LVSH 011 – Reconversion professionnelle et side project avec Charlotte Appietto

reconversion professionnelle avec Charlotte Appietto

La voix du Side Hustle épisode 11

Notre invitée du jour est une passionnée et une experte de la reconversion professionnelle, de la création de Side business et du développement personnel. 

reconversion professionnelle avec Charlotte Appietto

Charlotte Appietto est coach, formatrice, championne d’organisation personnelle et fondatrice du site à succès Pose ta Dem’ qui inspire des dizaines de milliers de visiteurs et d’abonnés dans leur quête de sens, de reconversion et d’entreprenariat. J’ai découvert Charlotte Appietto et son travail par sa mini-formation Side Project sur sa newsletter que je vous recommande et que vous pouvez rejoindre sur son site www.posetadem.com

J’avais été bluffé par la qualité de ce mini-cours gratuit pour lancer un Side Project, et j’ai décidé de franchir le pas en suivant la formation complète. Résultat : j’ai réussi à lancer ce podcast en suivant pas à pas les conseils de Charlotte et de cette formation que je vous recommande aussi. 

J’avais envie d’en savoir plus sur les secrets d’organisation de Charlotte et sur les raisons du succès rapide de Pose ta Dem’. Vous allez comprendre en écoutant cet épisode que ce succès n’a rien au hasard, et j’ai eu plaisir à échanger en détails avec Charlotte qui nous donne de nombreuses clés et ses astuces pour organiser sa reconversion au quotidien et réussir rapidement à se rémunérer en lançant son business.

Tous les points abordés avec Charlotte : 

  • L’histoire de la création de Pose ta Dem’ et son articulation autour des axes média, communauté (apéros et en ligne), formation en ligne et coaching [01:28] à [06:56]
  • Le déclic et la raison du passage à l’action à l’origine de Pose ta Dem’ [06:56] à [09:28] 
  • Comment Charlotte a développé et mûri l’idée de Pose ta Dem’, sans risque, à côté de son emploi et d’activités complémentaires en tant que freelance et coach [09:28] à [13:29]
  • On parle du devenir de l’activité de coaching individuel de Charlotte et ses pistes pour continuer à répondre à cette demande de coaching qui augmente sans compromettre le développement de Pose ta Dem’ [13:29] à [18:25]
  • Charlotte nous explique les raisons de l’accélération de la hausse de trafic de son site depuis plusieurs mois et sa stratégie et son process pour augmenter la fréquence et la variété du contenu en y passant moins de 2 heures par semaine [18:25] à [24:48]
  • On parle de recrutement et de délégation, deux sujets essentiels pour franchir un cap. Charlotte partage son expérience et ses astuces pour choisir les bonnes personnes qui lui permettent de développer Pose ta Dem’ [26:14] à [29:48]
  • Pourquoi on ne recommence jamais de zéro quand on se lance dans une reconversion et comment on peut toujours trouver des moyens de transposer ses talents au bénéfice d’un nouveau projet [30:49] à [34:48]
  • Charlotte explique les règles qu’elle applique pour animer sa communauté, en particulier son groupe Facebook, et comment elle réussit à gérer les dérives comme l’auto-promotion pour garantir que les échanges restent de qualité et orientés vers l’entraide [35:22] à [41:28]
  • Comment contacter efficacement des influenceurs ou des partenaires pour développer son réseau et pourquoi l’approche et le moyen de communication est important pour avoir une réponse [42:05] à [46:25]
  • Réflexion sur l’approche à adopter pour vendre une formation ou un produit par email sans être trop agressif et s’interroger sur le modèle de marketing avec lequel on est aligné [46:51] à [52:04]
  • Comment Charlotte envisage sa stratégie de prix et comment elle conseille de réfléchir au sujet en restant disponible à 3 types de clients et de portefeuilles [53:23] à [56:20] 
  • Charlotte me coache : comment oser facturer une prestation premium et comment valoriser sa prestation au vrai niveau de valeur qu’elle représente [56:20] à [01:00:51] 
  • Pourquoi il est primordial de commencer tout de suite à tester son idée avec des clients tests et cobayes, et ajuster la valeur au fur et à mesure pour déterminer le “bon” prix de sa prestation [01:00:51] à [01:01:58] 
  • Tous les secrets et le système d’organisation de Charlotte pour réussir à garder le cap et gérer ses différentes activités et sollicitations [01:02:05] à [01:06:59] 
  • Comment combattre la procrastination et hacker sa discipline pour avancer dans ses projets. De l’utilité du coaching, des engagements publics, des défis et des masterminds [01:06:59] à [01:16:26] 
  • Les principaux freins des apprentis-entrepreneurs et comment réussir à dépasser ces limites et ces obstacles. Comment dépasser en particulier la peur financière pour se lancer dans une reconversion professionnelle [01:16:26] à [01:23:36]
  • Comment notre rapport psychologique à l’argent peut avoir des conséquences énormes sur nos débuts dans l’entreprenariat et conditionner notre réussite et notre capacité à nous rémunérer rapidement avec une nouvelle activité [01:23:36] à [01:26:03]
  • Les 3 principaux conseils de Charlotte pour passer à l’action et accélérer sa reconversion et les résultats de ses projets d’entreprenariat [01:26:03] à [01:30:18]

Venez nous dire ce que vous avez pensé de cet interview dans les commentaires, et n’oubliez pas de vous abonner au podcast pour être averti de la sortie des nouveaux épisodes.

Les liens importants de cet épisode :

Le site internet Pose ta Demhttps://posetadem.com

Pose ta Dem’ – Le groupe privé sur Facebook :

https://www.facebook.com/groups/201373813797988/

La formation Side Project : https://posetadem.teachable.com/p/side-project

LVSH 003 – Reconversion Passion : de Contrôleuse de Gestion à DJ Professionnelle avec Cecile CDG

La voix du Side Hustle épisode 3

Si vous avez un projet passion, des envies de reconversion et que vous n’osez pas franchir le pas, alors je crois que vous devriez écouter le témoignage de Cécile. Une maîtrise de logistique, 20 ans de salariat, un poste en contrôle de gestion. On ne peut pas vraiment dire que Cécile avait le parcours d’un artiste. Et pourtant ! 

A 40 ans et mère de famille, Cécile est salariée d’un grand groupe. Mais le nouveau rôle qui lui tient le plus à cœur : c’est celui de DJ, son nouveau métier passion qu’elle commence dès le jeudi soir, et qui prend de plus en plus de place dans sa vie. De l’administration au métier de DJ ! Cécile, alias Cecile CDG quand elle est aux platines, partage avec nous dans cet épisode toutes les étapes qui lui ont permis de croire en son rêve et d’amorcer cette reconversion pour exercer le métier de DJ professionnel. 

Un entretien plein de motivation, d’inspiration et d’espoir pour tous ceux qui rêvent un jour de changer complètement de voie pour vivre de leur passion. 

Retrouvez toutes les dates, les mix et les actualités de Cécile sur ses différents réseaux sociaux :

Pour écouter certains mix de Cécile, direction SoundCloud : https://soundcloud.com/cecilecdg

Venez nous dire ce que vous avez pensé de cet interview dans les commentaires, et n’oubliez pas de vous abonner au podcast pour être averti de la sortie des nouveaux épisodes.

