LVSH 002 – Enquêteur à temps plein et auteur auto-édité de 7 livres avec Christophe Mercier alias Gabriel Ronan

La voix du Side Hustle épisode 2

Ecrire et publier un livre auto-édité est déjà en soi un projet d’envergure. Alors imaginez écrire et publier 7 livres ! C’est ce qu’a réussi à faire Christophe Mercier, alias Gabriel Ronan, en parallèle de son emploi d’enquêteur de police à plein temps. 

J’ai découvert Christophe en lisant son Livre le Chien est mort à Calig, à l’occasion d’un échange sur le groupe facebook de critique de lecture qu’il a créé.

J’ai ensuite lu un deuxième de ses livres, intitulé Rien : Le livre de Marc, j’ai été bluffé par sa capacité à passer d’un genre à l’autre et par sa productivité.

C’est ce qui m’a décidé à entrer en contact avec lui et j’ai tout de suite eu envie d’en savoir plus sur son parcours atypique qui l’a fait passer entre autres de la rédaction du Magazine PC Mag à ses débuts, à la profession d’enquêteur de police, et à cette activité de plus en plus riche qu’il développe en parallèle dans le domaine de l’auto-édition.

Dans cet épisode de la Voix du Side Hustle, il nous explique son parcours, ses secrets d’organisation et les recettes de cette motivation sans faille qui lui permettent d’être aussi actif et productif. Et ce n’est pas tout, Christophe Mercier, alias Gabriel Ronan de son nom de plume nous donne ses conseils d’édition, de marketing, et il nous parle de son dernier projet en date Ebook1d : un Magazine mensuel sur l’auto-édition, par des auteurs autoédités. 

Si vous faites partie des millions d’écrivains en herbe qui rêvent d’écrire et de publier, ou si vous avez déjà publié et que vous cherchez à améliorer la visibilité de vos livres, alors vous êtes au bon endroit pour une bonne dose de motivation et d’astuces qui vous permettront peut-être de vous lancer ou d’améliorer vos résultats.

Retrouvez toutes les informations de Christophe Mercier, alias Gabriel Ronan :

Les livres de Christophe :

E-Book 1D :

Les groupes et pages Facebook de Christophe :

  • E-book – Collectif d’échange Auteur/Lecteur :

https://www.facebook.com/groups/286189825252278/

Venez nous dire ce que vous avez pensé de cet interview dans les commentaires, et n’oubliez pas de vous abonner au podcast pour être averti de la sortie des nouveaux épisodes.

Read Full Transcript

Interviewé : J’ai fait un bac scientifique au départ, puis je suis parti en fac d’anglais. J’ai fait une troisième année d’anglais, et ma fin de licence au Canada pendant un an et demi. Après, je suis parti en fac de littérature française à Shanghai, pendant un peu plus d’un an, pour finir ma formation pour ma maîtrise.
Je me suis retrouvé à écrire complètement par hasard. À la fin de ma fac, je rencontre une copine qui m’invite à découvrir Paris de retour de Chine. Lors d’une soirée à Paris, je rencontre une nana qui est secrétaire à PC Magazine et qui me dit : « On a besoin de quelqu’un pour classer des bouquins ». J’y suis allé pour bosser pendant un ou deux mois, et puis quelqu’un est tombé malade : j’ai dû le remplacer, donc j’ai fait quelques articles. On a trouvé que c’était rigolo, donc on m’a dit « Tiens, tu n’as qu’à venir ». Je n’y connaissais rien en informatique, mais c’était très drôle. J’ai fini par faire partie des trois qui faisaient le gros magazine, et on en a sorti quelques-uns. Enfin, c’est assez rigolo comme parcours.

Intervieweur : Incroyable. Sur un coup de tête, un hasard, une succession de hasards.

Interviewé : Exactement. Et pour te dire un truc, j’ai fait partie des bêtatesteurs de Windows Millenium à l’époque. J’ai présenté ça à une conférence à Barcelone, alors que je n’y comprenais pas grand-chose. Ça faisait deux ans que je bossais à PC Mag, on m’a dit : « Tu as envie de passer une semaine à Barcelone » ? Je réponds : « oui, pourquoi pas ». Et on m’a dit : « Tiens, tu dois faire une conférence sur Windows Millenium, je te file le truc ». Donc, on l’avait en bêta, on faisait partie des bêtatesteur en France, on devait être une trentaine. Et j’ai dû présenter ça devant 1.500 personnes à Barcelone, c’était juste extraordinaire, c’était assez rigolo. À 23-24 ans, c’est assez étonnant quoi.

Intervieweur : Barcelone, ça me fait penser à un des livres que j’ai lu de toi, Le chien…

Interviewé : Le chien est mort à Calig.

Intervieweur : Le chien est mort à Calig, exact. Alors, tu ne parles pas que de Barcelone, mais… Je me suis posé la question de cet attachement à l’Espagne.

Interviewé : J’y vais depuis que je suis gamin. Ça, c’est purement historique. Mes parents sont profs, donc ils avaient trois mois de vacances par an, les mêmes que les miennes. On avait un appart là-bas, et j’y vais donc depuis que j’ai quatre ans. Je connais bien le coin, y compris Barcelone d’ailleurs, donc c’était plutôt facile.

