 5euros, parce que c’est comme ça que j’ai démarré. On en entend souvent du mal, j’essaie donc de montrer qu’il n’y a pas que le cliché des sous-traitants qui se bradent, etc. Il y a vraiment des gens bien qui démarrent, qui s’en servent comme plateforme de démarrage rapide.

Interviewé : Quand je carburais avec mon blog, et que je gagnais plus de 4 000 € par mois, je n’avais pas de mal à lâcher un peu d’argent. J’avais dû refaire le design de mon site, j’ai lâché, je crois, 900 € à une designeuse. Je n’avais pas de douleur à le faire, parce que j’avais de l’argent. Et aujourd’hui…

Intervieweur : Et puis, c’était un retour sur investissement.

Interviewé : Oui, c’est un retour sur investissement. Je me disais que mon blog était vraiment cheap. Clairement, comme toi, je me dis que ce n’est pas mon talent, je ne sais pas designer. Pour les couvertures de mes livres, c’est pareil, j’ai fait appel à un collègue chez Orange, qui est designer.

Intervieweur : C’est Nicolas… comment ?

Interviewé : Nicolas Aubert. Il n’est plus chez Orange maintenant, je crois qu’il est dans une start-up. C’était un mec très bon, qui était bien en vue sur tous les projets. Je bossais avec lui sur mes projets chez Orange, et je lui ai demandé comme ça : « ça te dirait… », et il m’a fait deux couvertures.

Intervieweur : C’est classe oui. J’aime beaucoup.

Interviewé : Il m’a fait des tarifs très attractifs à chaque fois. Je crois même que le premier, c’était un échange de bons procédés. Le troc, ça peut marcher aussi. Si des gens ont des compétences et que tu peux leur apporter une compétence, c’est un échange de temps.

Intervieweur : Oui, tout à fait.

Interviewé : Je l’avais aidé un peu sur du blogging, et en retour, il m’avait fait la couverture. Pour la vidéo de présentation de mon livre YouTubeur, pareil, je l’ai faite avec mon collègue vidéaste Max Maximus, qui m’a accompagné pour l’écriture du deuxième livre Marketing Vidéo. Il est venu chez Eyrolles avec son matériel, une réalisatrice, et il a fait un super truc, gracieusement. J’ai ensuite passé un peu de temps pour l’aider à monter son site internet. On essaie de trouver des choses comme ça. Je suis plutôt dans l’échange, j’essaye de trouver des moyens pour qu’on puisse se compenser.

Intervieweur : C’est un bon conseil pour ceux qui veulent se lancer : même si tu n’as pas d’argent, tu as des talents, tu as forcément du temps que tu peux échanger. Si vraiment tu n’as rien du tout, que tu ne peux pas investir 100 ou 300 € pour te lancer, à ce moment-là, tu trouves toujours un échange, un partenariat avec quelqu’un, qui peut t’aider à faire un site quand ce n’est pas ta compétence. C’est comme ça que j’ai fait. Je connais pas mal de rédacteurs qui rédigent des E-books ou des leads magnets pour des personnes qui savent faire des sites internet, et qui veulent lancer leurs produits. Il y a beaucoup d’échanges qui sont possibles comme ça, entre différentes compétences, et c’est un super moyen pour se lancer. C’est du temps que tu utilises, mais ça ne te coûte rien. C’est clair que je ne peux pas tout faire, donc je délègue beaucoup maintenant, de plus en plus. Pour en revenir à l’interview, ça fait plusieurs fois que tu parles des projets d’écriture et de tes livres. Comment tu fais pour te faire signer par Eyrolles ? Comment ça se passe le passage d’auteur autoédité à un auteur qui a un contrat ? Tu disais que tu as d’autres moyens maintenant pour pouvoir promouvoir ton contenu écrit, ça s’est passé comment pour toi ?

Interviewé : C’est pas mal de réseaux, mais ça s’est fait grâce à l’autoédition. Il y a une petite communauté d’auteurs autoédités sur Amazon, surtout des auteurs de romans. J’ai pas mal traîné avec ces gens-là, notamment quelqu’un qui s’appelle Jacques Vendroux, qui publie maintenant des romans édités par Robert Laffont. Ils sont deux en fait, il y a Jacques, et Jacqueline (Jacqueline est un pseudonyme, elle ne veut pas donner son vrai prénom). Je les avais rencontrés sur le salon du livre Amazon, où ils faisaient des séances de présentation sur « Comment fait-on pour s’autoéditer ? ». Jacqueline a écrit un livre sur « Comment grimper vers le top 100 pour être en top des classements sur Amazon ? ». Elle racontait l’expérience de son mari auteur, Jacques. C’est un binôme qui marche bien : elle est plus dans la relecture et la promotion, et lui dans l’écriture pure. C’est comme ça qu’ils arrivent à avoir un truc qui marche bien, ils ont fait plus de 10 000 ventes par an sur leurs livres. Je me suis donc beaucoup intéressé à l’autoédition. J’ai pris ces petits tips, et j’ai publié mon livre BlogBuster, qui s’est bien vendu. Dans cette sphère de l’autoédition, j’étais, à un moment donné, en contact avec la personne qui gère le site IDBOOX, Elizabeth Sutton. C’est un site internet qui permet à la fois de faire la promotion de l’édition de tous les ebooks du secteur, et en même temps, de mettre en avant des auteurs autoédités. Elizabeth écrivait à ce moment-là un livre qui s’appelle Publier un livre à l’ère numérique, édité chez Eyrolles. Elle avait vu que je traînais un peu dans cette sphère de l’autoédition. Elle m’a dit : « Ce serait bien que tu racontes ton expérience sous forme de témoignage dans ce livre, comment tu es passé du blog à l’autoédition ». J’avais fait un petit article invité sur son blog IDBOOX, puis il y a eu la soirée de lancement de son livre, où Eyrolles était présent. J’avais fait juste avant, en mode amateur, ce qu’on appelle un booktube, une chronique de son livre, que j’avais lu. Je l’avais aussi lu parce que j’y avais mon interview : j’étais tout fier d’avoir mon interview dans un livre publié chez Eyrolles.

Intervieweur : Tu m’étonnes !

Interviewé : C’était au labo de l’édition, à Paris. Ils passent donc ce petit booktube juste avant de faire une table ronde. Il y avait une centaine de personnes dans la salle, je vois que tout le monde dit : « C’est super ce format vidéo », etc. J’étais à côté d’un collègue auteur, je le regarde et lui dis : « Mais c’est moi en fait, regarde ! »

Intervieweur : [rires]

Interviewé : « Je n’ai pas la casquette, mais c’est moi ! ». « Ah oui, putain ! »

Intervieweur : [rires]

Interviewé : Il y avait une deuxième coauteure de ce livre-là, qui était également présente, et qui savait que je voulais me faire éditer. En voyant l’attrait de tout ça, elle m’a présenté ce soir-là à Dunod et à Eyrolles. Elle a bossé longtemps chez Hachette, elle connaît bien les sphères de l’édition. Je n’avais pas vraiment d’idée en tête. Je leur dis : « Vous avez vu ma petite vidéo ? ». J’ai essayé de surfer sur le truc : « Je pense que YouTube cartonne, il faut écrire un bouquin là-dessus. J’ai fait un livre sur le blogging, qui s’est bien vendu en autoédition, à 2 000 exemplaires. Est-ce que ça vous dirait qu’on fasse également sur ça YouTube ? ». Ils m’ont filé tous les deux leurs cartes de visite. J’ai rappelé Eyrolles, parce que j’avais plus de sensibilité sur cet éditeur, dont je lisais déjà les livres. J’ai beaucoup échangé avec l’éditeur, qui s’appelle Florian. Le fait que j’avais déjà une puissance, que j’avais réussi en autoédition, l’a convaincu quand on a parlé chiffre, taux de reversement, potentiels de vente, etc. Il s’est dit : « Ce truc-là, sur YouTube, ça peut faire peut-être 1 500 ou 2 000 ventes : faisons-le, tu as de l’expérience. » L’autoédition m’a permis de convaincre. Pour être édité, il faut sortir de ses sentiers battus, il ne faut pas rester chez soi. Il faut aller un peu dans les événements, il faut essayer de tourner autour des auteurs quand ils ont besoin d’interviews. Après, ça se fait naturellement si tu as un talent d’écriture : les maisons d’édition sont toujours à la recherche d’auteurs. Donc, ça s’est fait comme ça, le livre s’est fait et s’est bien vendu, au-delà des espérances : on a vendu 5 000 exemplaires au lieu des 1 000, avec 1 500 prévus au niveau du tirage. Il y a eu quatre retirages, une deuxième édition, donc c’est pas mal. À partir de ce moment où tu sais que ça marche, ils vont te refaire confiance naturellement. Quand tu signes un contrat d’édition, tu as une clause de préférence. Lorsqu’ils investissent dans un auteur, ils attendent qu’il fasse d’autres titres avec eux, sur la thématique principale du livre. On a réécrit ensuite un livre sur le marketing vidéo qui est sorti il n’y a pas longtemps, il y a deux ou trois mois.

Intervieweur : YouTubeur ?