Read Full Transcript

Cécile : Je vais fêter mes 20 ans de salariat cette année, dont 17 dans un grand groupe. J’ai toujours fait ce que j’ai voulu, toujours choisi mes études. J’ai une maîtrise en transport logistique, j’ai commencé à travailler tout de suite. Je n’ai jamais eu de regret par rapport au choix d’être salarié.
En 2014, j’ai tenté l’expérience du contrôle de gestion dans ma boîte : ça a été la catastrophe. Ça a été une catastrophe, mais positive : je me suis remise en cause dans un métier que je ne connaissais pas, et que je voulais découvrir. Il s’est trouvé que ce n’était pas mon truc ; pour la première fois de ma carrière, je me suis retrouvée avec un chef avec qui je ne m’entendais absolument pas.
Les 2 ans ont était très long, et, au bout d’un an et demi, je me suis dit que c’était le moment de faire ce que j’avais envie de faire. Après avoir été malade, puis arrêtée, je me suis dit : « Je veux vraiment faire ce que je veux ». Ça tombait durant mes 40 ans, j’ai donc fait ma crise de la quarantaine.
En 2012, mon mari, qui a été l’initiateur du déclic, m’a offert une initiation dans une école de DJ. J’ai trouvé ça absolument génial, du coup, j’ai tout de suite investi dans des platines. Peu de temps après, j’ai eu ma fille, donc finalement, les platines sont restées dans le placard : le choix était vite fait, et je me suis occupé de ma fille.
J’ai donc laissé le DJ dans le placard pendant 4 ans. Quand j’ai eu cet événement au boulot, qui a été mon déclic, je me suis dit : « C’est le moment, je vais penser à moi et me remettre au DJ ». Je partais vraiment de zéro : à part ces deux jours d’initiation, qui étaient assez light, j’ai fait une semaine de stage. À la fin de ce stage, que j’ai fait pendant mon job de contrôle de gestion, je me suis dit : « C’est vraiment ça que je veux », et je me suis donc lancé l’objectif de financer une formation de DJ par le Fongecif. J’ai travaillé un temps fou sur mon dossier. Nous n’avons aucune chance d’aller soutenir notre demande en live, tout passe par l’écrit. J’ai fait une lettre de motivation, que j’ai mis 3 mois à rédiger, afin d’être sûre que ma motivation y transpire réellement.
Au moment où j’étais prête à rendre le dossier, une conseillère du Fongecif m’a dit : « Vous savez madame, DJ, c’est bien gentil, mais il faudrait peut-être que vous prouviez que vous pouvez en vivre. Je vais donc vous demander de créer un business plan ». J’avais beau être au contrôle de gestion, je n’en avais jamais fait. J’ai donc pris 4 mois de plus pour rédiger mon business plan et finaliser mon dossier. Je me suis dit qu’il valait mieux écouter les gens du Fongecif. 7 mois après le début de la rédaction de mon dossier, j’ai reçu la réponse : j’étais financée. C’était vraiment une victoire.
J’ai commencé l’école, un mois après, en janvier 2017. Je suis allée dans une école de DJ pendant 10 mois, 6 à 7 heures par jour, à ne faire vraiment que ça. Au fur à mesure, j’ai eu le déclic. Je savais que j’étais à ma place. Après ces 10 mois d’école, il a fallu retourner au travail.

Dimitri : C’était donc vraiment une formation où tu as passé tout ton temps à apprendre le métier de DJ ?

Cécile : Oui, je ne faisais que ça, de 9 h à 16 h tous les jours. Le Fongecif me finançait 80 % de la formation, et je touchais 90 % de mon salaire. C’étaient les conditions idéales pour apprendre un métier passion : 8 mois de formation, 2 mois de stage dans un bar. Quand je suis sortie, j’étais opérationnelle.

Dimitri : Et là, retour au boulot !

Cécile : Et ce, sans poste ! Quand je suis partie du contrôle de gestion, j’avais prévenu que vu comme ça s’était passé, je ne reviendrai pas. Ils étaient tous au courant. J’ai quitté mon poste où on était en bureau individuel, et je suis revenu 10 mois plus tard en open space, sans bureau et sans poste. Ça fait un choc, mais comme j’avais autre chose à côté, j’avais de quoi m’occuper. On m’a vite trouvé une mission : au bout de 2 semaines, je suis allée en renfort dans un service. Il n’y avait pas de souci, et parallèlement, je cherchais un poste dans ma boîte, car je n’en avais toujours pas. J’ai vu de tout ; trois postes m’intéressaient, surtout deux d’entre eux, car mon but était de revenir à temps partiel. Je voulais passer à 80 %, pour avoir du temps à allouer au DJ. Je me suis dit que je n’avais pas investi 10 mois pour rien, et donc qu’il me fallait absolument un temps partiel.
Sur les trois postes dont j’avais envie, il y en a deux qui m’ont répondu : « Temps partiel ? Non merci, au revoir ». Tant pis, ce sera un autre. Le troisième était avec une responsable que je connaissais déjà. Quand je lui en ai parlé, elle a été honnête avec moi. Elle m’a dit qu’elle n’était pas favorable au temps partiel, mais qu’elle ne fermait pas la porte. J’ai accepté le poste, sachant que j’ai commencé à temps plein, car je devais d’abord monter en compétence sur le sujet que je ne connaissais pas. Je ne pouvais donc pas être de suite en temps partiel, car je ne maîtrisais pas le poste.
Cela m’allait tout à fait comme deal. On a décidé de faire le point après quelques mois, pour voir ce que cela donnait. J’ai attaqué le poste en février, en juin, on a fait un premier point. Ma responsable m’a dit : « Je ne suis pas réfractaire, mais je ne peux pas te donner le temps partiel tout de suite, car ça ne m’arrange pas ».
C’était en juin 2018 ; elle me proposait fin 2018, début 2019. Je lui ai dit que c’est exactement ce que j’allais lui proposer : on était tout à fait en phase, ça s’est fait naturellement. J’ai fait ma demande de temps partiel, qui a été acceptée. J’ai débuté mon temps partiel en janvier 2019, cela fait 3 mois et demi maintenant. Et ça se passe très bien.

Dimitri : Quand j’ai découvert ton parcours, je me suis dit que tu avais l’air bien occupé. J’ai cru comprendre que ton activité de DJ prend de plus en plus de place ?

Cécile : J’ai des dates à peu près toutes les semaines, notamment dans des bars parisiens et des soirées privées. Je n’arrête pas, et au fur à mesure, je me rends compte que le DJ prend de plus en plus de place. Même le salariat à 80 % ne suffit pas. C’est un métier où, quand tu es à ton compte, tu dois trouver les clients, chercher ta musique, continuer à t’entraîner. Un jour de plus par semaine, c’est déjà bien, mais ça ne suffit plus.

Dimitri : Ça décolle très fort pour toi : qu’est-ce qui fait, selon toi, que ça marche aussi bien ?

Cécile : Tu ne sais jamais tout de suite si ça va fonctionner ou pas. C’est vrai que j’avais un profil « atypique », celui de la mère de famille de 40 ans, qui se met à faire le DJ. Ça peut paraître assez dingue, mais comme quoi, c’est possible. C’est en train de s’étendre : mon objectif est clairement de ne faire un jour que ça, à temps plein.

Dimitri : Comment ton employeur voit ça désormais ? Ton activité, ton engagement au quotidien ? Est-ce que tu as eu des remarques, est-ce qu’ils sont au courant ?

Cécile : Oui, je le dis clairement. Je ne veux pas qu’il y ait de loup, donc je joue la transparence : je trouve que c’est la meilleure des choses. Quand j’ai été transparente, il y a deux responsables qui m’ont dit « Non merci, au revoir ». Au moins, comme ça, c’est clair, je sais à quoi m’en tenir. Si je le leur avais caché au moment de m’embaucher, j’aurais été en difficulté après. Je suis toujours transparente, et comme en plus, je suis bien dans mon job de DJ, je le crie haut et fort au boulot.

Dimitri : C’est super cool que ça se passe comme ça ! Concernant tes collègues, comment prennent-ils ton activité, sont-ils au courant, qu’en disent-ils ?

Cécile : Ils sont super compréhensifs et curieux, et je dois dire que ça fait chaud au cœur ! Quand je pars jeudi ou vendredi avec les platines (parce que je les ai cachées dans l’open space en vue du mix du soir), ils me demandent : « Alors, où tu vas ce soir ? ». J’ai un retour très positif, ce qui m’incite à en parler encore plus, à ne pas le cacher. L’histoire la plus drôle qui m’est arrivée au boulot est que je me suis fait embaucher par mon comité d’entreprise pour une animation. C’était un jeudi, j’ai donc posé mon jour de temps partiel le jeudi. Le mercredi soir, je suis parti du boulot en disant aux collègues : « Demain je ne suis pas au boulot, mais vous pouvez venir me voir mixer au CE ». Tous les collègues sont venus, et maintenant, j’ai les photos derrière mon bureau, dans l’open-space. Les collègues sont super là-dessus, j’ai vraiment un soutien inestimable.

Dimitri : Comment l’ont-ils pris au niveau du management, au niveau de ton boulot au quotidien ? Est-ce que tu as eu des remarques, est-ce qu’il y a des doutes sur ton investissement depuis que tu n’es plus à 100 % ?