Intervieweur : Oui…

Interviewé : C’est pour ça d’ailleurs qu’ils m’ont envoyé sur cette fameuse conférence. Après, je partais en vacances deux semaines à l’appart, qui était 200 km plus bas, donc ils m’ont dit : « Tiens, ça te fera plaisir, tu auras le vol aller-retour gratos ». J’ai dit que c’était une bonne idée, et voilà. Une semaine tous frais payés à Barcelone, pour une conférence d’une heure, donc c’était plutôt sympa.

Intervieweur : En plus de ça, je trouve que ça colore vraiment bien tes récits. Il y a une authenticité dans la description des lieux, des paysages de cette partie-là de l’Espagne.

Interviewé : Je crois qu’à partir du moment où tu aimes l’endroit, que tu aimes cette géographie-là, tu as forcément envie de le faire ressentir, tu as envie de le vendre. C’est le plus bel endroit du monde. Si tu aimes cet endroit-là, tu le vendras bien.

Intervieweur : Oui, encore faut-il avoir les mots. C’est toujours quelque chose que j’admire dans le groupe que tu as créé, dans les différents genres qui sont présentés dans le groupe : il y a vraiment de la très bonne qualité, c’est du haut niveau.

Interviewé : Le groupe est très restreint, donc on évite quand même les gens qui ne participent pas, ou qui ont des bouquins qui ne sont pas terribles. Ceux-là partent d’eux-mêmes. Ceux qui restent, je ne dis pas que c’est le haut du panier, mais en tout cas ils s’accrochent, ils ont parfois des bouquins extraordinaires, mais ont envie de les améliorer, de faire quelque chose avec. Et puis je pense que oui, il y a véritablement des talents. Après, il y a pas mal de gens qui comprennent qu’ils ont encore du boulot, et qu’on peut toujours s’améliorer. C’est ce qui intéressant avec ce groupe : il permet à chacun de s’améliorer, c’est ça le principe.

Intervieweur : Oui, c’est ça, ça fait un petit sas…

Interviewé : Complètement.

Intervieweur : … qui permet de peaufiner.

Interviewé : Le principe, c’est justement que les gens lisent autre chose que ce qu’ils sont habitués à lire, pour s’ouvrir un peu. Il m’est arrivé de lire des trucs qui ne sont absolument pas mon style et, parfois, j’ai été franchement étonné.

Intervieweur : Effectivement, dans le groupe, il y a vraiment différents genres qui sont représentés. Pour ma part, il y a toujours quelque chose qui m’a intrigué dans ce que j’ai pu lire de toi, c’est le mélange des genres, la diversité. C’est sûr, j’ai préféré Rien, j’ai vraiment aimé aussi Le chien est mort à Calig, et pourtant ce n’était pas du tout mon style. Je sais que tu as d’autres sujets et genres, donc la question que je me pose, c’est : comment tu arrives à passer d’un genre à l’autre ? Et comment tu gères ça ? Est-ce que c’est géré ? Est-ce que ça te vient tout seul ?

Interviewé : Oui. Je crois que c’est une question de curiosité. J’ai toujours été très curieux, donc je vais pêcher l’info où elle est. Je peux lire du bouquin de SF comme un bouquin de romance, j’ai déjà réussi à en trouver qui m’intéressent. Je peux regarder Armageddon à la télé avec autant de plaisir que je vais regarder Lost in Translation, ou 2001, l’Odyssée de l’espace, des films qui n’ont strictement rien à voir. J’aime bien trouver dans certaines lectures ou certains visuels de films des choses très différentes, parce que je vais y trouver mon compte sur des choses qui m’intéressent. 2001 ça va être la photo, la musique, etc. Armageddon, ça va être le côté un peu héroïque, naïf, Transformers, ce genre de chose. Après, je ne suis pas construit là-dedans, je ne suis pas trop polar ni trop SF. Rien, c’est de l’anticipation, mais je ne suis pas spécialiste dans le domaine. J’avais une bonne idée, une bonne histoire, et je me suis dit « Tiens, on va essayer de la faire comme ça ». À chaque fois, je ne vais pas trop dans le code : dans Le chien est mort à Calig, c’est un polar mais sans l’être, il y a pas mal de choses qui ne le sont pas. Au final, Rien, c’est de l’anticipation presque sans l’être à des moments : on n’est pas vraiment dans le futur, des trucs spatiaux extrêmes, des batailles intergalactiques, ce n’est pas apocalyptique non plus… J’essaie de partir à contrecourant. Mais j’ai fait des trucs pires : une pièce de théâtre, un truc complètement azimuté. J’essaie de faire des trucs : ça marche, ça ne marche pas, ce n’est pas grave, ce qui m’intéresse, c’est de le faire. La pièce de théâtre par exemple, c’était purement technique, parce que je trouvais ça hyper intéressant, techniquement, à faire. Après, ça ne rencontrera probablement jamais son public, parce que c’est quand même vachement particulier, mais j’ai pris un kif monstrueux à écrire ce truc-là. Je pense que c’est presque une curiosité.

Intervieweur : Ça, c’est Jupiter.

Interviewé : Oui, Jupiter. Alors, Jupiter, c’est une adaptation de vers Anglais en Français, avec une histoire politique actuelle, adaptée à la sauce médiévale. Il faut quand même rentrer dans le sujet, c’est-à-dire qu’il faut aimer le théâtre et la politique, c’est donc déjà un peu compliqué, voire très, pour trouver son client. Mais ceux qui ont eu la curiosité d’essayer ont trouvé ça plutôt rigolo. J’ai cette curiosité-là, et parfois, j’en attends trop. Je me dis que les gens curieux vont trouver ça vachement marrant, mais… Jupiter ne marche absolument pas, et ce n’est pas grave, parce que moi je le trouve super.