Interviewé : YouTubeur, c’était le premier avec Eyrolles, le deuxième est Marketing Vidéo. YouTubeur t’apprend les clés pour créer un programme qui décolle sur YouTube, et monétiser un peu comme un micro-entrepreneur, comme je l’ai fait. Il y avait pas mal de témoignages de grands You Tubeurs dans le livre, pour donner un peu de concret. Pour Marketing Vidéo, on s’est dit qu’il y a aussi des entrepreneurs, des entreprises qui veulent avoir les codes de ces You Tubeurs, et qui ne vont pas seulement communiquer sur YouTube, mais également sur Facebook ou Instagram, où ils sont bien installés, bien présents. Là, j’ai eu besoin de me faire épauler par mon collègue Max Maximus. Il avait fait une interview sur mon livre, il m’a donné plein de conseils utiles sur le matériel, il a carrément fait la bande-annonce du livre en vidéo. Il était légitime sur le sujet, donc j’ai dit : « Est-ce que ça t’intéresse de t’associer avec moi ? ». On a partagé les royalties, et on a écrit ce livre à deux. Il a pu apporter la caution sur la création de vidéo professionnelle. Bref, pour écrire un livre dans une maison d’édition, c’est bien de d’abord tenter l’expérience de l’autoédition. Ça te permet d’avoir des bases solides de négociation par rapport au contrat, de montrer à l’éditeur que tu as une capacité de vendre. Avoir un blog ou une chaîne YouTube, c’est aussi très important. Souvent, les éditeurs vont aller voir les grosses communautés en ligne : même si tu n’as jamais écrit, ils savent que tu as un potentiel de vente. Les gros You Tubeurs, qui ont des programmes de vulgarisation sur l’histoire, les sciences etc., sont contactés. Il y a quatre ou cinq éditeurs qui viennent les voir en même temps.

Intervieweur : Justement, je m’intéresse beaucoup au monde de l’autoédition, et je vois pas mal de mouvement inverse aux États-Unis : de plus en plus d’auteurs édités de manière traditionnelle passent dans l’autoédition. Toi, tu as fait l’inverse. Pourquoi tu ne t’es pas dit : « Avec la communauté que j’ai, je continue dans l’autoédition » ? Qu’est-ce qui fait que tu as préféré partir dans cette voie - qui est très bien, ce n’est pas du tout une critique ! Et puis, félicitations, puisque ce n’est pas si simple. Tu nous as donné quelques secrets, mais encore faut-il avoir fait tout ce que tu as fait avant. Pourquoi ce choix, finalement, de l’édition traditionnelle, alors qu’on voit de plus en plus l’inverse se produire aux États-Unis ?

Interviewé : Moi, je défendais à mort l’autoédition, j’y croyais à fond. Ce qui se vend bien dans l’autoédition, c’est le livre numérique, et j’ai toujours eu espoir que ça décolle à des chiffres beaucoup plus élevés sur le marché français. Malheureusement, aujourd’hui, on est à peut-être 5 ou 6 % de livres numériques par rapport aux livres papier, le chiffre ne décolle pas. Aux USA, ce n’est pas du tout le cas. Quand je regardais de près les chiffres, on devait être à 25 % de livres numériques. Sur le livre numérique, ce qui marche bien, c’est d’avoir une logique de pricing très bas. Seuls les auteurs autoédités sont en capacité de faire ça, parce qu’ils sont tous seuls. Quand tu es en autoédition, tu as des reversements sur le livre numérique entre 50 et 60 %, alors que quand tu es en édition traditionnelle, sur le livre papier, c’est 10 %. Sur le numérique, je crois que le reversement démarre à 20 %. Tu peux négocier un peu plus, mais tu ne vas pas aller au-delà de 30 %, on va dire. Tu ne peux donc pas forcément faire des prix très accrocheurs, pour faire du volume. Je suis arrivé au constat que le livre papier, malgré tout, se vendait super bien en France. Sur le livre numérique, j’ai tout essayé, j’ai fait pas mal de ventes, mais je suis sur une thématique des livres pratiques, pas auteur de romans. Comme auteur de romans, tu peux t’en sortir en autoédition. Il y a plein d’exemples : je parlais des Vendroux, il y a aussi Aurélie Valognes, qui cartonne maintenant en édition traditionnelle. Elle a vendu plus de 30 000 livres numériques en autoédition. Si son livre était à 3 €, il faut imaginer qu’elle fait 1,5 € de royalties. Ça te fait 45 000 € à l’année, c’est confortable d’y arriver.

Intervieweur : C’est clair.

Interviewé : Je te parle là du top 10. Sur l’autoédition au format livre numérique, c’est surtout les auteurs de romans qui cartonnent. Ils ont raison de continuer dans cette voie. Quand tu fais des livres pratiques, les gens veulent plus l’objet physique. Je vends des livres papier via CreateSpace, une filiale d’Amazon. Ce sont des livres à la demande. Quand j’ai démarré mes ventes de livre BlogBuster, je devais avoir 2/3 de numérique et 1/3 de livre papier, et aujourd’hui, on est passé à 50/50. Via CreateSpace, les gens achètent pour moitié le livre papier, ce qui montre bien la tendance. Le livre papier cartonne en France. Les gens commandent bien sûr massivement sur Amazon, mais achètent également en magasin physique, à la Fnac, etc. Tu ne peux pas arriver à avoir ton livre à la Fnac en autoédition. C’est très compliqué, en tout cas, d’être distribué massivement. La maison d’édition va t’offrir son réseau de distribution auprès des Fnac. Ne serait-ce que psychologiquement, le fait d’être présent quand les gens se baladent à la Fnac ou dans les librairies, et voient ton livre, est énorme : même s’ils n’achètent pas de suite, s’ils achètent plus tard sur Amazon, ça te fait un relais de promotion que tu ne peux pas avoir autrement. Je l’ai bien perçu au niveau des volumes. J’arrive quand même à vendre un peu de livres numériques, mais avec ce livre publié chez Eyrolles, le rapport doit être de 20 % livres numériques pour 80 % de livres papier. J’arrive à vendre beaucoup de livres numériques, parce que j’ai imposé et négocié, dans le contrat, un livre numérique à moins de 5 € (4,99 €). Je voulais une sortie conjointe livre numérique/livre papier. En faisant ça, j’ai garanti un volume intéressant. Si les gens ont des livres numériques supérieurs à 10 €, et qu’en même temps, le livre papier est à 15 ou 20 €, psychologiquement, ils vont se dire  « Autant acheter le livre papier, c’est plus intéressant ». On a des chiffres de ventes de livres numériques qui sont moins intéressants, qui vont être inférieurs à 5 %. Le chiffre, en France, est de 5 ou 6 %. Par contre, j’ai pu explorer le livre audio avec le dernier, Marketing Vidéo. On a négocié de garder les droits audio avec mon collègue co-auteur, et on a fait produire le livre audio pour Audible Studios. Ça ne nous a rien coûté : on est allé dans le studio d’enregistrement, et on a posé notre voix. Ils ont même payé notre collègue, qui est comédienne voix-off, Mélanie, avec un petit cachet. On a même eu une avance plutôt correcte, car ils y croient à fond. Il y a peut-être un truc, sur le numérique : on parle de podcast, qui a le vent en poupe aux US, peut-être ça va être le cas du livre audio, je ne sais pas. Je pense qu’il y a un truc à tester aujourd’hui. Les grandes maisons d’édition traditionnelle n’y croient pas encore : tu n’as aucun problème pour leur dire « je garde les droits audio », ils ne vont pas s’en offusquer.

Intervieweur : D’accord.

Interviewé : En tout cas, Audible y croit à mort, donc il y a des trucs à tenter, en défricheur. J’avais les mêmes espoirs pour le livre numérique il y a quatre ou cinq ans, mais ça n’a pas décollé autant que je l’imaginais. C’est pour ça que l’édition traditionnelle est importante. J’espère qu’avec le livre audio, on va y arriver. En tout cas, je suis un gros lecteur de livre audio, donc j’y crois.

Intervieweur : Moi aussi. Tu parlais d’Audible : aux États-Unis, tu peux faire enregistrer ton livre audio par des professionnels, ça ne te coûte rien. Tu as un programme nommé ACX, qui gère ça pour toi. Aujourd’hui, en France, ce n’est pas encore disponible, malheureusement. Peut-être que ça va le devenir, si, comme tu dis, Audible y croit.

Interviewé : Pour la petite histoire, on avait essayé de le faire en direct. J’avais un contact sur Audible, qui m’a dit : « En fait, il faut avoir au moins deux titres pour pouvoir faire ça ». Tu n’es pas obligé de passer par un professionnel, même si c’est mieux, mais tu peux soumettre tes pistes audio à partir du moment où tu as deux ouvrages. Ils mettent un petit frein à l’entrée, et après (c’est de bonne guerre), ils tentent de récupérer les droits en disant : « Mais par contre, vous pouvez nous faire la cession de droits, et vous pourrez enregistrer dans notre studio ». Je trouve la formule de cession de droits intéressante, parce que tu n’as pas à payer les frais d’enregistrement au studio. On a passé quand même presque trois jours en studio. Si on avait dû payer ça à un studio professionnel, ce n’était pas donné. Vu le format émergent, peut-être qu’on va se planter sur le long terme et qu’eux vont gagner, mais pour l’instant, je pense que c’est la moindre prise de risque de faire la cession de droits audio.