Cécile : J’ai une responsable qui est très compréhensive, et qui fonctionne avec toute son équipe de la même manière : elle cite les objectifs, et quels que soient les moyens et la manière, le tout est qu’ils soient atteints. J’ai une complète autonomie. On fait des points réguliers, quand j’ai des soucis, je vais la voir. Je sais qu’elle a confiance, ça donne donc envie de faire les choses pleinement, et non de faire ton boulot salarié en dilettante. J’ai vraiment toutes les conditions pour bien le faire.
Toutefois, quelque chose est en train de se passer. Je ne sais pas comment le gérer, ça fait deux ou trois semaines que ça a commencé : je me rends compte que DJ est vraiment ce que je veux faire à plein temps. Dans ma tête, je suis en train de switcher mentalement sur DJ. Actuellement, je me dis que j’aime mon job et mes collègues, mais que je ne suis plus à ma place. Et c’est très dur, car même si j’ai clairement l’objectif de quitter ma boîte, je ne veux pas le faire n’importe comment. Je sais que j’y suis encore pour 2019.

Dimitri : Comment ça se passe au niveau de ta hiérarchie ? Est-ce que tu penses qu’ils le perçoivent, est-ce que tu leur en as parlé ?

Cécile : Oui, je le leur ai dit. Quand je te dis que je suis transparente, je suis vraiment transparente sur tout ! C’est ma chef qui m’a posé la question il y a 2 semaines. J’avais d’ailleurs mis un commentaire sur Pose ta Dém’, je ne sais pas si tu l’avais vu. Un soir, elle me voit partir avec les platines, on discute, et elle me demande : « Est-ce que tu ne voudrais pas faire ça tout le temps ? ». Je la regarde, je me dis : qu’est-ce que je fais ? Je le dis, je ne le dis pas ? Je me suis dit : « Bon, elle a confiance en moi, on s’entend bien, je joue le jeu franco », et je lui réponds « Oui, c’est le but ». Elle m’a dit « Écoute, je te comprends ».

Dimitri : C’est donc un management qui est à l’écoute et compréhensif.

Cécile : Franchement, je ne pense pas que ce soit la majorité. De mon côté, j’ai vraiment toutes les conjonctions qui font que tout se passe bien. Cela renforce encore plus le fait que je suis à ma place, parce que justement, ça se passe super bien. Je me rends compte que tout le monde n’a pas forcément cette chance.

Dimitri : Quand je vois ton parcours, je pense que ce n’est pas non plus que de la chance. C’est beaucoup de travail, de préparation. Tu as préparé un gros dossier, le Fongecif, ça t’a quand même pris du temps. Tu dois aussi prouver que tu ne fais pas ton travail en dilettante à côté. Le manager compte beaucoup, mais je pense que tu as apporté des gages.

Cécile : De toutes façons, si j’étais tombée sur un manager peu compréhensif, je me serais mise en mobilité, et j’aurais changé de service. Ça prend plus ou moins de temps d’atteindre son objectif d’être autonome, côté DJ : c’est un métier de communication, un métier de réseau, il faut rencontrer les bonnes personnes au bon moment, tout cela prend du temps. Je sais que je ne serai pas encore autonome tout de suite. Je sais aussi que je ne serai pas autonome tant que je n’aurai pas lâché mon job.

Dimitri : Actuellement, tu es pile dans la période charnière.

Cécile : C’est ça. C’est le serpent qui se mord la queue : tu gardes un job salarié pour avoir la sécurité, mais tu ne peux pas être DJ à 100 %. Au bout d’un moment, je pense que j’aurai une décision à prendre. Je ne suis pas quelqu’un qui arrive à faire deux choses en même temps : quand il y a quelque chose qui prend le dessus, il faut que j’y aille à fond.

Dimitri : En prime, on a du DJ plutôt l’image sympathique, mais si on regarde bien au quotidien, ça signifie qu’après ta semaine du travail, qui s’achève généralement le jeudi soir, tu es repartie, tu emmènes tes platines, et tu vas mixer. Il faut que tu bouges, tu as des déplacements, en région parisienne ou sur de plus longues distances. Je suppose qu’il y a des moments aussi où ce n’est pas si simple, aussi glamour que ça peut paraître, quand on dit « DJ, le métier passion ». J’imagine qu’il y a quand même un certain nombre de contraintes également.

Cécile : Comme dans tous les métiers, il y a des avantages et des inconvénients. Vu que c’est un métier passion, tu vis différemment les inconvénients : ils ne sont pas subis, tu les as choisis. Tu sais qu’il y en a, comme dans tous les métiers. Après, tout dépend de ta manière de réagir face à l’inconvénient. Je t’avouerai qu’en plein mois de janvier, quand il neige et qu’il fait froid, et que tu traînes tes platines dans un chariot sur le métro, pour aller mixer de 23 h à 4 h du matin, tu n’as qu’une envie : rester chez toi devant la télé. Et puis, une fois que tu es devant les platines, pour rien au monde tu n’aurais voulu rester devant la télé.
Ce n’est pas toujours évident, mais si j’ai choisi ce métier-là, c’est parce qu’après 20 ans de salariat, je me suis rendue compte que même si j’ai eu des jobs très intéressants, j’en avais marre d’être derrière un écran, dans un bureau. À faire des trucs qui étaient certes utiles, mais dont je ne voyais pas le résultat concret. En tant que DJ, je vois les gens danser (ou pas, car des fois ça arrive), j’ai le résultat concret de mon travail. C’est immédiat : moi, je veux du bonheur. Ça passait par ce métier-là.
Après, DJ, je n’y suis pas arrivée par hasard non plus. C’est mon mari qui m’a donné le coup de pouce pour me lancer, mais j’ai toujours adoré la musique, j’ai toujours baigné dans un univers musical. Mon père, dans les années 80, était animateur radio. Ce n’est pas du tout incohérent : quand j’ai annoncé mon choix aux gens qui me connaissent bien, ils ont trouvé ça tout à fait logique. Pendant mes études, c’était toujours moi qui descendais la chaîne hi-fi et les CD, et qui passais la musique.
Le lien était vraiment clair. D’ailleurs, je fais un lien avec tout mon parcours professionnel, même s’il n’est pas forcément évident à voir. J’ai fait du contrôle de gestion, mais aussi 2 postes qui ont à peu près les mêmes caractéristiques et les mêmes compétences que DJ. J’ai été auditrice et formatrice. Ce sont des métiers qui sont très techniques : techniques pour parler face à quelqu’un, techniques d’audit, techniques de formation…
À côté de ça, ce sont des métiers où il y a toujours un lien humain. Un auditeur = un audité, un formateur = une personne formée dans l’assistance. C’est vraiment le lien que je fais : ce sont des métiers techniques, mais avec une forte dominante humaine. C’est comme cela que je l’ai vendu au Fongecif, dans ma lettre de motivation : « Je pars DJ, ça peut vous paraître dingue, mais c’est une évolution logique ».

Dimitri : Tu as vraiment réussi à trouver le lien entre ton activité précédente, et celle actuelle. Quels seraient tes conseils pour tous ceux qui veulent se reconvertir dans quelque chose qui semble n’avoir aucun rapport avec ce qu’ils font actuellement ?

Cécile : Il faut vraiment s’entourer des bonnes personnes, et il faut croire en soi. Ce que je retiens vraiment, c’est que la plus grosse limite qu’on s’inflige, c’est la nôtre. Nous sommes notre plus grosse limite, avec toutes les barrières que l’on s’inflige, consciemment ou inconsciemment. J’aurais très bien pu me dire : « Non, mère de famille de 40 ans, je ne vais pas être DJ. Je n’ai pas le droit, je ne suis pas à ma place ». Quand tu te retrouves à l’école avec des jeunes de 18 ans, qui ont déjà touché des platines, et que toi, tu arrives à 40 ans, sans rien, forcément, ce n’est pas évident.
Il y a des jours où je me disais : « Mais qu’est-ce que je fous là ». Les coups de mou sont là, mais ils ne durent pas longtemps. J’ai du soutien à la maison : sans ça, je ne pourrais pas faire tout ce que je fais. Quand je pars mixer, mon mari garde notre fille, on s’organise avec la nounou. Si je n’étais pas soutenue à la maison, c’est clair que je ne pourrais pas le faire. Ou alors, il aurait fallu que je le fasse quand j’avais 20 ans, et que j’étais célibataire. Mais ce n’était pas le bon moment.