Intervieweur : Effectivement, les livres qui ne marchent pas, on en a tous au moins un. Dans ces cas-là, la question que je me pose souvent, c’est « Est-ce que j’ai fait le nécessaire pour que mon produit rencontre son public ? »

Interviewé : Complètement. Et moi, je ne l’ai pas fait. Sur celui-là, je ne l’ai pas fait, et j’ai donc le retour logique pour ne pas l’avoir fait justement. Je pense qu’il faut juste un déclic sur ce livre. Il n’est pas génial, il n’est pas extraordinaire, mais il est très original. C’est peut-être un livre qui a justement peu cartonné car il n’y a pas eu le déclic, il n’y a pas eu le truc qui fait qu’il y a la mèche qui est allumée, et que ça part.

Intervieweur : Cette réflexion que tu as vient du fait, je pense, que tu as écrit plusieurs livres. Je vois beaucoup d’auteurs, dont je fais partie, qui écrivent un premier livre, qui cliquent sur le bouton « Publier » (j’utilise beaucoup cette image, parce que je l’ai vécu comme ça), qui surveillent les ventes, et qui pensent que ça va suivre une courbe en club de hockey…

Interviewé : Ça, c’est comme si tu jouais au loto. C’est attendre que le gens viennent vers toi, mais non, c’est toi qui dois aussi aller te vendre, et vendre ton livre.

Intervieweur : C’est dur !

Interviewé : Et ça, on ne le comprend pas, car en tant qu’auteur, on a une sorte de vision littéraire, du genre « Si c’est un chef d’œuvre, tout le monde va le voir ». On n’a pas la dimension marketing de se dire « Ça a beau être un chef d’œuvre, il va falloir quand même le vendre le machin ». À un moment, il va falloir aller le défendre et en faire la pub. Il y a une démarche littéraire qui est un peu de dire : « Non, ce n’est pas un produit, je n’ai pas besoin de le vendre, je n’ai pas envie de le vendre, je veux qu’on le reconnaisse ». C’est difficile de passer du côté auteur au côté marketing, c’est quand même deux métiers très différents.

Intervieweur : Et ce n’est pas du tout la même posture. À un moment donné, si tu veux vraiment continuer, tu es obligé de prendre en compte l’aspect marketing.

Interviewé : Complètement. Quand je bossais à PC Mag, il y avait des commerciaux qui s’occupaient de la publicité, et nous qui étions des « journalistes », on ne pouvait pas les saquer, parce qu’on n’est absolument pas du même métier. Ils faisaient un métier de barbare, et nous, de leur point de vue, un métier de folklore : on ne s’appréciait absolument pas. Alors que si tu te mets un peu à comprendre leur point de vue, ça marche des fois un peu mieux, et c’est assez intéressant d’ailleurs. Mais ce n’est clairement pas le même métier. Ce n’est pas totalement incompatible, mais on va dire que le commercial est un métier presque scientifique, plus proche de la science ; l’auteur est vraiment un métier littéraire à mort. Ce sont deux pôles parfois opposés.

Intervieweur : Dans ton magazine, qui va bientôt sortir, tu parles des différents aspects du marketing, et des chiffres de l’autoédition, qui montrent que c’est un marché difficile. Être auteur et autoéditer, ce n’est pas facile. Par contre, si on regarde bien, les tendances sont plutôt favorables. Il y a quand même de plus en plus de personnes qui vont prendre des livres numériques ; à l’opposé, tu as des auteurs connus qui vont passer dans l’autoédition.

Interviewé : Complètement.

Intervieweur : Je pense que c’est le bon moment pour certains auteurs autoédités de prendre la balle au bond, et de se dire : « Le marketing, ce n’est pas mon ennemi. Comment je peux faire simplement pour savoir pourquoi mon livre n’a pas marché : est-ce qu’il est mauvais, ou est-ce que c’est moi qui n’ai pas fait les efforts pour qu’il puisse être présenté aux personnes que ça pourrait intéresser ? ».

Interviewé : Je pense qu’il y a une manière de gérer son ego, et de comprendre à un moment qu’il y a peut-être du boulot à faire derrière. Sur le magazine en question, j’attaque beaucoup plus sérieusement cette partie marketing, parce que je la maîtrise mieux, je la connais parce que j’ai déjà vécu dans des boîtes où on utilisait le marketing. Je ne me dis pas : « Le mag va sortir comme ça, je ne prévois pas de pages de pub, ça va marcher tout seul ». Je pense plutôt « Il faut faire avec la pub, parce que c’est la pub qui va faire marcher le magazine ».

Intervieweur : Tu y as pensé dès le départ donc.

Interviewé : J’ai prévenu tous les participants dès le départ. Je leur dis : « Attention, on fait aussi ça dans un but marketing, on ne fait pas ça que pour se retrouver entre auteurs, où on va se faire des jolis commentaires entre nous ». À un moment, il y a aussi une dimension marketing, de pub et vente qui est importante.

Intervieweur : Oui, ça veut dire que si tu essaies de produire un contenu de qualité, il faut que tu aies le marketing suffisant pour être à la hauteur du contenu que tu voudrais publier.