Intervieweur : Tu as organisé ça comment, du coup, les trois jours ? Tu as dû prendre des congés ?

Interviewé : Oui, j’ai posé une RTT le matin, j’ai dû enregistrer quatre ou cinq heures, c’était un mercredi ou jeudi, il me semble. Comme mes collègues sont entrepreneurs, ils ont organisé leur agenda pour être présents pendant deux jours. On n’a pas fait l’enregistrement en même temps, mais je suis revenu pour corriger quelques petits trucs à un moment donné, et ils étaient présents tous les deux en studio. Mes deux collègues, Max et Mélanie. Deux ou trois mois avant, on a fait une session de casting pour être sûr qu’on soit capable de lire de façon fluide le livre audio. Mais sinon, ça va assez vite, c’est remarquable. L’enregistrement a dû être fait, je crois, début février, et le livre audio est sorti le 28 février, c’est un truc de dingue.

Intervieweur : D’accord. C’est donc le livre audio YouTubeur ?

Interviewé : Non, je l’ai fait pour Marketing Vidéo, qui est sorti le 28 février.

Intervieweur : Ok. Marketing Vidéo est ton dernier projet en date ?

Interviewé : Voilà, c’est le dernier livre, que j’ai co-écrit avec Max Maximus.

Intervieweur : D’accord. De toute façon, on mettra tous les liens dans la retranscription. On a parlé de ton blog, de tes livres, de ta chaîne YouTube. À chaque fois, ça a très bien fonctionné, on peut même dire que ça a été des succès. Quelle est ta recette ? Qu’est-ce qui fait qu’à chaque fois que tu t’es lancé dans un de ces projets-là, tu as eu des retombées, des retours, des résultats positifs ?

Interviewé : Mon approche, c’est de faire ça par passion, dans une logique d’apprentissage. C’est ça ma motivation : je ne cherche pas les résultats, ils arrivent par accident. En fait, tu testes des concepts, et à un moment donné, tu vois ce qui va générer de l’audience du revenu, tu vas trouver la bonne équation. Mais au départ, tu ne le fais pas dans cette optique-là. Quand tu trouves l’équation, avec quelques petites tendances qui commencent à émerger, dès que tu arrives à identifier un micro truc qui fonctionne, tu le généralises. En tout cas, dans ma démarche, je n’ai pas essayé de monétiser le truc. C’est arrivé par accident, et après, il faut créer l’entreprise. Maintenant, c’est bon, c’est fait, c’est en place, mais si seulement il y avait un peu moins de paperasse, ça serait plus confortable. Je sais qu’il y en a qui se freinent à cause de ça, qui se disent : « Non, je ne vais pas tenter ça, parce qu’imagine que j’ai un contrôle ». Mais après, ça passe tout seul. Une fois que tu as compris le micro truc, que tu arrives à généraliser, il ne faut pas avoir peur de se lancer, il faut y aller à fond et mettre les moyens.

Intervieweur : Oui. Si on suit ton exemple, tu dis « par accident », mais c’est quand même aussi beaucoup de passion, d’actions, d’analyses. Il faut avoir la capacité de se remettre en question ou de prendre du recul, ça ne relève pas tout à fait de l’accident. Un autre truc important dans ce que tu dis, c’est que tu as d’abord lancé des choses, tu ne t’es pas freiné par les aspects administratifs et toutes les contraintes. Puis, en effet, grâce à l’action et persistance, tu t’es dit : « Ah, il y a deux ou trois trucs qui marchent ». Et forcément, quand ça marche, c’est plus facile de se dire : « Bon allez, il faut bien que je fasse un peu d’administratif quand même ».

Interviewé : C’est un peu d’endurance aussi, oui, parce que je pense que finalement, les gens qui fonctionnent le font sur le long terme. Un projet de site web ou de chaîne YouTube va décoller seulement après six mois, il faut donc de la régularité et de l’endurance. Et à un moment donné, ça marche. Pourquoi les gens n’y arrivent pas ? C’est parce que, bien souvent, ils n’ont pas l’endurance. Moi, j’ai beaucoup d’endurance, c’était mon sport préféré à l’école et au collège, d’ailleurs, je continue à courir. Je pense que c’est un état d’esprit. Finalement, si tu arrives à rester longtemps, après, tu empoches le marché. Il y a beaucoup de gens qui testent, qui essaient et qui n’ont pas de résultat, qui se démotivent et qui arrêtent. Il ne faut jamais arrêter. J’avais discuté avec un collègue, qui avait lancé un blog il y a quelques années, et m’avait dit : « Ça marchait pas mal, et puis un jour, j’en ai eu marre et j’ai laissé tomber ». C’est con, parce qu’il avait l’historique. Je ne sais pas pourquoi certaines personnes ne veulent pas maintenir un truc, maintenir un peu de temps sur quelque chose, prendre le temps. C’est une erreur, parce qu’un jour, ils se sont tous crashés, et disent « j’arrête et tout ». Ils ont des positions assez catégoriques. C’est un travail sur le long terme à chaque fois. Ça ne peut pas marcher tout de suite, il faut être patient.

Intervieweur : Oui. Et puis, comme tu dis, quand tu as cette passion et cette endurance de produire du contenu, même si ça ne cartonne pas, tu as vu des choses apparaître par hasard. Si tu apportes du contenu de qualité, et qu’en plus tu t’éclates, tu auras quand même des résultats, même s’ils sont très faibles. Tu vois un signal, tu vois des choses, tu peux quand même analyser.

Interviewé : Oui. C’est vrai que les micros tendances, c’est vachement intéressant. Ce sont des petits succès, des petits trucs de motivation, qui demandent un peu d’esprit analytique. Si tu ne l’as pas, tu ne vas pas voir ces micros tendances émerger. Il faut ensuite réussir à industrialiser ça, toujours en gardant la passion. Car si tu n’as pas la passion, tu te démotives et tu arrêtes.

Interviewer : Aujourd’hui, quand on regarde tes réussites, tes différents projets, maintenant, quel est le challenge pour toi ? Quels sont les défis que tu te poses, tes objectifs ?

Interviewé : Je vais en mettre un peu plus sur la sphère professionnelle maintenant, parce que j’ai changé de job. J’étais full marketing digital, maintenant, je vais bosser en tant que chef de projet technique, dans le Sud de la France, toujours chez Orange. À Sophia-Antipolis, on construit les sites internet Orange, je vais être du côté technique. Le challenge va être de refaire ma vie là-bas, j’y déménage au premier juillet avec toute ma famille. J’avais mis aussi de côté le permis de conduire. Comme j’étais en région parisienne, je n’ai jamais passé le permis. J’avais fait de la conduite supervisée, mais le challenge, cette fois (des trucs très terre à terre !), c’est d’avoir le permis, parce que je vais en avoir besoin pour aller bosser. Là-bas, comme je suis dans un nouvel environnement technique, je me dis que c’est l’occasion d’un peu progresser sur le développement web, sur l’analyse de données. Je vais être entouré de développeurs. Je serai chef de projet technique sur des sujets en lien avec tout ce qui est analytics, A/B testing, des sujets qui me passionnent. Peut-être qu’à terme, dans trois ou quatre ans, je pourrai évoluer sur des postes plus en lien avec tout ce qui est data scientist, et essayer de monter en compétences là-dessus. Sur mes aventures à côté, je vais toujours continuer ma chaîne YouTube. J’ai dit à mon éditeur que je me mettais un peu en standby avant d’écrire un prochain livre, le temps que je fasse mon installation. Peut-être qu’à partir de septembre ou octobre, on va penser à un nouveau projet de livre. J’ai des idées sur des choses en lien avec le marketing digital, peut-être quelque chose d’un peu plus vulgarisé sur le sujet. Maintenant, j’ai un rôle de directeur d’ouvrage chez Eyrolles. On parlait des gens qui ont témoigné dans mes livres, ou qui m’ont aidé dans la relecture : je suis content, j’ai réussi à embarquer deux de ces personnes pour écrire des projets de livre assez sympas. Ça a été validé en comité éditorial, je vais donc les accompagner en tant que directeur d’ouvrage. Les rémunérations sont plutôt symboliques, elles ne sont pas délirantes, mais ça me fait plaisir d’avoir cette petite transmission, de pouvoir offrir quelque chose à quelqu’un qui m’a aidé. Sur mes aventures perso, je pense que je vais désormais plus offrir aux autres, comme les autres m’ont beaucoup offert, aller dans ce partage, profiter, partager un peu mon réseau à des gens qui en valent le coup.

Intervieweur : Génial ! C’est marrant de voir que finalement, tu as des challenges qui sont plutôt perso, et orientés vers ton job. C’est vraiment quelque chose que je trouve super intéressant, ça change des discours : « Je veux être Nomade digital, je vais tout plaquer grâce à mon blog ». Il y a une autre voie qui existe.