Dimitri : Ton exemple prouve qu’il est possible de se reconvertir dans un métier complètement différent, même quand on a 40 ans. En termes d’organisation, ça ressemble à quoi la semaine type de Cécile CDG, entre travail, vie personnelle et vie de DJ ?
Cécile : Mon activité salariée est du 8 h – 17 h classique. Je mixe le jeudi et le vendredi, en commençant le jeudi soir, plus rarement, le mercredi. Il faut prévoir la nounou un mois à l’avance, et lui donner mon planning, pour qu’elle aille chercher ma fille à l’école, et la garde le temps que mon mari rentre à la maison. Il ne faut pas se tromper dans le planning : il peut bouger, il faut donc tout suivre en même temps.
Le week-end, je vais faire les courses, puis je passe quelques heures en cuisine. Je prépare une bonne partie des repas de la semaine, quand mon mari et ma fille seront tous les deux à la maison, car je les aurai lâchement abandonnés le soir pour aller mixer. Il faut qu’il n’y ait plus que la casserole à chauffer pour faire gagner du temps le soir. Le congélateur est plein. On apprend à être créatif et organisé. Ce n’est pas insurmontable, ce sont juste de nouvelles manières de s’organiser.

Dimitri : Il y a de l’organisation et une discipline pour toute la famille, tout le monde doit jouer le jeu. On comprend bien que ce serait difficile si tu n’avais pas cette aide.

Cécile : C’est clair. De l’aide à la maison, mais aussi de l’aide matérielle, comme je le disais tout à l’heure, avec le Fongecif. C’est quelque chose dont je me suis rendue compte, quand je faisais mon dossier au boulot : plein de gens ne connaissent pas. Je sais que désormais, les sources de financement ont un peu changé, et que c’est un peu plus dur d’obtenir un financement, mais c’est encore possible.
J’encourage les gens à se renseigner sur toutes les opportunités qui peuvent exister, mais dont on n’entend pas spécialement parler. Ce n’est pas dans l’intérêt de l’employeur de dire aux salariés qu’il existe le Fongecif, et prendre le risque qu’ils aillent voir ailleurs. Sans ça, je n’aurais pas posé ma démission du jour au lendemain pour partir en formation, c’était impensable. Tu cherches d’autres solutions, en te demandant comment faire.
Même si je n’avais pas été financée par le Fongecif, j’avais une solution de repli pour réaliser la formation. Ça ne m’aurait pas arrangée, car j’aurais dû réaliser un emprunt, mais je voulais tellement le faire que j’avais cette solution de repli : sans le Fongecif, j’aurais posé un congé sabbatique, et je serais partie en formation.

Dimitri : Vu le niveau de motivation que tu avais, tu aurais dans tous les cas trouvé une solution.

Cécile : Oui. Si j’avais dû mettre ce plan en pratique, j’en payerais encore le coût financier, parce que l’école n’est pas donnée, et si tu rajoutes les 10 mois de salaire, ça fait une petite enveloppe. Mais j’avais quand même prévu la solution de backup, au cas où je n’étais pas financée. C’était vraiment ce que je voulais faire, donc même si je n’avais pas été financée, j’aurais pris l’autre option. Même si ça ne m’arrangeait pas, car il y a le coût de la formation, le coût des 10 mois de salaire manquants, le coût du matériel… DJ, c’est comme photographe : c’est un investissement. Financer le matériel, l’école, garder son train de vie… Il faut y réfléchir, et là, je dis merci le Fongecif !

Dimitri : Il t’a apporté son aide financière, mais encore fallait-il croire en ce projet. Avoir la persistance de continuer à y croire, de faire le dossier, de bien travailler ce projet de reconversion, comme tu l’as fait.

Cécile : Pour les personnes qui nous écoutent, et qui sont peut-être au début d’un projet, il faut vraiment partir du principe que si tu ne poses pas la question, tu ne connaîtras pas la réponse. Il faut y aller : même si ça vous paraît fou, posez la question. Parce que si vous ne posez pas la question, dans 10 ans, vous vous direz que peut-être, finalement, ça aurait pu marcher si vous aviez posé la question.
Allez-y. Même si les gens vous regardent de travers, soyez plus fort, parce que vous avez votre objectif. De toutes façons, ils ne pourront peut-être pas comprendre. Il faut vraiment poser les questions, il faut se renseigner, je pense que ça payera toujours, à un moment ou à un autre. Parfois, c’est plus ou moins long, ça dépend des métiers : je sais que je n’ai pas un Side project « classique ». Posez les questions, ne restez pas avec, car il y a toujours quelqu’un qui pourra vous répondre.

Dimitri : C’est vrai que l’on n’a pas toujours le réflexe de poser les questions, d’aller se renseigner, de demander de l’aide…

Cécile : … et d’avoir une tierce personne, qui a un regard neutre. C’est super important, il ne faut vraiment pas avoir peur. Ce n’est pas parce qu’on fait appel à quelqu’un qu’on est faible. Les mentalités sont en train de changer, mais avant, ça ne se faisait pas trop. Avec le développement de l’entrepreneuriat, et des salariés qui ont des projets personnels comme ça, c’est en train de tout chambouler. Je pense que les gens ont peut-être moins peur aujourd’hui.

Dimitri : On voit de plus en plus de parcours de reconversion. Ce qui m’a intéressé dans le tien, c’est le côté « je change beaucoup de choses, je pars dans un domaine artistique », même si toi, tu y trouves un lien (qui peut étonner, vu de l’extérieur). Maintenant, quelles sont les prochaines étapes de ta progression ?

Cécile : Dans les mois à venir, continuer sur ma lancée avec les soirées, ça c’est évident. Après, comme je te le disais tout à l’heure, je suis vraiment en train de switcher dans ma tête. Désormais, tous les jours, je pense à la manière de bien faire les choses pour quitter ma boîte. C’est la grande question qui me hante en ce moment. Je ne sais pas si les collègues entendront ce podcast… En résumé, je me demande comment faire pour partir dans les meilleures conditions.

Dimitri : Dans les prochaines étapes, quels sont pour toi les axes de développement pour que ça devienne ton activité à temps plein ?

Cécile : Je ne sais pas trop comment la développer, mais je crois beaucoup en la force du réseau. J’en reviens toujours à la même chose, mais quand tu es à ta place, les choses se mettent aussi à leur place pour toi. Je ne sais pas si tu l’as lu (il est assez hard eu au début, car assez technique, mais passionnant sur le fond), c’est « Le livre des coïncidences », de Deepak Chopra. Au début, il paraît même ésotérique. Mais en fait, tu te rends compte que ça marche. Quand tu commences à voir les signes, tout se démultiplie. On est un peu à part du Side project, mais si tu es positif, tu attireras le positif. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de coup de mou ; après, tout dépend de ta capacité à absorber les coups de mou et à rebondir.

Dimitri : Rester positif en toutes circonstances donc. Si tu pouvais revenir en arrière, est-ce qu’il y a des choses que tu ferais différemment, des choses que tu aimerais corriger ? Qu’est-ce que tu changerais si tu pouvais revenir en arrière ?

Cécile : Ce que je ferais différemment…Ça va peut-être paraître pompeux, mais je dirais « rien ». À la rigueur si, une chose : travailler au contrôle de gestion, avec un chef avec qui ça a été l’horreur. Mais si je ne l’avais pas rencontré, si je ne vais pas vécu ce côté négatif, je n’aurais jamais eu le courage de me lancer. En fait, je le referais comme ça, car j’avais toujours des filets de sécurité, j’avais le soutien, je n’ai pas écouté les gens qui étaient négatifs. Je resterais moi-même, comme je l’étais, je crierais mon projet haut et fort sur tous les toits, pour bien l’ancrer. Il y a plein de gens qui disent qu’il ne faut pas en parler : je ne suis pas du tout d’accord avec ça. Le fait d’en avoir parlé aux collègues m’a permis de me l’ancrer dans la tête, et de le rendre réel avant qu’il ne commence.

Dimitri : Qu’est-ce que tu donnerais d’autre comme conseils pour d’autres personnes qui voudraient suivre ta voie ? Qui voudraient développer une passion, jusqu’à pouvoir en vivre, comme ça va bientôt être ton cas ?