Interviewé : Complètement. Sinon, ça ne sera pas pérenne de toute manière. Sinon, c’est un blog, on se le fait entre nous et voilà : on se félicite entre nous d’avoir fait un super truc, que personne ne lit, mais qui est ultra qualitatif. Je pense clairement qu’on peut cumuler les deux.

Intervieweur : J’ai l’impression que tu as exploré quand même pas mal d’aspects marketing de l’autoédition. Comment tu as appréhendé le marketing ? Quels aspects tu as le plus développé, et lesquels sont encore à développer selon toi ?

Interviewé : Je dirais qu’il y a beaucoup plus de choses que j’ai encore à apprendre et à améliorer que de choses que j’ai maîtrisées. J’essaie de faire un peu de com, notamment par le biais de ce groupe-là, car je me suis dit que sinon, on allait restait chacun dans son coin. C’était un peu l’idée au départ. Après, je suis un très mauvais commercial pour mes propres livres : je pense que c’est très compliqué de devenir commercial de son propre livre. Ce n’est pas le même rapport que j’ai avec le magazine, qui est plus collectif, et dans lequel j’ai un rôle de gestion et de direction. Je me suis mis plutôt en retrait là-dessus, moins dans la case « auteur ». Je pense que de défendre ton propre bouquin, c’est compliqué. C’est pour ça que tu as des agents littéraires, c’est pour ça que ces mecs-là existent : il faut un type de l’extérieur. En termes de marketing, notamment digital, en lisant ton bouquin, j’ai compris que j’étais mauvais là-dedans. Je me suis rendu compte qu’il y a des trucs, du référencement, des mots-clés et ce genre de choses, qui sont compliqués. À partir du moment où tu n’es pas là-dedans, c’est compliqué de comprendre des choses qui ont beaucoup évolué en 20 ans quoi. J’ai connu Google quand il y avait la petite page (la même page qu’aujourd’hui d’ailleurs), où il y avait cinq pages qui s’affichaient derrière quand tu mettais un mot. C’était les grosses boîtes qui étaient derrière, ce n’était personne d’autre. Aujourd’hui, c’est plus compliqué quand même. Il y a des outils, ça existe pour de vrai, et ça marche. Bref, j’ai encore beaucoup de boulot.

Intervieweur : Si on part sur le référencement, j’aime bien l’approche vraiment bon sens paysan : lorsque tu produis du contenu qui intéresse les gens, Google, qui devient intelligent, le voit. Je sais que je schématise un peu quand je dis ça, mais Google est suffisamment intelligent pour valoriser le contenu qui intéresse les gens. C’est pour ça que je trouve que c’est énorme quand tu es rédacteur ou quand tu as la fibre d’auteur ou de littéraire, parce que tu peux vraiment tourner ça à ton avantage, si tu as compris le principe. Moi, je suis un peu le côté « geek » du marketing de livre par exemple. Je m’intéresse beaucoup à ces aspects-là de référencement naturel, parce que je m’y intéresse aussi de manière générale, sur les sites internet. J’étais naturellement curieux de voir comment ça s’applique aux livres, puisque ton livre en ligne, sur une bibliothèque comme Kindle d’Amazon, finalement, c’est un produit qui est référencé. Comme n’importe quel site peut être référencé sur Google. En tant qu’auteur autoédité, ton livre est référencé sur une bibliothèque comme Amazon avec des principes similaires, comme la manière d’optimiser ta description ou ton titre. Le titre de ton bouquin a un poids énorme sur ton référencement, sur ta visibilité, tes mots-clés, etc. Moi, j’ai le côté geek, donc on va dire que c’est l’inverse, c’est moi qui suis allé naturellement fouiller ce côté-là. Là où je suis impressionné, c’est quand je vois ce que tu es capable de faire sur l’aspect réseaux sociaux, qui est une part importante du marketing, en particulier pour les livres. Je trouve que tu maîtrises plutôt bien, même très bien, la communication, les partenariats…

Interviewé : Je vais rassurer absolument tout le monde : j’ai démarré Facebook l’année dernière. Le groupe d’échange existe depuis mai 2018 je crois. Moi, j’ai perdu ma virginité Facebook en mars. J’ai appris sur le tas : on peut faire des progrès rapidement si on s’intéresse effectivement.

Intervieweur : Déjà, il y a ton groupe, qui a un engagement incroyable. Dans les groupes américains ou d’autres groupes, il y a souvent un faible pourcentage de gens qui s’investissent, qui interagissent, commentent. Dans tes groupes, c’est quasiment 100 % d’engagement.

Interviewé : Et oui. Et l’intérêt, c’est que je peux me dégager de plus en plus. Je peux être de moins en moins présent, ça tourne tout seul, c’est assez rigolo.

Intervieweur : Oui. Ça m’a vraiment fait réfléchir, parce qu’effectivement dans ton groupe, finalement, il y a peu de participants, ce sont de petits groupes…

Interviewé : C’est un choix, ça, oui.

Intervieweur : Je pense que c’est ça qui fait que ça fonctionne très bien. En tous cas, c’est un des éléments.