Interviewé : Moi je m’éclate en entreprise, dans les grosses structures comme Orange ! C’est génial tous les talents qu’on a, et cette opportunité de changer. On est dans une boîte où on peut changer tous les trois ou quatre ans de job, faire un truc totalement différent (toujours en lien avec le digital bien sûr), et apprendre, se renouveler. Moi, je trouve ça extraordinaire. Le défi le plus sympa, c’est aussi de passer de Paris au Sud de la France.

Intervieweur : Plein de challenges s’annoncent donc pour toi dans les prochains mois. Et bien, encore une fois, c’était vraiment avec un grand plaisir que je t’ai reçu dans la Voix du Side Hustle. Je suivrai tout ce que tu fais d’un œil attentif et très intéressé.

Interviewé : Moi aussi, merci Dimitri. Je vais suivre le podcast, j’ai hâte que tu crées un rendez-vous autour !

Intervieweur : Voilà, c’est mon prochain challenge : lancer ça et créer cette attente, faire comme toi. Je vais donc essayer de me servir de tes enseignements du jour.

Interviewé : Ça marche ! Merci Dimitri, bonne journée et bon montage alors.

Intervieweur : Merci beaucoup à toi Jean-Viet !

 

Les autres liens importants de cet épisode :

Partie 1 de l'interview : https://sidehustlefrance.com/jeanviet/

 

 

 

LVSH 005 – Auteur, Blogueur, Youtubeur et salarié à temps plein - avec Jeanviet

Jeanviet youtubeur, aute

La voix du Side Hustle épisode 5

Notre invité du jour est un side hustler multi-récidiviste jamais à court d’idée ou de projets. Avant de discuter avec lui, j’étais curieux de savoir comment il s’organise pour lancer autant de projets, et j’étais loin de me douter que Jeanviet, qui nous a fait le plaisir d’accepter cette interview, gère tout ça à côté de son emploi à temps plein

Jeanviet youtubeur auteur et blogueur

Auteur de plusieurs blogs dont Jeanviet.info et Blogbuster.fr, Jeanviet est aussi auteur de 4 livres, dont 2 en auto-édition et 2 en édition traditionnelle chez Eyrolles. Et maintenant, ses efforts portent principalement sur Youtube et sa chaine est devenue son side hustle le plus régulier et en constante croissance depuis 2017 avec plus de 10000 abonnés supplémentaires par an. 

Comment a-t-il réussi à lancer autant de projets, avec à chaque fois un succès d’audience, tout en gérant une vie de famille et un job à temps plein ? 

C’est ce que Jeanviet nous explique en toute transparence et en détails. Et le contenu qu’il a partagé pendant cette interview était tellement riche que j’ai décidé d’en faire deux épisodes.  

En écoutant cette interview : 

  • vous découvrirez comment Jeanviet s’organise pour écrire des livres, maintenir un blog et développer une chaine youtube en parallèle d’un emploi à temps plein 
  • comment il a réussi à passer de l’auto-édition à l’édition traditionnelle et à signer chez un éditeur de renom 
  • et tous ses secrets d’organisation pour continuer à produire autant de contenu et garder un équilibre avec sa vie de famille et sa carrière professionnelle 

Une première partie d’interview 100 % conseils et astuces utiles si vous voulez lancer un blog, publier un livre en auto-édition comme en édition traditionnelle, lancer une chaine youtube ou tout autre projet de Side Hustle à côté d’un job à temps plein.

Venez nous dire ce que vous avez pensé de cet interview dans les commentaires, et n’oubliez pas de vous abonner au podcast pour être averti de la sortie des nouveaux épisodes.

Découvrez les blogs de Jeanviet, ses livres et d’autres éléments cités dans cet épisode :

Livres :

La chaîne You Tube de Jeanviet : https://www.youtube.com/user/jeanviet

Le premier blog de Jeanviet : http://jeanviet.info/

Le blog de son livre blogbuster : https://blogbuster.fr/

Retranscription complète :

Read Full Transcript

Interviewé : Le side hustle est un sujet qui me parle bien. Je ne sais pas comment on dit en France… « job complémentaire » ? Je serai ravi d’échanger avec toi sur ce qui m’occupe en dehors de mon job salarié chez Orange, où je bosse la semaine. Ravi d’être avec toi aujourd’hui.

Intervieweur : C’est un grand plaisir. C’était justement une des questions que je me posais. J’ai vu que tu fais pas mal de choses, dont on va parler tout à l’heure, et je me demandais si tu étais toujours salarié, en plus de tout ce que tu crées à côté ?

Interviewé : Oui, toujours salarié. Je suis en contrat chez Orange depuis 2005, j’y suis chef de projet web. J’ai travaillé sur différents sites : le portail orange.fr, le site 118712.fr, mais aussi sur le moteur Orange. J’ai eu à chaque fois des fonctions en lien avec ce que je fais le weekend : comment tu fais connaître un service, l’acquisition d’audience, comment tu génères des revenus par rapport à ce service… On a la chance, chez Orange, d’avoir un grand portail web, qui a donc aussi son business model publicitaire. J’ai toujours gardé ce job, que finalement, j’aime bien. Ce que je fais à côté, les blogs, les vidéos, les livres, ça vient aussi enrichir mon travail. Ça me permet de sortir du cadre : dans une entreprise comme Orange, tu ne peux pas forcément communiquer sur certaines choses. Les deux sphères communiquent, la sphère pro et la sphère personnelle. Le moteur de tout ce que je fais, c’est la passion. Il n’y a pas de facteur temps, parce que ce sont 2 jobs qui me plaisent, et qui se marient bien entre eux.

Intervieweur : Pour moi, c’est vraiment le vrai profil de side hustler. On parlait de job complémentaire, ça peut être aussi une voie pour tester des idées d’entreprenariat, afin de complètement devenir entrepreneur. Pour autant, tu n’es pas forcé de quitter ton job : tu peux aimer ton job, et créer d’autres choses à côté. C’est tout l’intérêt de ma démarche, et c’est ce que j’essaie de partager avec ce podcast. Comment fais-tu, d’un point de vue du temps, pour gérer les deux ? Tu parlais du weekend, comment tu t’organises ?

Interviewé : La semaine, je me dédie à 100 % à mon travail. Je suis quand même dans une entreprise où on a pas mal de jours de congé. Dès que j’ai du temps libre, que ça soit le weekend ou les vacances, je vais un peu bosser sur mes projets personnels, donc j’essaye de m’organiser. Quand je me concentrais sur le blogging par exemple, j’essayais de faire un article ou un tutoriel de blog par semaine. Je suis plus orienté sur la vidéo depuis deux ou trois ans. J’ai gardé ce rythme où je publie une vidéo par semaine, avec un créneau fixe (tous les dimanches à 10 heures). En fait, je commence à réfléchir la semaine au sujet. Souvent, je prends des expériences qui viennent de ma vie quotidienne par rapport à une douleur, à un problème. La thématique de ma chaîne YouTube est la vulgarisation informatique. Ça peut être un problème que j’ai eu avec mon Smartphone, par rapport au fait que je n’ai plus d’espace de stockage : comment vais-je résoudre ce problème ? Je vais passer du temps pour moi, et je vais passer encore un peu plus de temps pour expliquer aux gens comment j’ai fait, parce que ce n’est pas toujours évident de rendre le truc simple. Je prends du temps sur mon temps personnel, mais je trouve ça bien, l’échange, quand je crée un programme. Bref, je m’organise. Le samedi, je vais tourner ma vidéo, je vais en faire le montage le samedi soir, et la publier le dimanche matin. Comme ça, je pourrai réagir s’il y a des commentaires, et ça me laisse tout le dimanche après-midi pour passer du temps avec ma famille. J’ai trouvé un équilibre de vie où les deux choses (mon job chez Orange, ma passion le weekend) ne viennent pas interférer avec ma vie de famille. Je pense avoir trouvé le truc. Je ne dis pas que c’est facile au départ de caler le bon rythme, mais maintenant, c’est bon. Grâce à ça, il se trouve que je gagne un petit peu d’argent, via la publicité. J’en gagnais avant sur les blogs, et j’ai toujours cette logique. Quand je produis du contenu, à côté de mon job, j’essaye de le rendre accessible sur différents formats : vidéo, parce que c’est un format qui est populaire aujourd’hui, article de blog, livre... Le livre, c’est sur un temps plus long. Sur une période de six mois, tu sais que tu vas devoir, chaque semaine, consacrer au moins 10 à 15 heures à l’écriture de ton ouvrage, si tu veux aller au bout de ton projet.

Intervieweur : C’est super intéressant. En termes d’organisation, ça me donne pas mal d’idées : je pense que le fait que tu te fixes des créneaux t’oblige à produire et à ne pas procrastiner. Tu sais que de tel créneau à tel créneau, tu vas faire cette partie du contenu. Je t’ai connu par Nicolas Daudin, que j’ai interviewé dans ce podcast, et qui m’avait justement parlé de ton profil, où tu as été salarié, tout en réalisant d’autres projets. Je me suis rendu compte que je ne te connaissais ni comme You Tubeur ni comme bloggeur, mais finalement par Amazon. Tu as déjà parlé de pas mal de différents projets. Est-ce que tu peux nous présenter ton parcours ? Les différents projets que tu as eus, ou que tu as encore ? Que deviennent le blog et les livres, en plus de ta chaîne You Tube ?