Cécile : Quel conseil je donnerais aux gens… Écoutez votre cœur, et osez. Si vous avez une petite idée d’un truc qui vous ferait vibrer, essayez. La pire chose, c’est de ne pas essayer, de ne pas oser. Même l’idée la plus saugrenue. Peut-être que plus l’idée sera saugrenue, plus elle sera difficile à mettre en place, mais essayez. Le salariat est tellement en train de changer que j’ai du mal à voir comment l’épanouissement pourrait maintenant passer par là. Je ne reviendrai jamais en arrière, je ne pourrai plus être salariée à 100 %.

LVSH 001 – Reconversion Express : de chauffeur-livreur à rédacteur web en 3 mois avec Sev_Redac

photo de sev_redac

La voix du Side Hustle épisode 1

La rédaction web est un side hustle très rapide et facile à démarrer. Si vous avez des facilités à rédiger, c’est peut-être une piste pour vous lancer enfin dans l’entreprenariat sans risque. Et même si ce n’est pas votre projet idéal, la rédaction est une expérience utile pour d’autres side hustles comme un blog, la vente d’info-produits, la formation en ligne et d’autres projets qui nécessitent des textes de bonne qualité 

photo de sev_redac

Dans ce tout premier épisode de la Voix du Side Hustle, j’ai le plaisir d’accueillir Sev_Redac, un entrepreneur inspiré et inspirant, au parcours atypique. Il y a quelques mois, il était encore chauffeur-livreur. Aujourd’hui il est rédacteur web à plein temps. Il détaille avec nous toutes les étapes qui lui ont permis de faire cette reconversion professionnelle express sur la plateforme 5euros.

En écoutant cet épisode, vous découvrirez comment : 

  • utiliser les micro-services pour accélérer votre reconversion professionnelle
  • obtenir très rapidement vos premiers clients,
  • sortir du lot même en rédaction, malgré une concurrence acharnée
  • 5euros.com est bien plus qu’une plateforme à prix bradés 
  • utiliser le vocal pour rédiger plus vite 
  • des méthodes et des outils pour des textes sans coquilles 
  • organiser ses journées de rédacteur 
  • livrer à 100 % dans les délais 
  • choisir votre formation pour vous lancer en rédaction web
  • gérer une augmentation de tarifs 
  • lancer d’autres idées de SH pour augmenter votre liberté financière 
  • développer des idées de niveau supérieur
  • et bien plus encore ! 

Et pas besoin de formations longues à 4 chiffres pour se lancer en rédaction web. Sev nous explique quelle formation accélérée il a suivie pour se lancer en quelques mois seulement.

En bonus, Sev_Redac dévoile avec nous son process innovant pour écrire plus vite des textes d’excellente qualité et sans fautes, ainsi que ses conseils d’organisation et même d’autres idées de side hustles qu’il expérimente à côté de la rédaction web.

Retrouvez les services de Sév et les différents liens cités :

Venez nous dire ce que vous avez pensé de cet interview dans les commentaires, et n’oubliez pas de vous abonner au podcast pour être averti de la sortie des nouveaux épisodes.

Read Full Transcript

Retranscription complète

[Sev_Redac] : J’ai fait des études en fac d’économie, sans avoir de projet professionnel derrière. Simplement, le domaine et les études me plaisaient bien. J’ai fait toutes mes années de fac les unes derrière les autres, et j’ai fini avec un Master.

Je n’avais qu’une envie : pouvoir commencer à bosser pour gagner mes premiers salaires. J’ai travaillé d’abord en intérim, puis en CDI, dans une boîte de transport que j’avais découverte pendant un job d’été, quand j’étais à la fac. Au bout d’un an, j’ai signé un autre CDI, avec un de leur sous-traitant, pour être chauffeur-livreur. Après une première année en tant que chauffeur-livreur, j’ai commencé à lancer mon activité sur 5euros.com en parallèle. Pendant 3 mois, j’ai cumulé les deux : je faisais livreur la journée, et freelance sur 5euros en rentrant le soir. Au bout de 3 mois de tests et d’évaluations, j’ai estimé que c’était viable, et j’ai démissionné.

[Dimitri] : Au bout de seulement quelques mois donc, tu t’es lancé sur 5euros. En tant que rédacteur web, ou rédacteur en général ? Comment décris-tu les services que tu proposes aujourd’hui sur la plateforme 5euros ?

[Sev_Redac] : C’est ça : rédaction web. Je me présente comme rédacteur web.

[Dimitri] : Ok, donc un gros écart entre chauffeur-livreur, et maintenant rédacteur web, qui est ton activité à temps plein. À quel moment tu t’es dit : « Je vais me lancer, j’ai autre chose à faire » ? Qu’est-ce qui fait que tu t’es dit : « Je vais commencer une autre activité à côté de mon emploi », donc un Side Hustle ? Qu’est-ce qui fait que tu t’es lancé comme ça à faire autre chose, qui n’a en plus rien à voir avec ton métier de livreur ?

[Sev_Redac] : J’ai toujours été intéressé par l’indépendance financière. Cela faisait longtemps que je cherchais des moyens alternatifs de gagner de l’argent, en plus de mon boulot de chauffeur. C’est comme ça que je suis tombé sur les micro-services, et notamment sur 5euros. J’ai découvert une formation consacrée à la vente sur 5euros, et ça m’a parlé. J’ai vu que la rédaction web est quelque chose de très demandé, et j’avais toujours été à l’aise avec l’écriture. Je me suis dit que c’était le bon service à proposer pour commencer à obtenir des revenus complémentaires. Je me suis donc formé pendant 6 mois : non pas que la formation soit si longue, mais c’est le temps qu’il m’a fallu pour me lancer. Ensuite, comme mon activité de rédaction marchait de mieux en mieux, je me suis demandé : « Est-ce qu’il ne faudrait pas faire un choix ? », parce que je me sentais bridé en termes de temps. Je me suis dit FEU ! J’ai une petite épargne de sécurité, si je ne me lance pas maintenant, je ne me lancerai jamais... J’ai démissionné et me suis lancé à fond sur 5euros.

[Dimitri] : Pour bien préciser, tu avais déjà démarré depuis quelques mois, en parallèle de ton job.

[Sev_Redac] : Oui, pendant 3 mois je faisais les deux en parallèle. J’ai commencé fin septembre 2018, et j’ai démissionné pour me lancer à fond en janvier 2019.

[Dimitri] : Tu dis que tu as eu une formation pendant 6 mois. Tu peux nous en dire plus, et pourquoi tu as ciblé 5euros en particulier ?

[Sev_Redac] : Tout à fait. C’est une formation que j’ai découverte sur un blog qui parle indépendance financière, spécialement dédiée à 5euros. La rédaction m’a toujours attiré ; j’ai vu que le formateur était sérieux, car il avait lui-même réussi à vivre de la rédaction. Vu que le prix n’était pas quelque chose d’aberrant à 4 chiffres, je me suis lancé. Comme la formation est dédiée à 5euros, je me suis logiquement lancé sur cette plateforme, car la formation t’y apprend tout de A à Z : comment le site fonctionne, comment présenter tes services, faire ta promo, gérer ton temps, etc. On peut dire que tout ce que j’ai appris, tout ce que je fais vient de là.

[Dimitri] : Tu peux tout à fait citer le nom, on est là justement pour donner un maximum d’infos précises et concrètes, si ça peut aider. Si je comprends bien, ce n’est pas une formation institutionnelle, mais plutôt celle d’un marketeur rédacteur ?

[Sev_Redac] : C’est tout à fait ça. Puisqu’on peut citer les noms, avec plaisir ! Le blog que je lis s’appelle ABC Argent, de l’excellent Nicolas Daudin. Je vous le conseille, j’y ai appris tout ce que je pratique en termes de revenus alternatifs. Nicolas avait écrit un article sur les micro-services et Patrice Khal, qui est un des plus grands rédacteurs sur 5euros. J’ai donc suivi la formation de Patrice, que je recommande aussi bien évidemment, sinon je ne serais pas là où j’en suis.

[Dimitri] : Super intéressant comme parcours, qui s’est fait en plusieurs étapes. Pas forcément par la voie traditionnelle, mais en accéléré.

[Sev_Redac] : Je ne sais pas s’il y a une voie « traditionnelle » pour se lancer dans l’entreprenariat, mais effectivement, c’était une voie accélérée. Après 3 mois, j’ai estimé que le jeu en valait la chandelle. Si je me plantais, après tout, est-ce que ce serait la fin de ma vie d’avoir fait une pause de quelques mois pour tester quelque chose ? Non. Ça s’est donc décidé assez vite.