Interviewé : Complétement. Ça a été un choix dès le départ. On s’est dit : « On restreint extrêmement le nombre ». Je n’ai pas envie d’avoir 500 personnes. J’avais vu d’autres pages Facebook d’auteurs, où ils étaient 3 ou 4 000, où personne ne participait. Il y a un très faible pourcentage de gens qui participent, et ça devient pourtant un brouhaha incompréhensible. Moi, je voulais vraiment un petit groupe en fait. C’est là où tu vois que les gens s’investissent plus, parce qu’ils ont des retours aussi. Quand ils publient quelque chose, il y a des gens qui lisent, qui commentent. On a rarement des postes qui ne sont absolument pas commentés, je crois qu’il y en a très peu. Quand tu regardes d’autres groupes (je ne dis pas que le mien est meilleur), tu vois les publications qui s’amoncellent, il n’y a quasiment pas d’interaction.

Intervieweur : C’est sûr.

Interviewé : Et le but du jeu, pour moi qui suis justement un petit nouveau dans les réseaux sociaux, c’est qu’il y ait de l’interaction, c’est ça l’intérêt. Ça s’appelle un réseau social, c’est fait pour ça : ce n’est pas juste pour envoyer ma photo du matin et que les gens y mettent 3 likes, je n’y vois pas d’intérêt. C’est de la communication aussi, c’est communiquer entre nous, c’est le côté social.

Intervieweur : J’aime bien cette approche-là, parce que du coup on repart sur du bon sens, du naturel. Et puis ça fait comme une famille. Moi, j’ai l’impression de faire partie d’une famille.

Interviewé : C’est quand même plus facile de discuter à 50 qu’à 4 000, donc c’est comme tu dis : c’est du bon sens, c’est juste ça. On n’a pas besoin d’être très nombreux. À un moment, mieux vaut qu’on ne soit pas trop nombreux mais qu’on discute, plutôt que d’être très nombreux et qu’on ne s’entende pas. Car alors, on ne s’améliore pas, on ne progresse pas, on n’écoute pas. Et l’intérêt, c’est que là justement, on a de l’interaction.

Intervieweur : Christophe, j’en reviens à quelques questions que j’avais préparées quand même, parce que…

Interviewé : Allez, on y va.

Intervieweur : On a beaucoup dérivé, et c’est normal…

Interviewé : C’est vrai que là on va finir à 4 heures du matin, sinon ! [rire]

Intervieweur : Il est déjà 22 heures. On prépare des questions, et puis en fait, on n’en suit aucune….

Interviewé : C’est le but du jeu, oui.

Intervieweur : Ce que j’ai compris de ton profil, c’est qu’aujourd’hui tu as une grande part sur l’autoédition (principalement sur Amazon, c’est de là que je te connais), sur l’écriture, sur la diffusion de livres, sur la bibliothèque en ligne… Est-ce que c’est ton activité principale ? Qu’est-ce que tu as d’autre comme activité à côté de ça ?

Interviewé : Absolument pas. Dans mon activité principale, je suis officier de police, enquêteur dans la Police nationale. D’ailleurs, la production d’œuvres artistiques est tout à fait compatible. C’est la seule chose qu’on nous permet de faire en dehors de notre métier original, je n’ai donc aucune difficulté à dire.

Intervieweur : En tant que policier, officier de police, ou fonctionnaire ?

Interviewé : En tant que policier, nous avons un devoir de réserve qui est assez important, ça fait partie de notre métier. On n’a pas à exprimer notre avis sur les politiques actuelles, celles sur notre métier, on ne peut pas parler de nos affaires ou enquêtes en cours ou passées, etc. Par contre, ce qu’on nous permet, c’est la production d’œuvres artistiques, qu’elles soient picturales, littéraires, musicales ou autres. C’est la seule activité extérieure qu’on a le droit de faire. Après, à côté, je ne peux pas devenir chauffeur routier le week-end, ou faire des sorties discothèques.
Bref, mon activité principale, c’est enquêteur (ce qu’on appelait inspecteur il y a 15 ans ou 20 ans) : mener des enquêtes, toute la journée. Donc, j’écris toute la journée aussi au final, donc…
Intervieweur : Je t’avoue que je ne connais pas du tout cette profession-là. Ce n’est pas la profession qui me vient en tête en premier quand je parle de Side Hustle. Et c’est vrai que finalement, quand on y pense, tu passes une bonne partie de ta journée à écrire.

Interviewé : Oui, complètement.

Intervieweur : Même dans ta profession.

Interviewé : Oui, c’est 90 % du boulot.

Intervieweur : Je n’avais jamais pensé sous cet angle-là, mais peut-être que ça t’aide finalement pour après, toi…

Interviewé : Ah oui !

Intervieweur : … sur la longueur, être capable de produire autant. D’ailleurs, tu as écrit combien de livres en tout ?

Interviewé : J’ai dû en faire six ou sept. Après, j’ai participé à des trucs aussi, c’est un peu particulier. Le premier doit être de 2014 ou 2015.

Intervieweur : C’est récent pour écrire au moins six ou sept livres.

Interviewé : Oui, c’est récent. Il y en a qui ont pris du temps, parce que c’était compliqué de sortir l’histoire. Je ne dirais pas que c’est une histoire de page blanche, mais j’essaie de construire l’histoire. Un truc comme Rien, par contre, c’est un truc que j’avais tellement ressassé, pendant des mois, que j’ai dû écrire le contenu en même pas deux ou trois semaines. L’histoire, je l’avais, elle est arrivée toute seule, c’était très simple. Après, il y a d’autres expériences sur d’autres bouquins, mais oui ça doit faire six ou sept. Je ne veux pas dire de bêtises, ça doit faire, oui, sept. Allez, mettons sept, on va dire, ça sera mieux. [rire]

Intervieweur : Donc, sept livres en moins de quatre ans.