Interviewé : Au départ, j’ai fait un CV en ligne en 2006, sur ce qui est ensuite devenu mon blog : jeanviet.info. J’ai fait ce CV en ligne car j’étais en CDD chez Orange, donc je n’étais pas sûr de pouvoir rester. Je démarrais, j’avais 22 ou 24 ans, un truc comme ça. À l’époque, comme je travaillais sur le web, je me suis dit qu’il fallait que je m’exerce. Je monte donc un petit site internet, je me forme en autodidacte en HTML, CSS et PHP, puis sur Wordpress. Au départ, je n’ai pas du tout en tête de créer un blog. Je le vois comme une forme de visibilité en ligne, c’est plus une vitrine pour mes entretiens, si jamais je ne reste pas chez Orange. J’ai donc installé Wordpress, et développé le blog un peu par accident. J’ai tâtonné, car je ne savais pas trop ce que je voulais faire en termes de contenu. Je savais que ce serait sur l’informatique, et j’ai essayé de trouver le format qui allait fonctionner. Je faisais des petites brèves. Le blogging était assez populaire en 2006, mais mon blog ne décollait pas encore. À un moment donné, j’ai compris ce qui allait intéresser les gens : le format tutoriel, sur des besoins qui sont mal renseignés, mal détaillés, introuvables sur des sites établis. J’ai le souvenir, fin 2006, de deux tutos qui ont bien fonctionné, des tutos textes avec des images. J’avais un tuto qui expliquait comment regarder les séries ABC aux États-Unis, en changeant tout simplement son adresse IP pour une IP américaine ; et un autre qui était sur la conversion vidéo, avec un logiciel qui s’appelait « Super ». Beaucoup de gens téléchargeaient des vidéos et n’arrivaient pas à les lire. Je ne sais pas si VLC existait, en tous cas, c’était mal foutu. Les gens voulaient ensuite regarder ça sur leurs lecteurs DVD, donc j’avais fait un tuto là-dessus. Le truc a décollé quand les gens ont continué à poser des questions dans les commentaires : c’est là qu’est vraiment née la communauté, et que j’ai vu finalement le blog comme un outil qui pouvait fédérer une communauté en ligne. Je pouvais répondre à des questions sur ma thématique de prédilection, sortir un peu des sentiers battus. Cette interaction avec la communauté m’a vraiment plu, j’ai donc développé ce type de page, et optimisé le référencement naturel. J’ai eu une période un peu clé, toujours en lien avec mon activité professionnelle. Chez Orange, nous avions un portail internet très suivi, mais les gens arrivaient de façon naturelle, parce qu’ils étaient abonnés au fournisseur d’accès internet Orange (anciennement Wanadoo), et atterrissaient sur la page d’accueil. Il n’y avait donc pratiquement rien à faire. Mais on a vu émerger à ce moment-là Google, qui devenait un mastodonte. Il faut se rappeler qu’il y a peut-être 15 ou 20 ans, Wanadoo était devant Google en audience, en France. Nous étions assis sur notre rente : on a vu que les gens allaient de plus en plus sur Google, qu’il fallait finalement proposer son contenu sur Google. Dans ce cadre professionnel, nous avons eu une formation en 2007 de WebRankInfo, par Olivier Duffez : le vrai expert, la communauté en ligne qui fait référence sur le sujet. Pendant la formation, j’étais vraiment passionné de voir les petits tips qu’ils ont créés sur comment optimiser une balise title, qu’est-ce que font les gens comme recherche… C’est ce que j’avais fait un petit peu : comment drainer du trafic, mais sans trop me poser la question, juste avec du bon sens. Je partageais mes conseils, et j’ai vu comment je pouvais encore optimiser le truc. Mon job chez Orange était en lien avec les analytics : j’étais une sorte de chef de projet analytics, où je gérais les plans de taggage des services Orange. J’avais donc une vue sur toutes les statistiques, je voyais ce qui fonctionnait. En faisant ça, je me suis dit : « Si je veux développer mon blog, il faut à la fois que j’optimise le SEO, que je regarde les stats, et que je fasse du contenu qui plaise aux gens qui sont sur Google ». Grâce à la formation, j’ai pu mettre ça en pratique. Ensuite, je me suis dit : « j’ai de l’audience, testons la publicité ». J’ai mis de la pub AdSense, et ça a été assez progressif en termes de revenu. Je faisais tout ça par passion au départ. J’ai testé des trucs en me disant : « J’y passe pas mal de temps, essayons de voir si ça peut me rapporter un peu d’argent ». Mais à chaque fois, l’argent n’était pas l’optique de départ. Le point de départ, c’était de me former, de mettre en pratique des connaissances sur le web. Le blog est un bon format, je partage en même temps ma passion. Avec l’audience qui croît sur mon site, grâce au SEO, je teste AdSense, des bannières contextualisées, des bannières textes, visuelles, etc. Au départ, je gagnais, je ne sais pas, une cinquantaine ou une centaine d’euros par mois, et chaque mois, ça progressait d’un palier. Je crois qu’en septembre 2008 (donc ça fait loin : plus de 11 ans), je devais être à quelque chose comme à peu près 900 € par mois, et à chaque fois ça gravissait un palier : 1200 le mois suivant, etc. En voyant les revenus, j’ai un peu peur. Je me dis : « Tiens, je gagne de l’argent, et si jamais l’impôt me chope ? ». À ce moment-là, je crée une micro-entreprise, encore une fois par accident. Mon histoire, c’est un peu ça : je tâtonne sur des trucs, et les choses arrivent sans que je les provoque. Je pense que c’est un bon conseil : quand on fait un projet de web entrepreneurial, il faut le faire par passion, et non pas aller chercher des revenus. Les choses arrivent naturellement. Comme on est passionné, on arrive à fédérer une communauté, un public, et après, on tente des trucs pour monétiser. On ne sait pas si ça va marcher ; moi, en l’occurrence, ça a marché. J’ai donc créé la micro-entreprise, l’audience et la monétisation se sont bien développées. De 2009 à 2011, je gagnais 50 000 € de revenu AdSense par an, sans forcément le chercher. À l’époque, je me disais juste « touche tes revenus ». Je sais qu’il y avait des classements de blogs, les gens se mettaient en avant, etc. Chez moi, l’audience venait parce qu’ils avaient un problème, je répondais à la question, et la pub, qui était contextuelle, matchait bien avec les requêtes. Si je faisais un tuto sur un logiciel de conversion vidéo, tu avais le logiciel de conversion vidéo payant à côté, qui se positionnait dans la publicité. J’avais bien mis en place la pub très haut ; la recherche précédente était « comment convertir une vidéo sur Google », donc c’était…

Intervieweur : Il y a une logique, oui.

Interviewé : C’est le jackpot, les blogs marchent très bien. Et à un moment donné, tout est arrivé en même temps, pour détruire tout ce que j’avais mis en place. Voilà un truc à apprendre : il ne faut jamais lâcher son boulot à la va-vite. Heureusement que je suis toujours resté salarié chez Orange. Quand tu gagnes à peu près 4000 € de revenu par mois (même si c’est du brut, et qu’il faut payer les cotisations sociales qui sont de l’ordre de 25 %), le salaire était plus intéressant que celui que j’avais chez Orange. Donc tu te poses la question, tu te dis : « Est-ce que je n’ai pas intérêt à y aller à 100 % ? ». J’ai réfléchi : ce que je faisais chez Orange, être en interaction avec les gens, me plaisait. Je n’avais pas la solitude de l’entrepreneur qui est tout seul sur ses projets, je n’avais pas trop envie de lâcher mon métier. Est-ce que l’histoire m’a donné raison ou pas, je n’en sais rien. Peut-être qu’on pourrait se dire aujourd’hui : « Si tu t’étais mis à fond sur ton sujet, tu aurais pu développer un peu plus », de mon côté, je me dis que ça m’a donné raison. Bref, en 2011 commence à sortir le filtre Panda. Je ne sais pas si ton auditoire a connu ça…

Intervieweur : On a parlé de SEO, de référencement naturel pour ceux qui ne connaissent pas. On est en plein dans les différents algorithmes de Google. Panda a été un des algorithmes qui ont beaucoup bouleversé les techniques en place.

Interviewé : Voilà. L’audience de mon blog a été divisée par deux, comme plein de blogs high tech. Ceux qui ont le plus souffert, ce sont les comparateurs de prix, qui ont carrément perdu plus de 80 % de leur trafic. La leçon à en tirer, à l’époque, c’était de se dire : « Il ne faut jamais confier 100 % de son trafic à Google ». Mais je continuais à toucher des revenus conséquents. Je n’étais plus à 4 000 € par mois, mais à 2 000. Je me suis dit : « heureusement que j’ai mon job à côté ». J’ai eu en même temps un contrôle fiscal, fin 2012. Je reçois une lettre : « Avis de vérification de comptabilité : on va faire un contrôle sur vos trois dernières années ». Je regarde : 2009, 2010, 2011, c’est là où j’ai gagné le plus d’argent. Merde, pourquoi c’est arrivé maintenant, ce truc ? En fait, j’avais fait l’erreur de continuer à déclarer en micro-entreprise, mon statut de départ, et j’avais dépassé le seuil.