[Dimitri] : En même temps, il y avait une part de risque qui était quand même calculée, car tu n’es pas parti de zéro.

[Sev_Redac] : Bien sûr ! Je ne me suis pas dit du jour au lendemain : « Waouh, génial ! C’est parti, allô patron, demain je suis pas là ! ». J’ai testé pendant 3 mois, ça m’a donné une bonne estimation de ce que je pouvais faire avec le temps que j’avais, et de combien je pouvais espérer en m’y consacrant à fond. Après 3 mois d’expérimentation, je me suis dit « Tous les signaux sont au vert ».

[Dimitri] : Je trouve ça vraiment super intéressant comme démarche. C’est tout l’intérêt du Side Hustle pour moi : tu lances quelque chose, tu testes en passant à l’action, et à un moment donné, en fonction des résultats, tu peux peut-être passer à une étape supplémentaire.

[Sev_Redac] : Oui, tout à fait. Tu ne joues pas ta vie parce que, précisément, tu peux faire les deux à la fois. C’est tout l’intérêt de pouvoir faire des tests et de voir ce qui marche ou pas, et de voir si ça a le potentiel que tu imaginais au départ.

[Dimitri] : La rédaction génère beaucoup de demande sur internet, en particulier pour les business en ligne, qui ont souvent besoin de textes (si possible bons). Mais il y a aussi une forte concurrence. Comment as-tu fait pour sortir du lot ? Ton positionnement est plutôt moyenne gamme/haut de gamme, comment en es-tu arrivé là ?

[Sev_Redac] : La concurrence est assez acharnée oui, que ce soit sur 5euros, ou dans la rédaction web en général. Il faut réussir à se distinguer assez vite, et avoir pas mal d’avis. Les avis jouent beaucoup sur 5euros. Ils te permettent de monter dans la catégorie, et de gagner en réputation. Le jeu, c’est qu’en même temps que ta réputation augmente, tu peux aussi augmenter tes prix.

[Dimitri] : Je garde toujours un lien vis-à-vis de 5euros, parce que c’est la plateforme où j’ai vraiment démarré mon premier Side Hustle. Au début, je me suis un peu bradé, mais ça n’a duré que quelques jours, le temps d’avoir des premiers clients satisfaits. J’ai ensuite rapidement augmenté mes prix. Je pense que ça a été ton cas également ?

[Sev_Redac] : Exactement. Pour certains clients, c’est parfois difficile à accepter. J’en ai perdu, qui ont ensuite été remplacés par d’autres. Certains sont restés, parce qu’ils savent que même si c’est devenu plus cher, la qualité a toujours été au rendez-vous, que ce soit il y a 6 mois ou maintenant. C’est un peu ma marque de fabrique : les clients savent qu’ils en ont pour leur argent quand ils commandent chez moi, donc même plus cher, ils sont restés.

[Dimitri] : Tu as donc eu des nouveaux clients suite à l’augmentation de prix ?

[Sev_Redac] : Quand j’étais peu cher, j’avais beaucoup de commandes pour le service de base. Ensuite, j’ai clairement vu des nouveaux clients suite à l’augmentation des prix, à la recherche de qualité, et prêts à payer pour l’obtenir.

[Dimitri] : Ça te dérange qu’on parle un peu de chiffres ?

[Sev_Redac] : Non, du tout. En octobre, je faisais 550 euros de chiffre d’affaires, et 18 euros de panier moyen.

[Dimitri] : C’était ton premier mois ? Déjà plus de 550 euros !

[Sev_Redac] : Pour être totalement transparent, j’étais pas mal aidé par des commandes relativement importantes, de gens que je connais grâce à la formation de Patrice Khal. C’est aussi l’intérêt de la formation : tu fais partie d’un réseau, tu peux discuter avec des gens qui te soutiennent à tes débuts, et te passent des commandes pour tes premiers avis. Effectivement, octobre, premier mois à 550 euros. Novembre, j’ai fait un peu moins de 300 €, décembre, 400. Sachant que ça, c’était en parallèle de mon job, donc sans y passer beaucoup de temps. C’est ce qui m’a mis la puce à l’oreille : je me suis dit qu’en m’y mettant complètement, je pourrais faire beaucoup plus. Et c’est ce qui s’est passé. Ça a surtout décollé en février, où j’ai fait 1 200 € de chiffre, et mars va être plus proche des 1 800.

[Dimitri] : Tu ne regrettes pas ton choix ? Tu gagnes plus que dans ton job précédent ?

[Sev_Redac] : Non, je ne regrette pas une seconde ! C’est encore un peu tôt pour le dire, mais au pire, je gagne autant, et vraisemblablement plus que ce que je gagnais avant. Avec tous les avantages de travailler chez soi. Travailler chez soi n’est pas toujours facile, mais dans l’ensemble, à choisir, il n’y a pas photo. J’ai surtout beaucoup de pistes d’amélioration et d’évolution. Il faudrait que je revoie la description de mon service de rédaction, qui représente 90 % de mes résultats. Et celle de mon service de correction, bien que cela reste assez peu demandé comme service.

[Dimitri] : Et encore, comme souvent, c’est peut-être un manque de visibilité. Pour avoir utilisé les services de correcteurs, quand j’en trouve un vraiment bien, je reste fidèle, car ce n’est pas facile à dénicher.

[Sev_Redac] : J’imagine. D’ailleurs, quand on voit que même les fiches de présentation de rédacteurs ont des fautes grossières… Une ou deux ça peut arriver à n’importe qui, mais c’est parfois bien plus, et ça ne donne pas vraiment envie de faire appel à lui pour un texte.

[Dimitri] : Tu me stresses un peu là, car même en faisant attention, je retrouve toujours des coquilles !

[Sev_Redac] :  Je suis loin d’être un génie. C’est pour ça que je fais 2 relectures minimum, et que je passe tous mes textes dans un logiciel sur internet, nommé Scribens. Même pour le meilleur des rédacteurs, qui ne fait jamais aucune faute, il détecte par exemple les erreurs d’espace. Tu copies-colles ton texte en ligne, et il te souligne les fautes d’une couleur différente, en fonction du type de faute. Par exemple, la conjugaison va être en rouge, les erreurs d’espace en bleu, les majuscules en orange, etc. Quand tu survoles la faute, le site explique pourquoi il estime que c’est faux, et te propose sa correction. C’est un robot, donc dit aussi beaucoup de bêtises. Mais même s’il y a 50 bêtises pour 2 vraies erreurs, ça permet de les détecter.

[Dimitri] : Bon, on vient de faire un peu de pub pour Scribens. Je pense que je vais l’utiliser aussi pour mes prochains textes.

[Sev_Redac] : Je le conseille vraiment, et je ne suis pas affilié avec eux. D’ailleurs, je pense qu’Antidote est beaucoup plus évolué, mais il est payant. Quand on n’est pas trop à l’aise, et qu’on sait qu’on fait beaucoup de fautes, son achat peut se justifier. Mais franchement, Scribens fait le travail.

[Dimitri] : Autre question justement. À force de travailler des textes, au bout d’un moment, tu es tellement passé dessus que tu ne vois plus les erreurs. Quelles sont tes astuces, au-delà de Scribens, pour minimiser les fautes ?

[Sev_Redac] : Ta question m’évoque une façon que j’ai de travailler. Je ne sais pas si c’est la bonne, mais c’est la mienne : je ne tape jamais mes textes au clavier, je les dicte sur le téléphone. Il y a énormément de relecture derrière, car ça reste une machine. Il faut lui parler d’une certaine manière, bien détacher les mots pour que la machine comprenne. Je fais un premier jet comme ça, que je corrige dans la foulée. C’est un peu comme si tu devais repasser derrière une traduction Google. Ensuite, je fais une autre correction « classique », mais jamais dans la foulée. Je la fais généralement 1 h après, souvent 2 à 3 h plus tard, voire le lendemain. Pour éviter, comme tu dis, de ne plus voir les erreurs. Ensuite, Scribens. Il y a donc 3 filtres : au final, il ne reste normalement plus beaucoup de coquilles.