Interviewé : Oui.

Intervieweur : C’est énorme. Quelle est ton activité principale, pour toi, aujourd’hui ?

Interviewé : C’est mon travail de policier, clairement.

Intervieweur : Dans ta vision des choses, tu te sens plus auteur ou plus officier de police ?

Interviewé : C’est compliqué, ça… J’aime beaucoup le boulot que je fais. Je n’ai presque pas envie d’en avoir un qui détruit l’autre, en fait. Je n’ai pas envie de m’en aller de mon boulot. Si, effectivement, j’avais un bouquin ou plusieurs, ou un magazine qui marchait, etc., il faudrait faire un choix, mais il serait difficile. Je ne fais pas ce métier par défaut.

Intervieweur : Je comprends. Et je trouve ça intéressant d’entendre ça, parce que souvent, on a le cliché du nomade digital. « J’ai des passions, je voudrais vivre de ma passion, et je vais tout plaquer pour en vivre si ça marche ». Sauf qu’on peut aussi se plaire dans son emploi.

Interviewé : Je pense que c’est hyper complémentaire. Pour moi, c’est positif, parce que je n’ai pas ce besoin absolu que ça marche. J’ai envie que mon côté littéraire marche, parce que je trouve ça passionnant, c’est génial à faire ; mais je n’ai pas un besoin que ça marche, pour me défaire de mon activité principale. Je peux complètement mener de front les deux, et arriver à avoir un résultat sympa. Et je pense que c’est un peu le principe en fait.

Intervieweur : Moi aussi, et c’est ce qui m’avait intéressé. Il y a quelque chose qui m’intrigue derrière : l’écriture est une activité importante. Je vois que tu as écrit ou participé à des projets d’écriture au profit d’associations, tu as écrit un livre en duo récemment. Tu animes un groupe d’auteurs, on parlait d’un magazine que tu es en train de mettre en place, et qui va sortir en juin. Comment tu gères tout ça ?

Interviewé : Je suis quelqu’un de très organisé, également dans mon boulot d’ailleurs. C’est efficace en termes de rendu de travail. Je ne m’oblige à rien, mais je réussis à me caler des moments pour écrire, sans que ça soit obligatoire. Je pars à 7 h, 7 h 30 au travail, je rentre généralement à 20 h, le temps de manger, etc. Au final, en rentrant le soir, je ne me suis jamais mis sur mon ordi, parce que ce n’est pas possible. À un moment, il faut aussi savoir s’arrêter, puis se poser un petit peu. Et cette gestion-là, tu l’apprends aussi avec les années. Je ne veux pas jouer au vieux sage, mais tu apprends cette gestion au bout d’un moment, tu apprends à te dire que tu vas bosser plus efficacement quand tu vas te reposer. Ça me rassure, et je suis donc plus efficace, parce que je suis organisé.

Intervieweur : Je voulais en venir à un truc, c’est qu’il est beaucoup plus simple de vendre le bouquin des autres.

Interviewé : Exactement.

Intervieweur : On voit bien les trucs qui font flop et que tous les auteurs autoédités font à longueur de journée : c’est leur auto-promo. Ça ne sert à rien, personne ne regarde…

Interviewé : Je ne l’ai jamais fait, je ne supporte pas ça. Je trouve ça idiot, et ça ne sert strictement à rien.

Intervieweur : De toutes façons, tu n’arrives jamais à trouver le bon ton quand tu es en train d’essayer de faire ton auto promo ; ça n’intéresse personne, ça ne sert à rien.

Interviewé : Non. C’était un peu le but du groupe justement : faire la promo du bouquin d’un autre, ça, ça marche bien. Et encore, c’est assez relatif, mais au moins ça marche, ça a une portée. Quand toi, Dimitri, tu fais la pub du bouquin de Gabriel, ou inversement, ça a une portée. Mais quand c’est ton propre bouquin, la critique est compliquée. Effectivement, tu vois, Rien… Il faudrait le booster un peu, parce que je pense qu’il mérite un peu plus d’attention que d’autres.

Intervieweur : Oui, je pense vraiment.

Interviewé : Je dois savoir reconnaître que certains bouquins sont moins bien, mais celui-là est peut-être mieux, donc il faudra peut-être que je me bouge un peu là-dessus.

Intervieweur : Oui, si tu y crois, tu peux avoir 50 commentaires, vraiment, si tu as envie…

Interviewé : Oui, je pense.

Intervieweur : Maintenant, comment tu vois tes objectifs à moyen et long terme ? Je parle de tes livres, tes prochains challenges, c’est quoi pour toi aujourd’hui ?

Interviewé : Le challenge principal, c’est le magazine, parce que c’est une nouveauté, c’est un format qui n’est pas utilisé sur Amazon dans ce sujet-là. On va un peu découvrir les choses, et essayer de réunir tous les talents, toutes les expériences de chacun. On va essayer de faire un peu comme les petites startups, il y a 20 ans, quand ça démarrait, et que chacun avait son idée : on l’envoyait, et voyait si ça fonctionne. C’est le but du jeu : on essaie de faire vraiment au mieux, faire du qualitatif avec un vrai entourage, un vrai emballage intéressant, pour que ça fonctionne, en mettant toutes les chances de notre côté.

Intervieweur : L’équipe que tu as bâtie autour de ça sont des gens très motivés. J’aime bien quand tu utilises l’image de la startup. Tu as regardé ce qui pouvait exister avant, c’est vraiment quelque chose de nouveau ? Comment tu as eu l’idée ?