Intervieweur : Qui est plus important maintenant.

Interviewé : Il est à 70 000 € par an maintenant, ça fout la rage quand même. J’aurais dû me mettre au régime général, avec des cotisations un peu plus fortes à payer. Je n’ai pas fait ce qu’il fallait, j’ai donc été redressé. Ils ont même dit qu’au niveau de ma déclaration, du fait d’une loi votée en 2010, j’aurais dû déclarer les revenus aux douanes, parce qu’ils provenaient de Google Irlande. Même si je l’ai un peu mauvaise quand même, ça m’a remis un d’équerre : je le savais, il faut faire gaffe. Ça a quand même été un choc douloureux : j’ai dû rembourser plus de 17 000 € (que j’avais, heureusement), qu’il faut sortir d’un coup, parce que si tu ne les sors pas d’un coup, tu payes des pénalités.

Intervieweur : D’accord…

Interviewé : Ça a été le point déclencheur. C’est à moment-là que j’ai voulu diversifier avec You Tube et les livres. Je me suis dit : « Si on trouvait des choses qui, à côté de mon job, me permettent de diversifier un peu les choses, pour mieux prendre les chocs ». Le premier livre, BlogBuster, racontait cette histoire, cette aventure. Je l’ai publié en autoédition. Il racontait sans filtre mon aventure, de succès en échecs, avec la création d’un blog optimisé SEO, puis les revenus AdSense. C’est relatif quand je dis échec, parce que le blog me permet encore de gagner un peu d’argent, à peu près 400 € par mois, sur la base d’articles que j’ai écrit dans le passé. C’est sûr que si tu compares ça à la belle époque où je gagnais beaucoup plus... Quand j’ai publié le livre, la première problématique était « comment tu fais parler de ton livre » ? Bien sûr, tu peux en parler sur ton blog. J’ai donc créé un blog dédié, où j’ai abordé les thématiques du livre sous forme d’articles. J’ai par exemple un article qui a très bien marché sur BlogBuster.fr (le support du livre), où j’ai raconté un peu les coulisses de mon autre blog, qui est janviet.info, où j’ai fait toute mon audience et mes revenus. J’ai écrit un article « Comment déclarer ses revenus Google AdSense » : puisque j’avais eu la douleur avec les impôts, j’avais toutes les infos, et je pouvais avoir un ton vrai en disant « je me suis fait contrôler ». Les gens aiment bien quand tu es dans l’authenticité. Tu as plein de gens qui touchent des revenus AdSense et ne s’imaginent pas qu’il y a une création d’entreprise à faire, qu’il y a des revenus à déclarer aux douanes. Il y a eu dans les 400 partages, il a été relayé par des gros comptes d’influence sur Twitter, il est très bien positionné au SEO. Cet article a permis aussi de générer des ventes sur mon livre BlogBuster. Les gens arrivent sur l’article, j’y développe pas mal de choses, mais je leur dis : « Si vous voulez encore aller un cran plus loin, achetez le livre ». J’ai donc vu que les articles de blog étaient sympas pour faire de la conversion vers mes livres. Plus tard, en m’intéressant à l’autoédition et à l’édition en général, j’ai vu que les gens qui cartonnaient, en termes de vente de livres, montaient à plus de 10 000 exemplaires vendus. Avec BlogBuster (le livre), j’en étais à l’époque à 2 000, en autoédition.

Intervieweur : Ce qui est déjà énorme !

Interviewé : Quand j’ai sorti mon livre, c’était en 2014 ou 2015. La grosse communauté ne se faisait plus tellement sur les blogs, mais plutôt sur You Tube : c’était les fameux You Tubeurs. C’est là que je me suis dit : « ce que j’ai fait en blog, il faudra peut-être que je le fasse en vidéo ». Je ne fais pas les bonnes choses quand je publie mes vidéos sur You Tube : c’est de la capture d’écran, on ne me voit pas, il n’y a pas le côté humain, etc. Il faudrait peut-être que je pense à créer cette communauté, mais ça prend du temps. Peut-être qu’un jour, quand j’aurai une base d’abonnés suffisamment solide, je pourrai de temps en temps parler d’un de mes livres, mais ce n’était pas la finalité. Si je me dis « Prenons du temps », car il en faut pour créer une communauté, je dois le faire différemment. C’est donc comme ça que j’en suis arrivé à m’intéresser à You Tube. J’ai vu certains gros You Tubeurs qui faisaient plus de 100 000 exemplaires. Ils n’avaient pas de relais dans les médias avec leurs chaînes You Tube, mais ils avaient une base de plus d’un million d’abonnés. J’ai voulu faire pareil, c’est pour ça que je me suis mis à You Tube. Je ne sais pas si ça répond à ta question ?

Intervieweur : Si, c’est super intéressant. C’était l’une des questions que je me posais : pourquoi tu t’étais lancé sur You Tube, ça y répond. Il y a pas mal de choses qui m’interpellent dans ce que tu viens de dire. Il y a vraiment un côté qui me plaît, quand tu dis « j’ai pris le temps, heureusement que j’avais gardé mon travail », malgré toutes ces expériences et ce vécu. J’ai vraiment l’impression que ça donne la liberté de pouvoir t’investir, de te relancer sur You Tube depuis 2015. Quand tu te relances là-dedans, tu sais qu’il y a du travail de fond, que créer une communauté ne va pas arriver en claquant des doigts. Est-ce que c’est possible de faire ça quand tu n’as rien d’autre à côté ? C’est compliqué, je pense.

Interviewé : Oui, je le pense aussi. Au-delà de ça, il y a une espèce d’équilibre à avoir, et qui me plaît bien dans ma configuration. En gros, j’ai trois zones d’équilibre. J’ai mon travail chez Orange, j’ai mes activités à côté. Elles se concentrent beaucoup sur la vidéo en ce moment, mais parfois, c’est sur l’écriture des livres (j’ai publié deux livres chez Eyrolles, sur le sujet de la vidéo justement). Quand je suis focus sur un livre, ça me prend beaucoup de temps. Ensuite, j’ai ma vie de famille. Je suis content d’avoir ces trois équilibres-là. L’assise financière, c’est mon job chez Orange. Je sais qu’avec ça, j’ai des revenus qui tombent tous les mois, donc je ne me fais pas de souci. Je ne suis pas « déformé » par rapport à ma façon de raisonner : je ne ferai jamais des choses en ligne qui vont à l’encontre de mon éthique pour absolument générer de l’argent, je n’irai pas vendre une formation hors de prix à plus de 2 000 €. Je serai toujours dans la notion de partage, et j’essaierai de trouver des mécanismes d’échelle, où ce n’est pas trop douloureux de tirer un revenu. Je commencerai par la publicité et par des livres, et je me demanderai toujours : « Comment je fais pour rendre le truc accessible, pour le vendre pas cher », etc. Grâce à ça, je ne suis pas déformé, je suis assez équilibré. Dans mon job, jusqu’à présent ça va, mais de temps en temps, il y a des petits coups de mou. Je suis donc bien content d’avoir mon expérience à côté, où j’ai un peu plus de liberté sur les blogs, sur You Tube, où je peux plus me lâcher. S’il y a donc un petit peu de mou dans la sphère pro (ça peut arriver), je sais qu’à côté, ça va. En même temps, si mon blog ou ma chaîne You Tube ont un petit coup de mou, ce qui peut arriver également, je suis bien content d’avoir mon job à côté. Et quand les deux ne vont pas, j’ai ma petite vie de famille.

Intervieweur : Et quand les trois vont bien ? Ça peut arriver aussi, je suppose.

Interviewé : Quand les trois vont bien, c’est de l’organisation. J’essaie de concilier les trois choses en même temps. Je prends un exemple concret : ce matin, on échange. Tout à l’heure, je vais manger avec un collègue, qui est un journaliste web, Rémy Bigot. J’ai choisi le lieu exprès, à Vincennes, comme on est un jour férié, pour qu’après je puisse passer un peu de temps avec ma petite famille. Qu’on puisse se promener, faire un peu de bateau, un peu de barque là-bas… Tout ce que je fais, il faut que ça soit agréable pour moi, que ça soit agréable pour mes proches, j’essaye de concilier les deux ou trois choses en même temps.

Intervieweur : Oui, tu optimises. Ça me fait penser à ce que tu disais sur les tutos que tu fais. Tu fais des tutos sur des sujets qui t’interpellent ou qui t’intéressent, parce que tu as besoin de résoudre un problème. Derrière, tu passes un petit peu de temps, mais tu ne crées pas du contenu de A à Z, tu le crées par rapport à quelque chose que tu as solutionné pour toi, par rapport à tes intérêts.