[Dimitri] : Ça confirme l’impression que j’ai eue en regardant ton offre de service sur 5euros, et le nombre de tes commandes, assez important. Je me suis dit qu’il y avait de l’organisation derrière. C’est quoi une journée type de Sev_Redac ? Et justement, au-delà de ces aspects techniques liés au vocal, comment tu t’organises pour être efficace, productif, tout en gardant un petit équilibre de vie, qui est indispensable ?

[Sev_Redac] : C’est intéressant comme question, et j’aimerais bien avoir la réponse moi-même ! Pour revenir rapidement sur le nombre de commandes, il y en a beaucoup qui sont à long terme. Actuellement, j’ai 17 commandes, mais peut-être la moitié qui est à un mois ou à 20 jours. Maintenant, je dispatche les commandes, ce que je ne faisais pas forcément quand je me lançais, que j’avais mon boulot à côté, et moins de commandes. Désormais, je divise le nombre de mots par le nombre de jours que j’ai, et je sais à quel rythme je dois rédiger. Je me fais un planning papier, où je dispatche les commandes jour par jour. Autre point important : je ne planifie jamais la fin d’une commande pour le jour J. Si une commande finit le 15, je ne vais jamais la mettre sur le planning le 15. Je vais la mettre au minimum le 14, et si possible, le 13 ou le 12. Dans l’idéal 3 à 4 jours avant, pour ne pas me dire : « Aujourd’hui, il faut absolument que je bosse ça », et si jamais je suis malade, être contraint de livrer en retard. Si je devais être en retard, je le vivrais très mal, donc je prévois toujours plusieurs jours de sécurité. Pour le reste, j’essaye de me ménager un jour de repos le dimanche, où je prévois idéalement de ne pas écrire. Mais c’est difficile, car je suis souvent à la bourre, et dois rattraper le retard le dimanche.

[Dimitri] : C’est peut-être aussi parce que tu es encore en train développer ton offre. Est-ce qu’à ce moment-là, il ne faut pas que tu augmentes encore tes tarifs ?

[Sev_Redac] : Ce n’est pas impossible, mais à l’heure où l’on se parle, j’ai déjà augmenté il y a quelques jours. J’y vais par petites touches, de l’ordre de 5 % de prix en plus et 5 % de mots en moins. Par rapport à mes débuts, j’ai plus que doublé mes prix. J’ai aussi beaucoup de progrès à faire sur ma productivité et mon organisation. Parfois, je me dis : « Tu vas bosser du lever jusqu’à midi, après tu vas faire 2 h de pause, puis tu vas bosser de 14 à 18 ». Mais le 14 à 18 se transforme en 16 à 18, et parfois 19 à minuit… C’est le métier qui rentre, comme on dit. Si je suis en retard sur mon planning, je me débrouille pour livrer quand même à temps, car je ne supporterais pas de ne pas respecter mes délais. Je tiens beaucoup à mes statistiques de livraison à l’heure : je pense que ça contribue à mon relatif succès. Le fait de n’avoir jamais aucun retard, et 100 % d’avis positifs.

[Dimitri] : J’en profite pour rebondir sur ce que tu dis. Beaucoup de gens retiennent le côté « 5 € », donc le coté, entre guillemets, « cheap ». Mais ceux qui réussissent (et il y en a qui réussissent très très bien sur 5euros), ce n’est pas en produisant un service au rabais. Tu ne peux pas mentir à 200 personnes : si plus de 200 personnes disent que tu fais vraiment du travail de très bonne qualité, ça compte beaucoup sur cette plateforme. C’est quitte ou double : si tu fais du mauvais travail et que tu as des mauvaises statistiques, ça peut vite tout arrêter, et ça sera difficile de rebondir. D’un autre côté, si, comme tu le soulignes, tu es exigeant vis-à-vis de toi-même, et que tes clients sont très satisfaits, tu auras une très bonne visibilité sur 5euros.

[Sev_Redac] : Personnellement, c’est la première chose que je regarde en tant que client (parce qu’il m’arrive aussi d’acheter sur 5euros) : le respect des délais. Forcément, en tant que vendeur, j’essaye d’y faire attention.

[Dimitri] : Les fiches de micro-services et les statistiques comptent beaucoup sur 5euros, c’est vraiment ce qui se voit sur ton profil. Pour moi, c’est un très bon signe pour la suite. Après Sév, c’est toi qui nous le diras ! Comment tu envisages l’avenir ? Sur 5euros, ou peut-être ailleurs ?

[Sev_Redac] : En préambule, je dirai qu’avoir réussi en si peu de temps sur 5euros m’ouvre des perspectives. Ça va peut-être paraître un peu idyllique ou naïf, mais en voyant ce que j’arrive à faire sur le site après 6 mois, je me dis que tout est possible si on s’en donne les moyens. À court-moyen terme, j’ai envie de lancer plus de services sur 5euros. Actuellement, je propose 2 services, et je pense que le fait d’en avoir beaucoup plus permet de les soutenir l’un l’autre. J’ai pas mal d’idées d’autres services à développer. Idéalement, ce serait bien que je me lance sur d’autres plateformes. Même si ça me parait improbable, si demain 5euros disparaît pour une raison X ou Y, ma réputation et mes avis disparaissent avec, et il faudrait repartir de zéro. Je pense aussi lancer un site vitrine WordPress, où je mettrais toutes mes réalisations. Pourquoi pas même un blog, à plus long terme. Tout ce que j’imaginais avant comme un doux rêve, je me dis désormais que ce n’est pas de la science-fiction. Je lancerai donc peut-être un blog, où je parlerai de mon activité et mon parcours.

[Dimitri] : J’espère que la discussion qu’on a là t’ouvre ce genre de perspectives ou te motive ! Personnellement, je trouve ton parcours intéressant, c’est pour ça que j’avais à cœur de passer un peu de temps avec toi, pour comprendre quelles avaient été les différentes étapes de ton parcours. Au bout d’un moment, quand tu écris des centaines de milliers de mots pour les autres, est-ce qu’il ne te vient pas un peu à l’idée de rédiger pour toi ?

[Sev_Redac] : Si, complètement. Rédiger pour d’autres, c’est bien, mais ce n’est pas forcément toujours sur des sujets passionnants - c’est le moins que l’on puisse dire. J’ai écrit sur les punaises de punaises de lit, sur la plomberie… Tant mieux, je n’ai pas de problèmes avec ça. Mais oui, j’aimerais bien bosser pour moi, écrire à la première personne. Il y a des articles où je le fais, car c’est une consigne du client, mais c’est assez rare. Et quand tu parles à la première personne pour d’autres, c’est un peu du vent…

[Dimitri] : Te mettre dans cette position te donne quand même quelques idées, non ?

[Sev_Redac] : En effet, ça me donne des idées sur des trucs que je pourrais écrire pour moi, en étant totalement libre sur le contenu et la forme. Quand tu écris pour le web, tu as des règles à respecter, comme ne pas faire des phrases trop longues, ne pas utiliser du vocabulaire trop perché. Si j’écris pour moi, si ça me fait plaisir d’écrire un truc perché, je l’écris. Tu manques de liberté en écrivant pour les autres.

[Dimitri] : Je suis désolé, je suis encore en train de penser aux punaises de lit ! C’est ça aussi l’envers du décor : quand tu es rédacteur web, tu ne maîtrises ni ne choisis tes sujets.

[Sev_Redac] : J’ai même écrit pour de la voyance, sur la maladie de Parkinson, les VTC. Encore cette semaine, je rédigeais sur les litières automatiques pour chat. Blague à part, je trouve que c’est un gros avantage de cette activité. J’ai énormément appris sur le tas : tu joins vraiment l’utile à l’agréable, car non seulement, tu gagnes de l’argent, mais en plus, tu apprends énormément de choses. Pour les textes sur les VTC, même si ça ne me sert pas dans le cadre professionnel, j’ai beaucoup écrit sur les villes de France : ça m’intéresse. J’apprends plein de choses en géographie, j’aime beaucoup ça.

[Dimitri] : C’est à la fois quelque chose de positif pour toi, et en même temps, c’est quelque chose d’important à savoir : si tu n’as pas cette curiosité, c’est compliqué. Mais tu peux apprendre sur des sujets sympas, comme le webmarketing. Et à force de travailler pour certains clients, tu te dis : « Cette commande-ci, c’est pour réaliser telle étape du process de marketing digital ». Et petit à petit, tu arrives à recoller les pièces du puzzle.