Interviewé : J’ai toujours eu le côté un peu journaliste. L’idée, c’est que souvent, je me dis que ce qui n’existe pas peut peut-être intéresser. J’avais cherché des infos pratiques, des dates de salon, des sorties intéressantes, des critiques… Le groupe, au final, ce sont des critiques de bouquins qui se réunissent entre eux, c’est un vrai creuset. Ce que j’ai trouvé d’existant était pour moi très amateur, c’est-à-dire que c’était sous format blog. Même visuellement, ce n’était pas mimi. Je pense qu’il y vraiment moyen de faire quelque chose de pro, qui a un aspect pro et un fonctionnement pro. J’ai eu la chance de bosser dans des magazines professionnels, qui étaient diffusés au niveau national, et d’appliquer cette recette-là (qui est ancienne), que ça soit pour le contenu ou pour le contenant, sur ce magazine. Je veux faire un magazine qui pourrait s’acheter chez un libraire ou un buraliste sans aucun souci.
Intervieweur : J’aime bien le côté « formule ancienne », comme tu dis, sur un format qui est encore assez nouveau ou en développement en France, Amazon.

Interviewé : Complètement. Le but, c’est de l’adapter, de profiter de cette plateforme-là. Pour le côté e-book, ils ont quand même une communication intéressante. Sur le côté magazine broché, quand tu faisais ça il y a 20 ans, il te fallait 100 000 € de budget pour pouvoir gérer les trois premières sorties de numéros, parce qu’une impression coûtait extrêmement cher. Là, on a l’occasion de le faire à la demande, et ça rejoint aussi une démarche écologique : l’impression à la demande, ça te permet d’éviter d’envoyer la moitié de tes magazines à la broyeuse, sur tous les magazines qui sortent chez les buralistes.

Intervieweur : Pourtant Kindle, Amazon, c’est souvent décrié. J’ai l’impression que j’entends beaucoup d’auteurs en parler, pas forcément en bien. Après, je trouve que c’est bien aussi d’avoir d’autres points de vue quoi. Il y a quand même aussi du bon dans Amazon, dans Kindle…

Interviewé : J’ai envie de revenir là-dessus. Amazon, certes, il n’y a pas que du positif, on parle beaucoup des GAFA, l’histoire des impôts, les problèmes européens, internationaux, etc. Amazon n’est pas tout blanc. Ceci dit, Amazon, au départ (il y a 20 ans), c’était une librairie en ligne, ce n’était pas plus que ça. Le mec s’est complètement développé derrière, mais leur métier de départ, c’est ça. J’ai connu l’impression de magazines, ça revient au même que l’impression de bouquins. Il y a 30 ou 40 ans, ou même encore 20 ans, quand tu écrivais ton bouquin chez toi et que tu le trouvais plutôt pas mal, tu l’envoyais à 50 maisons d’édition, qui ne te répondaient absolument jamais. Ou peut-être six mois ou deux ans après, en te disant « Non, ce n’est pas terrible à voir » - quand ils te répondaient. Maintenant, tu as l’occasion de tester ton truc à envoyer, et c’est gratuit. Effectivement, ils prennent des sous dessus, effectivement, ils font de la pub, effectivement, ce n’est pas tout joli, mais ils ont quand même le mérite de proposer ça gratuitement. Et je trouve que ça reste quand même une révolution.

Intervieweur : À une époque, l’e-book n’existait pas, ce qui signifie que ton livre ne pouvait exister que si tu étais capable d’assumer financièrement le fait d’avoir une minisérie d’au moins, je ne sais pas, 500, 1000, ou je ne sais combien, des milliers de livres.

Interviewé : Voilà, ça réservait ça à une certaine partie de la population, qui avait déjà l’argent ou les connaissances pour faire ça. Quand je bossais à Paris dans ces magazines, je rencontrais des gens dans les maisons d’édition, et il fallait déjà y avoir un pied, ou un beau-frère, ou être marié à quelqu’un pour pouvoir avoir son entrée, être célèbre ou quoi que ce soit. Il y avait quand même déjà un gros tri qui était fait là-dessus. Le petit auteur de province au fin fond de l’Aveyron, pour sortir son bouquin au national, il avait un millionième de pourcentage de chance d’y arriver, même en étant très talentueux. Là, il a l’occasion de tester son truc, de regarder, de diffuser au national, à l’international. J’ai des bouquins qui sont partis en République Dominicaine. J’ai un type qui m’a envoyé une photo de Rien depuis la République Dominicaine. Je trouve ça juste extraordinaire. On vit une telle époque… On ne peut pas toujours cracher toujours sur internet. Il faut savoir ce qu’on en fait, on reste maîtres de tout ça. Si tu fais un passage dans le passé, et dis à quelqu’un qui est resté dans les années 60 : « Demain, je sortirai mon bouquin tout seul comme un grand, et un mec à l’autre bout du monde va pouvoir l’acheter et se faire livrer chez lui », il te regardera avec des gros yeux, et te dira « non ». Quelque part, c’est comme le type d’il y a 20 ou 40 ans, à qui tu disais « Tu vas rouler dans une voiture électrique ». Demain ça va se faire, aujourd’hui ça se fait déjà. L’e-book, à un moment, aura sa place aussi. Pour l’instant, on a encore beaucoup de gens qui disent : « Oui mais moi, je veux le côté papier ». Sur toutes les révolutions, il y a eu ça. Il y a toujours eu des gens qui ont dit « Non, moi, je n’ai pas envie de ça tout de suite », et c’est normal, il ne faut pas bousculer les gens. Mais l’e-book, je pense que c’est une solution d’avenir, écologique aussi.