Interviewé : Exactement. Et ça fait tout de suite moins fake, plus authentique. Tu sais que ça va marcher, parce que toi-même, tu as vu la douleur, à un moment donné où tu ne trouvais pas les choses. Tu sais qu’il va y avoir une discussion qui va en naître : puisque toi, tu t’es posé les questions, ça va intéresser une communauté.

Intervieweur : En plus de ça, tu ne doubles pas le temps, tu rajoutes une notion de partage à du temps que tu passes pour toi en fait.

Interviewé : Oui. Ce qu’on peut peut-être ajouter, c’est que je ne regarde pas la télé, je ne regarde pas les séries, l’optimisation est là aussi. Je considère que ma passion, c’est passer du temps à faire mes vidéos, à écrire des livres, ça prend beaucoup de temps. Je suis content d’être dans ce mode-là de créativité, de productivité, de production de contenu. Mais c’est vrai que quand je fais ça, forcément, je ne peux pas passer du temps à regarder des séries. Je sais qu’il y a des gens qui font ça le week-end, qui passent du temps à regarder des séries, qui sortent avec les amis, etc. Moi, je sors plutôt avec ma famille. Ce sont des choix, mais je ne le vis pas de façon douloureuse, parce que j’ai toujours fait ça depuis la fin de mes études. Je n’ai jamais perçu ça comme « ça fait chier, je ne peux pas passer du temps en soirée avec mes potes », parce que ce n’est pas mon truc. Je ne suis pas câblé comme ça.

Intervieweur : Tu parlais de passion, pour fournir tout ce contenu. Tu nous as parlé un peu de ton organisation, de ton rythme tous les weekends, mais comment fournir autant de contenus, mener tous ces projets-là ? Qu’est-ce qui fait que tous les weekends, Jeanviet, tu vas produire quelque chose de nouveau, tu ne vas pas avoir un weekend de mou ? Qu’est-ce qui te motive ? C’est quoi ton moteur au quotidien pour réussir à faire tout ça ?

Interviewé : À un moment donné, quand j’avais le blog et qu’il y avait des gros revenus, le rapport de force s’était inversé. Je perdais un peu le côté passion : comme il y avait vraiment des gros revenus en jeu, je me disais : « Qu’est-ce que je peux faire pour maintenir ce bon niveau d’audience et ces revenus ? ». Aujourd’hui, je suis reparti à zéro avec la chaîne You Tube. J’ai maintenant 25 000 abonnés, mais ce n’est pas non plus quelque chose de délirant par rapport à ceux qui sont installés, et qui peuvent bien en vivre. Je me suis fixé cette contrainte de publier une vidéo par semaine : qu’est-ce que ça implique ? Ça implique de tourner la vidéo, de prendre deux ou trois heures pour réfléchir à mon sujet, une heure de rédaction, puis quatre heures de montage (pour un bon montage). Je me suis dit qu’en le faisant, c’était une sorte de courbe d’expérience. Quand j’ai commencé, c’était un peu pourri, le son n’était pas bon, etc. J’ai eu des feedbacks d’internautes : c’était aussi un peu surjoué. Je m’en suis rendu compte, grâce à des gens qui m’ont fait la remarque : « Je te connais, qu’est-ce qui t’arrive, sois toi-même, arrête… ». J’ai voulu ne pas lâcher le fait que ça devienne une habitude, que tu fais toutes les semaines. Ça devient de l’expérience, ça t’apprend. En même temps, après, tu optimises ton temps, car comme tu as l’habitude, ça devient beaucoup plus efficace. Ce sont toujours les mêmes routines. J’ai donc toujours mis un point d’honneur à garder cette habitude, même quand je pars en vacances. Je fais différemment, j’adapte. Par exemple, j’étais en vacances pendant une semaine, la semaine dernière, dans le Sud. Qu’est-ce que j’ai fait ? Je n’avais pas tout mon matos lourd, mais j’avais quand même pris un petit stabilisateur. Je me suis dit : « On va aller marcher sur la plage et présenter des chaînes qui t’aident à progresser sur You Tube. Ça pourrait servir aux gens ». Ensuite, je faisais mon footing : je me suis demandé ce que je pourrais faire durant ce temps de footing. J’essaie toujours de lier mon activité du moment avec un contenu. On pourrait chercher quelque chose à écouter : pourquoi pas des podcasts, quand tu fais ton footing ? Je pense que c’est comme ça que j’y arrive en termes d’organisation. J’ai des déplacements professionnels également, je suis amené à prendre l’avion en ce moment, toutes les deux semaines, donc je passe pas mal de temps dans les transports. On parlait, avant d’enregistrer le podcast, du fait qu’il va être retranscrit. Pour le livre, j’avais fait des interviews, comme toi, et je retranscrivais justement sur les temps morts et les temps longs. C’est un peu chronophage, ce n’est pas super intellectuel de faire la retranscription, donc je profitais de ces temps morts. Je pense que j’arrive à le faire sans que ça me peine. Je me suis imposé le rythme pour que ça devienne une sorte de compétence, que je sois plus efficace. En plus, sur You Tube, c’est vachement important d’avoir ce rythme, parce qu’en gros, ta communauté attend que tu publies quelque chose de façon régulière. Il faut trouver le bon curseur pour ne pas être dans le burn out. Tu as des You Tubeurs qui en vivent et font une vidéo tous les deux jours, ou tous les jours. Je ne pourrais pas, c’est démesuré. Toutes les semaines, ça me paraît pas mal, parce que tu ne lâches pas le truc. Je pourrais encore optimiser en essayant d’en tourner deux en même temps la semaine, pour me relâcher la semaine suivante. Je n’ai pas encore fait ça. Je suis vraiment en mode production à chaque fois. Ce n’est pas fatigant, parce que ça me plaît. Mais c’est vrai qu’avec ce rythme imposé, parfois, tu te dis : « Il faut que la vidéo soit publiée dimanche, donc si je n’ai pas bien bossé, je vais devoir me coucher un peu plus tard le samedi ».

Intervieweur : Ok. Je me dis que ta communauté joue aussi un rôle important dans ta motivation, si tu es attendu. Comment fais-tu au début, lorsque tu es moins attendu, qu’il n’y a pas encore cette communauté-là ? Est-ce que c’était plus dur ? Comment tu t’imposais un rythme, alors qu’il n’y avait pas encore autant de monde en attente ?

Interviewé : J’y arrivais avec une autre motivation. J’avais un projet à côté : écrire un livre sur You Tube, You Tubeur. Quand j’avais fait BlogBuster, j’écrivais des articles. Ça aussi c’est pas mal, parce que quand tu écris un livre, tu n’as pas de feedbacks. Dans le cas de BlogBuster, il fallait que je teste des trucs sur les blogs, donc je faisais des articles de blog, et j’avais des petits feedbacks, qui me permettaient en même temps d’exposer mon travail. You Tube, c’est exposer ton travail, et en même temps apprendre. Je pense que c’est une autre motivation. Quand je redémarrais You Tube en mode « You Tubeur », il y avait le livre en tête, que je faisais à côté. Je me disais qu’il fallait que j’expérimente les choses. La motivation était le livre, à la fin. J’avais réussi à négocier d’être publié chez Eyrolles, un grand éditeur. Il fallait donc en même temps que j’apprenne. La motivation était là : à chaque fois que je publiais une vidéo, j’essayais de m’améliorer, et je me disais : « Ce que je fais là sert également pour la rédaction de mon livre ».

Intervieweur : D’accord.

Interviewé : La communauté n’était pas forte, mais j’avais en tête que si, sept mois après, il y avait le livre, tout ce que j’étais en train de faire avait un sens. En même temps, j’apprenais des tas de trucs par mes erreurs, comme par des choses que je faisais bien. La motivation était de progresser sur la courbe d’expérience, d’avoir cette régularité, et de suivre une semaine sur l’autre les analytics. Je regarde beaucoup les analytics, que ça soit sur You Tube ou sur les blogs. Voir un petit peu ce qui fait levier, ou pas, est toujours enrichissant. Tu n’as pas une grosse communauté au départ, mais tu as ton projet à la fin, et tu as l’apprentissage. Je pense donc que la bonne motivation, quand tu n’as pas de communauté, c’est de te dire : « Ce que je suis en train de faire, quoi qu’il arrive, me permet d’apprendre ». Car l’apprentissage passe par la pratique, il ne passe pas en lisant des tas de bouquins. Tu peux lire des bouquins, mais si tu ne mets pas en pratique à côté, ça ne va jamais entrer.

Intervieweur : Oui, ça c’est clair. C’est un des points qui revient souvent dans les interviews que je fais : le passage à l’action. Il y a vraiment beaucoup de choses qui m’intéressent dans tes propos. Le fait de te dire : « J’ai quand même un bouquin à faire à la fin », forcément, ça t’engage. Le livre va te permettre aussi d’apprendre et de faire tes expériences, tout ça est lié. Je suppose que ça fait un genre de mayonnaise dans ta motivation. C’est intéressant de voir que finalement, il n’y a pas que You Tube, il n’y a pas que le livre, il n’y a pas que la communauté : c’est vraiment un ensemble de choses, qui s’autoalimentent les unes les autres, et qui optimisent encore ton activité.