[Sev_Redac] : Tout à fait. En prime, quand tu as beaucoup de clients fidèles, un autre point positif, c’est que tu comprends aussi ce qu’ils attendent de toi, ce qu’ils veulent dans leurs articles. Tu gagnes beaucoup en productivité, parce que tu sais ce que le client veut sur le fond et sur la forme. Il y a des clients très fidèles pour lesquels je n’ai presque pas besoin de rechercher de documentation. Parfois, des sujets sont communs à deux clients différents. Cette semaine, j’écrivais sur « Qu’est-ce qu’un bon community manager ? », et deux semaines avant, sur « L’évolution du rôle du community manager ». C’est suffisamment proche pour avoir besoin de beaucoup moins se documenter. Et à force d’écrire pour des gens qui ont des business en ligne, je comprends en partie ce qu’ils font, et je me dis : « Pourquoi pas moi ?». Ça ouvre beaucoup de perspectives et d’idées pour l’avenir.

[Dimitri] : C’est très intéressant, et ça fait une super transition : si j’ai bien compris, tu as d’autres Side Hustles ?

[Sev_Redac] : Comme je te le disais, ça fait longtemps que je m’intéresse à l’indépendance financière, donc j’ai souvent cherché des moyens alternatifs de gagner ma vie. Je n’ai pas d’activités qui me prennent du temps, mais oui, ce sont des revenus parallèles. J’utilise les paris sportifs qui, contrairement à certains préjugés, sont pour moi un investissement (lorsque pratiqués avec raison et méthodologie). Il ne faut pas compter dessus pour gagner sa vie tout de suite, ni même pour gagner sa vie tout court, parce que c’est très aléatoire. Je ne vais pas te faire un cours sur les paris sportifs ; en résumé, c’est intéressant, mais il faut se donner les moyens d’y réussir. Il faut voir ça à long terme, et surtout, n’y mettre que de l’argent que tu es prêt à perdre du jour au lendemain.

[Dimitri] : Je t’avoue que les paris sportifs, ce n’est pas là où je vais investir, car j’ai trop d’aversion au risque. Tu arrives à en tirer un revenu régulier et positif ?

[Sev_Redac] : Oui, et étant très frileux. Je ne me suis pas lancé dans les paris sportifs la fleur au fusil, en y mettant 80 % de mes économies. J’ai commencé tout petit, et j’augmente d’année en année. J’ai triplé ma bankroll en 3 ans. Voilà pour les paris sportifs. Je loue aussi ma voiture sur des sites comme Drivy et Ouicar. Ce sont des sites où tu loues ta voiture à des particuliers. Comme je n’ai plus de travail salarié, ma voiture ne me sert plus vraiment. Je la loue donc sur ces 2 sites, et je peux compter généralement entre 50 et 100 € par mois de revenus, voire plus.

[Dimitri] : Ça amortit donc au moins une partie du coût de possession de la voiture ?

[Sev_Redac] : Une partie, voire la totalité. Je trouve ça intéressant, sachant que j’habite dans un trou un peu paumé. Je ne compte pas gagner ma vie avec ça, mais j’ai vu des articles de gens qui avaient monté un business là-dessus.

[Dimitri] : J’avais lu des articles là-dessus aux États-Unis, mais je ne me suis jamais posé la question si en France, il y en a qui franchissent le cap. Je m’étais même inscrit pour tester, mais sans jamais être allé à l’étape suivante.

[Sev_Redac] : Il ne faut pas être pressé. Pendant 2 ou 3 mois, je n’ai jamais loué, puis c’est comme sur 5euros : une fois que tu as la première location et un premier avis positif, ça peut faire effet boule de neige.

[Dimitri] : En reparlant de 5euros, c’est l’un des conseils que l’on peut donner : les avis sont ultra importants ! On l’a déjà dit tout à l’heure. J’entends souvent, notamment sur le forum vendeur de 5euros, beaucoup de gens qui n’arrivent pas à démarrer. Quels seraient tes conseils à ceux qui nous écoutent et qui voudraient se lancer, que ce soit dans la rédaction, ou peut-être même sur un Side Hustle en général ? De ton vécu, quels seraient tes principaux conseils ?

[Sev_Redac] : Pour revenir rapidement sur les avis : il faut se battre pour les avoir, et vraiment tout donner pour ses premières commandes. Il ne faut pas hésiter à relancer les clients une fois, deux fois, trois fois pour obtenir leur avis. Je ne leur demande pas : « S’il vous plaît, donnez-moi un avis » ; je leur dis que leur avis est très important pour faire connaitre mon travail auprès des autres utilisateurs, et leur donner confiance. Il faut leur faire comprendre que c’est terriblement important. Concernant mes conseils, je dirais qu’il faut se former, quelle que soit l’activité. Comme je te disais, tout ce que j’ai appris, et ma réussite, je le dois à la formation de Patrice. C’est vraiment très complet, tu sais où tu vas. Je pense que c’est valide pour n’importe quel Side Hustle. Il y a tellement de sources sur internet ou de livres ! Quand on dit « formation », on pense souvent à une formation en ligne, qui va coûter 3 000 €. Je me suis beaucoup renseigné sur l’immobilier, et j’ai payé une formation 1 000 €. Finalement, j’ai trouvé un livre à 20 € sur Amazon, et j’y ai appris autant, si ce n’est plus. Ça m’a aussi appris à bien réfléchir avant de payer une formation à 4 chiffres. Il faut bien s’interroger : est-ce qu’au fond de toi, tu penses que tu vas mettre en œuvre ce que tu vas apprendre ? C’est aussi ça le problème avec la formation. C’est une chose d’apprendre, c’en est une autre d’appliquer. J’ai acheté la formation sur les micro-services en février 2018, je me suis lancé en octobre. Je n’ai pas mis 6 mois pour finir la formation, j’ai mis 6 mois pour me bouger à l’appliquer !

[Dimitri] : Parfois, tu as aussi besoin de ça pour passer à l’acte. C’est comme quand tu vas prendre un abonnement à une salle de sport, pour te dire : « J’ai payé, je vais me motiver et je vais passer à l’action », et ainsi combattre la procrastination. Je fais rarement l’apologie des formations à 4 chiffres car, comme tu le dis, je pense que tu peux t’en sortir sans si tu trouves les bonnes ressources, et que tu as la bonne motivation. Tu peux avoir le même résultat, en payant beaucoup moins cher. Comment as-tu fait, toi, pour passer à l’action, 6 mois après avoir acheté ta formation ?

[Sev_Redac] : Je le cite souvent, mais c’est en parlant avec Patrice, le formateur. Nous discutions sur le groupe Facebook dédié à ses formations. Il me disait « Ce n’est pas bien grave si tout n’est pas prêt, lance ton service avant la fin de la semaine ». C’est là que ça m’a fait le déclic. Je me suis dit : « Pourquoi pas ? C’est précisément parce que tu veux toujours être prêt à 100 % que tu ne te lances jamais ». C’est comme ça que j’ai commencé. Et quand arrive ta première commande, le plus dur est derrière toi. Lorsque tu as des clients, tu ne vas pas te dire : «Tiens, j’ai ma première commande, je vais livrer 3 jours en retard, c’est pas bien grave… ». Tu ne peux pas, tu ne peux plus réfléchir comme ça. Une fois que tu as ta première commande, le cercle vertueux est enclenché, tu as des clients, il faut qu’ils soient livrés, donc tu vas devoir te bouger pour travailler.

[Dimitri] : C’est vraiment un super bon conseil : si t’attends d’être prêt à 100 %, tu passes ta vie à attendre !

[Sev_Redac] : Et oui ! Ça fait quand même des années que je m’intéresse à ce sujet-là, et c’est seulement fin 2018, début 2019 que je me suis lancé. Non seulement il n’est jamais trop tard pour commencer, mais en prime, le plus tôt est le mieux !

[Dimitri] : C’est aussi ce que je me dis en faisant cette interview : il faut passer à l’action. Sév, j’ai hâte de voir ta progression, et je prends date avec plaisir pour un prochain podcast, d’ici quelques mois, pour refaire un point sur ta progression.

[Sev_Redac] : Volontiers, ce sera avec grand plaisir ! J’espère que d’ici quelques mois, il y aura beaucoup de nouvelles choses à raconter. J’y crois !

[Dimitri] : Je n’ai aucun doute là-dessus ! Bonne continuation.