Intervieweur : Tu ne touches pas les mêmes publics, c’est sûr. C’est important d’avoir aussi la formule papier du même livre. Ça demande du boulot supplémentaire quand tu es auteur autoédité, parce qu’il faut formater…

Interviewé : Il faut refaire une mise en page oui. Ce n’est pas le plus compliqué.

Intervieweur : Oui, ça demande quand même du travail supplémentaire. Mais mine de rien, ce n’est pas négligeable en termes de vente et d’accessibilité, c’est-à-dire que tu parles à différents publics. Si tu n’as que la version e-book, ce n’est pas pareil.

Interviewé : Là on a quand même - je ne déifie pas Amazon, je ne dis pas qu’ils sont parfaits en tout - un service qui est gratuit, qui aurait pu être payant très facilement. Alors effectivement, ils feront des sous sur le dos des auteurs, mais le commerce, c’est comme ça. Lui, il fournit son infrastructure et son idée, parce que c’est lui qui a inventé ça, et qu’il doit être rémunéré. Nous, on va vraiment axer ça là-dessus, le magazine va porter en premier lieu sur Amazon - pour l’instant.

Intervieweur : Dernière question : qu’est-ce que tu ferais différemment si tu pouvais remonter au moment où tu t’apprêtes à écrire ton premier livre ?

Interviewé : Quand j’ai écrit le premier, je crois que ça faisait partie des premiers bouquins qui servent d’exutoire un peu, donc on va le mettre de côté, on va dire le deuxième. Pour le premier que j’avais vraiment envie de faire, je me renseignerais beaucoup plus sur tout ce qui est à côté, tout ce qui est marketing, communication, réseaux sociaux, et l’utilisation de tout ça. Je me renseignerais absolument plus là-dessus, parce qu’on a tendance, je pense, à y aller un petit peu « à blanc », gentiment, et on se rend compte qu’il y a 300 000 autres bouquins disponibles en e-book sur Amazon. Je crois que c’est 1,5 million en broché, donc on réalise qu’en fait, le bouquin de Gabriel Ronan, personne ne l’attendait. On pensait qu’on allait devenir une star du jour au lendemain. Comme tu dis, c’est le bouton « Publier », on se dit « Waouh, là on va tout envoyer, et puis notre histoire est géniale », et on n’a pas assimilé tout ce qui est à côté. Mais c’est difficile. C’est un des sujets du mag, de dire justement qu’il faut écrire le bouquin, donc avoir l‘idée, avoir la possibilité de l’écrire, mais aussi le mettre en page, faire la couverture. Donc, on est un peu aussi graphiste, correcteur, et à un moment, il faut qu’on prenne un costume trois pièces pour dire « Maintenant, on va être commercial ». C’est compliqué de cumuler tout ça. Je pense qu’on ne peut pas, enfin à titre personnel, être bon dans tout, donc c’est compliqué. Je ne connais pas beaucoup de gens qui sont bons dans tout. Il faut de l’aide, tout seul, ce n’est pas évident. Il faut essayer de s’entourer, s’entourer peut-être de conseillers, de gens qui peuvent te donner des conseils dans tel ou tel domaine, graphisme, internet, marketing, communication… Et n’y aller que quand on est prêt pour tout ça en fait. Il ne faut pas se « contenter » d’écrire le bouquin, de le corriger, ça, c’est la partie qu’on sait faire on va dire.

Intervieweur : Effectivement. Ça, c’est déjà un gros boulot, mais ce n’est qu’une partie.

Interviewé : Oui mais voilà, ce n’est qu’une partie en fait. Alors que l’auteur autoédité, typiquement, se dit : « Là, j’ai fait 99 % du boulot. Le 1 % qui reste, c’est la chance et le talent ». Eh ben, ce n’est pas ça. Le boulot, c’est 10 %. Après, il y a beaucoup, beaucoup de com.

5 réflexions au sujet de “LVSH 002 – Enquêteur à temps plein et auteur auto-édité de 7 livres avec Christophe Mercier alias Gabriel Ronan”

  1. Merci pour ce podcast qui nous fait connaître mieux cet auteur polyvalent et prolifique. Et grand merci à lui pour ses précieux conseils.
    Son livre intitulé « Rien » m’a particulièrement plu avec son rythme soutenu et entraînant. L’histoire nous tient sur le bout de notre siège jusqu’à la toute dernière page. Un livre que j’aurais aimé écrire moi-même!

  2. Super Podcast, comme d’habitude !
    J’aime beaucoup les petits conseils, sur comment gérer une communauté et l’avantage d’avoir un groupe de 50 au lieu de 2000 personnes.
    Aussi, c’est intéressant le concept de faire la publicité de son produit littéraire, pour le vendre. Ne pas négliger l’aspect marketing.
    Comme Gabriel Ronan le dit : Ce sont deux métiers différents.

    • Merci Grégory pour ton retour, et oui écrire et faire la promotion sont deux métiers différents mais que l’auteur auto-édité doit gérer avec autant d’énergie pour chaque partie
      Tu as toi-même des projets d’édition ?

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