Interviewé : Le livre, pour prendre une image, c’est un peu la cathédrale. Il vaut mieux se dire : « Je suis en train de construire une cathédrale » que « je suis en train de tailler une pierre », ou quelque chose ça. Si tu rapproches l’ensemble, tu auras beaucoup plus de motivation à bâtir l’édifice.

Intervieweur : Tu disais que pour toi, le livre était un projet sur un temps long.

Interviewé : Oui.

Intervieweur : Comment ça se passe ? Pendant ce temps long où tu dois écrire, tu dois quand même faire les vidéos : comment gères-tu l’écriture ? Tu écris tous les jours, et tu fais tes vidéos le weekend. Comment ça s’est passé ? Parce que, on va en parler, tu as écrit quand même trois ou quatre livres ?

Interviewé : Oui, quatre.

Intervieweur : Comment gères-tu l’écriture, comment t’est venu ce goût ? Et comment inscris-tu ce temps long dans le reste de tes activités ?

Interviewé : Ça fait des semaines plus chargées, je le vois maintenant. C’est un sacrifice sur ma vie perso, au niveau de ma famille. Actuellement, je n’ai plus d’écriture de livre, je n’ai pas de projet, donc je suis content, je suis libéré. Il y a un peu de promos à faire, mais c’est plus agréable, c’est moins de boulot. On va dire que je mets le focus sur le livre. Comme je le disais, je pense qu’il faut 15 heures par semaine pour avancer sur l’écriture d’un livre. Ça se fait en cinq ou six mois. C’est vraiment beaucoup de travail : je ne compte pas mes heures, je ne fais pas d’arrêt, je vais y bosser samedi et dimanche. Comme j’ai quand même l’idée de garder mes vidéos à côté, ce que je fais, c’est que j’essaie d’avancer par petits bouts le soir, pour avoir quelque chose. Je vais garder malgré tout un petit temps le samedi soir pour faire le montage, mais je vais essayer de tourner des trucs, des idées la semaine. En ce moment, quand je rentre du boulot, je ne m’investis pas trop. Je me repose, je lis des histoires à mes enfants. Je m’occupe bien de la vie de famille quand je suis en mode écriture de livre. Je mets un peu de côté ce truc-là, pour pouvoir avancer sur les deux en parallèle. Mais c’est important de garder l’animation de la chaîne You Tube, parce que demain, c’est ce qui va me permettre, quand le livre va sortir, de faire l’annonce. Si tu fais l’erreur de dire : « Je mets de côté ma communauté, parce que j’écris un livre », quand tu reviens, les gars ne t’attendent plus. C’est un peu douloureux, donc il faut faire un compromis. J’avance aussi sur les vacances. Si j’ai pris un peu de retard, je me fais un planning, où je dis : « Voilà, il faut que j’avance au moins 15 heures ». Parfois, je n’ai pas le temps : comme j’ai voulu faire une vidéo un peu plus travaillée, j’ai mis un peu de côté le livre cette semaine-là. Je sais que quand je pars en vacances avec ma famille, je vais consacrer toute ma matinée à avancer sur le livre, environ quatre ou cinq heures par jour pendant une semaine de vacances.

Intervieweur : D’accord…

Interviewé : C’est un sacrifice sur ton temps perso, sur ta vie de famille – en tous cas, pour moi. Ça ne dure pas longtemps, quatre ou cinq mois, mais c’est un peu intensif, et quand le projet sort, il faut le mettre en avant, il faut le promouvoir. Si tu mets de côté ce que tu fais en ligne et que les gens ne te suivent plus, c’est fatal pour la promo d’un livre, qui est super importante. En général, aujourd’hui, les maisons d’édition choisissent des auteurs qui ont déjà des communautés. Si tu perds ta communauté, alors là, c’est double douleur. Tu auras passé du temps à écrire le livre, et il ne va même pas se vendre.

Intervieweur : Ok. Et à un moment donné, tu dois forcément faire les deux en même temps, parce que tu ne peux pas te dire : « Je vais écrire un livre » si tu y passes 15 minutes tous les matins.

Interviewé : Pour reprendre l’idée de faire les choses en parallèle, souvent, je vais quand même produire une vidéo qui sera en lien avec ce que je suis en train d’écrire dans le livre. C’était le cas pour YouTubeur, c’était le cas pour mes articles de blog, et pour mon livre sur le marketing vidéo. Par exemple, je m’intéressais à comment promouvoir mes vidéos sur les réseaux sociaux : sur ma chaîne You Tube, j’ai parlé de la manière de publier une vidéo sur Instagram, faire un format carré, etc. C’étaient des choses que je faisais également. Encore une fois, j’optimise au niveau de l’organisation. Je ne fais pas deux choses diamétralement opposées. J’impose un peu le sujet à ma communauté : « Tiens, j’écris ce type de livre, on va parler un petit peu de ce sujet-là ». Ce n’est pas con de le faire, pourquoi ? Parce que je leur file du gratuit, et quand le livre va sortir, et bien, je les aurais un peu préparés.

Intervieweur : Je pense qu’en plus, le fait que tu aies des sujets qui soient cohérents entre les différents médias, ça doit aussi parler à certaines personnes qui te suivent partout, qui lisent tes livres sur Amazon, qui vont encore voir ton blog, qui te suivent sur You Tube…

Interviewé : J’ai un peu mis en stand-by le blog quand même, parce que je n’ai pas autant de résultats que j’avais par le passé, donc j’ai fait un choix. Je considère que mes vidéos You Tube sont plus facilement référencées sur la plateforme You Tube et sur Google, et qu’il faut aussi optimiser ton temps. Quand tu sens à un moment donné qu’un truc ne marche moins bien, je suis en monde restez fort, sur mon blog. De temps en temps, j’en publie, et souvent, je le fais à partir d’une vidéo You Tube : je vais prendre le transcript, ça ne me demande pas trop d’efforts. Je le fais quand je me dis : « Je peux peut-être agréger deux ou trois vidéos ensemble ». C’est du recyclage de contenu : ça fait un sujet avec un titre un peu différent par rapport à la vidéo, c’est intéressant à faire.

Intervieweur : D’accord. C’est vrai que c’est dommage pour le blog, je me demandais si tu ne pouvais pas continuer à le booster ? Mais je me posais aussi la question : comment tu arrives à gérer tout ça, et as-tu une équipe derrière ? Si non, je me disais que tu pourrais peut-être monter une équipe ? Je sais que c’est ton blog, mais pour développer peut-être plus que des retranscripts, ne crois-tu pas que le blog vaille encore le coup ?

Interviewé : Aujourd’hui ?

Intervieweur : Oui.

Interviewé : Non. Par le passé, oui, c’était vachement rentable, parce qu’avant le filtre Panda, comme je te disais, c’était super simple de se positionner sur Google. On était au même niveau que des sites de média en ligne ou sur ma thématique, genre « Comment ça marche », « Journal du net », etc. Je publiais un contenu, j’arrivais au même niveau qu’eux. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Dans les algorithmes Google, il y a quand même une espèce de notion de marque : est-ce que ta marque est recherchée ? Google ne va pas te filer du trafic gratos, pour que tu le monétises avec AdSense. C’est devenu plus compliqué. Ce que j’arrivais à faire dans le blog, j’arrive à le faire aujourd’hui sur You Tube, parce qu’aujourd’hui les marques, justement, les purs players, ne sont pas bons sur leurs communications vidéo, n’ont pas ce ton authentique. Le blog, j’ai pu voir quand ça marchait, et quand ça marchait moins bien. Aujourd’hui, ça marche un petit peu, donc ça ne sert à rien d’investir trop de temps. En revanche, je vois bien que You Tube décolle, donc je m’y investis. J’ai reporté l’effort là où ça me semble être le plus rentable. Je ne suis pas encore dans les niveaux de revenu que je faisais par le passé, mais j’ai quand même cette notion de communauté que je n’avais pas sur le blog, ce rendez-vous qui me permet de vendre des bouquins. En termes de revenu AdSense, je suis avec You Tube à un peu plus de 400 €, donc ça a légèrement dépassé ce que je fais maintenant avec les blogs. Je me dis donc qu’aujourd’hui, il vaut mieux mettre l’effort là. C’est le format de l’avenir : quand tu réfléchis bien, les gens ont des Smartphones, ils ont des applis installées, alors si ce n’est pas Facebook ou Instagram, c’est You Tube. Ce sont ces trois applis phares qui vont être consultées. Il y aura de moins en moins de browsing, de recherches. En tout cas, moi, je l’ai vu très nettement. Ce que tu fais là par exemple, c’est une bonne démarche. Le podcast, c’est ancien, mais c’est en train de décoller. Il y a toujours une notion de premier arrivant : j’ai été le pionnier sur la plateforme à un moment donné, j’ai réussi à m’inscrire avec les autres, et il y a une prime au premier entrant dans les nouveaux formats. C’est ce qu’on voit aujourd’hui : les You Tubeurs qui explosent sont là depuis cinq ans. Le podcast est en train d’émerger, un peu en mode podcast d’entrepreneur aux US, qui cartonnent : peut-être que dans deux ans, comme tu seras dans les premiers entrants, ça va cartonner.